8.4.18

Chroniques de Mars 2018

par Georges Charles

Jeudi 1er mars

La naissance de Boris

Des couples ne souhaitent pas avoir d’enfants. Est-ce de la froideur, de l’égoïsme ? Lorsqu’ils éprouvent le besoin de s’en expliquer, parce qu’invariablement on finit par les interroger sur le sujet, certains  avancent l’argument suivant : le monde d’aujourd’hui est si horrible, si dangereux, si malfaisant (en vrac : la pollution, le terrorisme, les inégalités, la violence, le chômage, le nucléaire…) qu’il serait criminel de procréer et de jeter cette progéniture dans un tel monde (1). D’autres plus honnêtes ou plus cyniques, disent ne pas souhaiter que leur niveau de vie baisse ; en effet, les enfants, ça coûte plus que ça ne rapporte. 

Je remercie ici mes parents de ne pas avoir eu de tels " scrupules". En  1945 pourtant, notre pays et le monde n’allaient pas très fort et il fallait bien de l’audace, ou de l’inconscience, sans oublier l’absence de contraception… pour faire des enfants.

Dans les familles recomposées, riches d’une progéniture née comme on dit d’un " premier lit ", le désir d’enfant peut naître du besoin d’incarner la nouvelle union. Pourquoi pas un enfant à nous, de nous, pour nous ? Avec trois enfants, on deviendrait une famille presque nombreuse.

Depuis la fin des années 1970 et la naissance de mon premier fils, Adrian, les techniques d’obstétrique ont évolué, notamment en matière de diagnostic prénatal : écographie, amniocentèse et biopsie du trophoblaste pour rechercher d’éventuelles maladies génétiques ou chromosomiques, examens obligatoires lorsque l’âge de la mère est supérieur à 38 ans.
 
En matière d’accouchement, certaines pratiques médicales semblent répondre à des choix plus " culturels " que techniques, sauf à considérer que la morphologie d’une femme enceinte diffère selon le pays, voire la région. Ainsi, en France, en matière d’épisiotomie (incision du périnée), les pratiques sont différentes d’un CHU à l’autre, 2 ou 3 % ici, 40 % ailleurs… Au plan national, on est passé de 51 % en 1998 à environ 20 % en 2016. En Europe, 5 % au Danemark, 73 % au Portugal. De même, le recours à l’anesthésie péridurale est très élevé en France (2) où il est financièrement pris en charge par la Sécurité sociale depuis 1994 : de 3 % en 1980 à 77 % en 2015. En Grande-Bretagne, 27 % ; en Allemagne, 24 % ; au Danemark ou aux Pays-Bas, moins de 5 % des accouchements.

Micro-événement en cours de grossesse ; la couvade du futur père. La prise de poids a été réelle chez moi, quatre kilos en quelques mois ; par contre, je ne suis pas allé jusqu’à connaître des envies, des maux de têtes et des nausées. Menant une vie quotidienne plus paisible, nous faisions un peu de gras…. Selon des chercheurs, la couvade serait l’expression d’une forme de jalousie de l’homme envers la femme enceinte, une façon de minimiser l’écart entre les deux sexes pendant la grossesse. La couvade démontre également une forte implication du futur père dans la venue du bébé.

À quelques pas de notre domicile, une sage-femme psychologue proposait des séances de  préparation à l’accouchement à des couples, la présence du père étant fortement recommandée. Ces séances abordaient des thèmes plus ou moins tabous, comme la douleur et la peur de la mort. Elle nous faisait réfléchir sur le sens des représentations anciennes et traumatisantes, « tu enfanteras dans la douleur », ou cyniques, « la douleur embellit la femme ». Aujourd’hui encore, je me souviens de sa contextualisation de la peur ancestrale de " mourir en couches ", par hémorragie ou embolie (3). Qui sacrifier, la mère ou l’enfant ? Elle rappelait que ce risque était encore très présent jusqu’à la Seconde guerre mondiale… jusqu’à l’invention et l’industrialisation à grande échelle de la pénicilline.

Elle nous avait conseillé de construire une " bulle de sérénité personnelle " pour le jour de l’accouchement, « en buvant un petit verre de Sauternes, si ça vous fait plaisir ! » Comme en 1979 pour Adrian, nous nous sommes rendus à la clinique Varsovie, dans le quartier Saint-Cyprien ; comme en 1979,  nous avons eu affaire à la même sage-femme. De tels augures ne pouvaient que favoriser la réussite de notre projet, donner naissance à un enfant dans les conditions les plus maîtrisées.

C’était un garçon ; il allait bien, la maman aussi.

Le premier bain !

(1) Les enfants par la tête ou les Allemands se meurent, Gunther Grass, 1980.

(2) Le boum de cette technique date des années 1970-1980. Les mouvements féministes et la presse vantaient cette méthode, vue comme un droit. Les femmes se disaient: « il n’y a aucune raison pour que je souffre autant que ma mère et ma grand-mère ». En face, les médecins ont répondu très favorablement à ces demandes.

(3)  En France, aujourd’hui encore, 85 femmes meurent chaque année en donnant la vie, sur environ 800 000 accouchements.

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23.3.18

A propos de la Yougoslavie

Dans les dernières chroniques mensuelles de Georges Charles, les pages consacrées à la Yougoslavie ont réveillé des souvenirs ...


Jean-Marie W.

"J'ai également pratiqué l'ex-Yougoslavie lors de mes périples professionnels et j'en ai une vision légèrement différente du "tour" de GC.

Responsable de la Slovénie de 2000 à 2003, nous vivions à Piran, délicieux port de pêche patrie de G Tartini, à côté de Koper (Capodistria pour les vénitiens).

Pays privilégié puisque la "guerre d'indépendance" y a duré moins de 8 jours.

Mais j'étais surtout à l'époque également en contact avec notre importateur en Bosnie-Herzégovine où je me rendais tous les 2 mois.

Sarajevo, ville sinistrée où subsistaient les bâtiments détruits durant le siège opéré par les serbes

Sarajevo, ville de corruption où tout s'achetait et où le groupe Volkswagen avait eu une usine avant la guerre (je me souviens qu'en 1993 un de mes concessionnaires de Lyon avait reçu un pick-up Golf dont la carrosserie avait reçu une balle !). Cette usine avait été partiellement restaurée ce qui permettait à VW de se targuer d'une production "nationale" afin de remporter la quasi-totalité des appels d'offres gouvernementaux. Le "joke" qui circulait à l'époque à ce sujet était que même l'air des pneus des voitures vendues était allemand !

Sarajevo où tous les environs se peuplaient de mosquées toutes neuves financées par l'Arabie Saoudite, l'immam wahabbiste étant fourni dans le package.

Mostar avec son pont détruit, puis en cours de reconstruction par des entreprises italiennes, avec des fonds de l'UE

Tuzla avec son immense base militaire américaine où le responsable de l'hôpital loca voulait, moyennant finance, nous acheter des véhicules transformés en ambulances...

La route entre Sarajevo et Banja Luka, capitale de la "Republika Serbska" où, une fois sur deux, nous nous faisions arrêter et inspecter par des groupes armés. Un climat très particulier y règnait et, dans le stock des véhicules d'occasion des concessionnaires locaux, on trouvait une bonne partie des véhicules volés en Italie ou en Allemagne...

Mon pire souvenir sans doute, un trajet entre Banja Luka et Bihac à la frontière croate : sur 100km environ, sur le bord de la route, plus une seule habitation préservée, un champ de ruines et plus âme qui vive...

On était bien loin des voyages touristiques, mais ça fait partie de l'histoire."



Marie-Odile M.
 
"Messieurs Georges et Jean-Marie j'ai fait connaissance avec la Yougoslavie avant vous encore !
C'était en 1972 et nous avions décidé d'aller jusqu'en Grèce depuis Strasbourg et avec la 2CV.
Je ne m'étendrai pas sur la circulation rencontrée dès l'Allemagne. Nous avons découvert au fur et à mesure que c'étaient tous les immigrés grecs et turcs qui partaient en vacances dans leurs pays respectifs. Nous avons passé la nuit carrément en bordure de la route quelque part en Autriche alors qu'il y avait tellement de monde et que certains véhicules fumaient quand ils ne calaient pas dans les cols alpins  ...
Nous avons passé la frontière quelque part dans les Alpes entre Klagenfurt et Ljubliana puis nous (et tous les possesseurs de 2CV et de 4L avec nous) avons pris l'unique route qui menait vers la Grèce c'est-à-dire via Zagreb, Belgrade, Nis, Skopje, Titov Veles et Bitola. . Ce dont je me souviens : l'odeur spéciale d'essence dans les stations, le vide qui régnait dans les supermarchés : peu de denrées dans les rayons et partout, toujours, les mêmes touristes d'un terrain de camping à l'autre ! Il était interdit de faire du camping sauvage.
Je me souviens aussi des différences entre les mentalités des habitants : rien de particulier au Nord mais une grande exubérance en pays musulman. D'ailleurs quelquefois on ne savait plus s'ils riaient vraiment ..
On nous avait  dit :"Il y a des militaires partout !"   ... Que nenni ! C'est en Grèce que nous les avons trouvés ... et pour cause ! 1972 !
Je me souviens que nous avions eu beaucoup de mal à trouver la direction de la Grèce. Hasard ? Méconnaissance de la langue ?? Cela nous avait paru étrange.
Au retour il avait fallu éviter l'Albanie et nous avions découvert la Côte Dalmate. Quelle beauté ! alors que le centre du pays .... est plutôt plat et sans grand intérêt. En tout cas c'est ce que j'ai ressenti. Donc nous voilà repartis direction Skopje de nouveau puis Pristina, Mitrovica, Titograd, Dubrovnik pour finir à Trieste du moins en ce qui concernait le périple Grèce-Yougoslavie."



Ginette C.

"Il me semble que la Yougoslavie, la Grèce évoquent des tas de souvenirs pour les jeunes que nous étions dans les années soixante et soixante dix !
Après l'article de Georges Ch., celui de Jean-Marie, suivis du commentaire de Marie-Odile, j'ai envie de vous en parler moi aussi.
Je ne pense pas me tromper en disant que notre professeure d'histoire/géo, Marie-Claude, nous avait raconté autrefois une malencontreuse rencontre qu'elle avait faite avec un âne sur une route d'un de ces deux pays...T'en rappelles-tu Marie-Claude ?

En fait, nous aurions bien pu t'y rencontrer Marie-Odile car nous avons fait à peu près le même voyage que toi, et en juillet-août 1972 aussi.
Notre petite expédition se composait de Dominique et Michel Toussaint, de ma soeur avec une de ses amies et de mon mari et moi-même, ce fut un très beau périple d'un mois en 2 cv.

Que de bons souvenirs pour moi, c'était une de nos belles découvertes du monde.
Nous étions partis par l'Italie et avions pris le bateau de Brindisi à Patras, via Corfou... J'étais enceinte de mon aîné, le bateau, les mauvaises routes ne nous avaient même pas effrayés, heureusement tout s'est bien passé.

Comme toi, nous faisions du camping, sauvage en Italie et en Grèce où nous dormions sur les plages à la belle étoile (sauf à Athènes, évidemment) mais dans des campings officiels en Yougoslavie où le camping sauvage était effectivement interdit.
Le sol y était toujours caillouteux dur sous nos matelas qui se dégonflaient, mais nos jeunes dos s'accommodaient de cet inconfort, le plaisir de voyager effaçait tout ce qui nous rebuterait aujourd'hui.
A cette époque-là, nous avons pas mal roulé sur des pistes...où nous embarquions des kilos de poussière dans les voitures et dans nos sacs. Un jour nous avions dû fermer le toit de la voiture à cause d'un orage, et nous avions eu la surprise de nous retrouver dans un épais nuage de poussière qui nous a fait suffoquer pendant un moment.
Mais que d'émerveillements au cours de ce voyage, la Grèce avec ses monuments, les paysages, la mer et ses eaux transparentes, puis la Yougoslavie, Kotor dont nous n'avions jamais entendu parler et qui nous est apparu au détour de la route, puis Dubrovnik et arrêt au retour à Venise.
Pour la gastronomie, pas de problème en Grèce mais je me rappelle qu'en Yougoslavie, les denrées alimentaires étaient plus que quelconques.

Jean-Marie y a eu une autre expérience. En résidant dans un pays étranger, on a une vue plus juste de la réalité. L'époque n'était pourtant pas la meilleure même s'il avait trouvé un petit havre de paix en Slovénie.
C'est sûr que Jean-Marie fait partie de ceux qui peuvent en dire plus que nous puisqu'il y a travaillé ce qui est la meilleure façon de découvrir un pays.
Merci à lui d'avoir entamé le sujet, à qui le tour maintenant de nous raconter son voyage ?


 Gabriel B.

"A moi !!
Dobrabam !
C'est l'été  ... 67.  Une dedeuch trimbale 4 copains, "pions"  au lycée Jules  Méline, à travers la Yougoslavie, la Bulgarie, Istanboul, la Grèce et l'Italie. 
La YOUGOSLAVIE : Les Français y  sont très très appréciés ; la France, c'est essentiellement de Gaulle et ... Lyon.
Camping :  sauvage, bien qu'interdit ; l'amende prélevée chaque matin à Dubrovnik, où nous sommes restés quelques jours,   nous coûtait moins cher que l'installation au camping ; je n'ai pas vraiment de souvenirs d'hygiène du corps ; c'est vrai qu'on " s'lavait" peu. Pas propres mais  malins comme des singes, nous décidons de lever le camp de très bonne heure, le jour prévu pour le départ, de façon à éviter l'amende ; plus malin qu'un singe, le "commissaire du peuple" arrive au moment où l'on pliait bagage (6ème sens, le bougre ?).
Repas : lait, fruits et viande tellement cuite qu'elle en devenait quasi immangeable ; pourquoi donc, me direz-vous ? On l'achetait chez un boucher qui nous la débitait dehors sur un "toc" de bois ; l'aspect du billot et le nuage de mouches accompagnant le commerçant nous paraissaient légitimer un temps de cuisson peu habituel.
L'autochtone : Il est très accueillant (dialecte teuton à éviter, c'est tout). Anecdote : A la suite d'une soirée et d'une nuit festives avec des jeunes de Dubrovnik, il nous est proposé de nous retrouver le lendemain pour faire mieux connaissance avec la jeune slave du Sud. Sympa, ... mais bon ! En avance, les p'tits gars de Tito ? Nous, en France, on n'avait même pas encore connu 68 . Enfin bref, bien scotchante cette  .... ville de Dubrovnik
Les routes : Pérégrinations bien chaotiques, à cette époque, sur des semblants de routes (pourtant principales) n'offrant qu'avec parcimonie quelques rubans d'asphalte que nous avions pris l'habitude de répérer de très loin et dont nous nous réjouissions ; les conditions du  bonheur sont décidément bien relatives, non ?
Voilà pour quelques brèves , .. peu postérieures au bac philo  finalement
Dobravece ! "

9.3.18

Chroniques de Février 2018

par Georges Charles

Vendredi 2 février

Yougoslavie, août 1987 ; 5e partie, Bosnie-Herzégovine
 

Mostar. Avec la conquête ottomane en 1470, Mostar était devenue le centre administratif d’Herzégovine. Jusqu’à l’époque contemporaine, la ville avait conservé son cachet médiéval.

Le pont de Mostar, 1565 

Mosquée du Karadozbey, 1558

Durant la guerre civile des années 1990, la ville a été bombardée par les Croates ; le pont, détruit, sera reconstruit. Depuis 2005, le " Quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar " est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.


Sur la route de Mostar à Sarajevo, j’ai le souvenir d’avoir découvert la musique de Bérurier Noir, Abracadaboum, album sorti en juin 1987, que Delphine avait eu la bonne idée d’emmener pour le voyage…


Sarajevo. Construite par les Ottomans en 1461, elle a accueilli au cours des siècles des chrétiens catholiques et orthodoxes, des juifs séfarades fuyant l’Andalousie, devenant ainsi la ville de quatre religions, la " Jérusalem des Balkans ". Théâtre de l’assassinat par Gavrilo Princip de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche, qui marquait le début de la Première Guerre mondiale, Sarajevo venait d’accueillir les Jeux olympiques d’hiver en 1984.


Capitale de la Bosnie-Herzégovine, Sarajevo a été assiégée et bombardée par les paramilitaires de la République serbe de Bosnie, d’avril 1992 à février 1996.

Quartier ancien de Bascarsija

Mosquée Gazi Husrev-bey, 1531

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28.2.18

Ma première soirée à l'Opéra Garnier ...

par Marie-Odile Maurice

... jeudi 22 février


Normalement je n’aurais pas dû vous faire un rapport au sujet de cette soirée mais voilà … le début ne s’est pas exactement passé comme prévu.

C’est jeudi… C’est ce soir ! Ma première fois à l’Opéra Garnier !
Quelque chose me dit que tout va bien se passer : j’ai le billet imprimé, la réservation d’une place exceptionnelle : loge - 1er rang.

Je me prépare essayant diverses tenues, testant mes chaussures à talon … Normalement on s’habille quand on va à l’Opéra … 
Je pars à l’heure en voiture jusqu’à Mantes-la-Jolie plus exactement sa gare. Je vous explique : le soir il n’y a pas beaucoup de trains qui repartent et s’arrêtent à Vernon. Donc je m’avance un peu plus loin en région parisienne. Ma voiture est en place au parking, je suis à l’heure et tout va très bien Madame la Marquise.
Arrivée sur le quai … Curieux … je ne vois pas mention de mon train et surtout pas du quai duquel il devrait partir … Par contre plusieurs trains sont annoncés sur le quai A, celui des trains qui passent de l’autre côté de la Seine, qui s’arrête partout et surtout met 1h10 avant d’arriver ….. Affolement ! Que faire ? Je n’ai pas beaucoup le choix je monte dans le tagada … et j’entends l’annonce suivante : ʺil n’y a plus de trains Mantes-Paris via Poissy par suite de manque de matériel. ʺ QUOI ? Je n’en crois pas mes oreilles ! Que faut-il entendre par là ?? Je suis étonnée qu’il n’y ait pas plus de gens qui rouspètent. Il faut dire que nous ne sommes que quelques uns à partir dans cette direction à cette heure-là (il est 18h). Je passe un bon moment à fulminer intérieurement. Il n’y a guère de monde autour de moi et je sens ma colère bien solitaitre … Le spectacle commence à 19h30 et il est écrit sur le billet qu’il faut arriver une demi-heure avant. Or tels que nous sommes partis on en a pour une heure au moins et en comptant le temps (environ 10 minutes) pour arriver à l’Opéra je commence à paniquer ! Métro ou marche à pied ? Deux jours plus tôt je m’étais tyrouvée coincée du côté colonne vertébrale. J’opte pour la solution métro avec la ligne 9. Les Parisiens vont tout de suite reconnaître la provinciale en moi !
En attendant je feuillette le " scénario ʺ de l’opéra. Il s’agit d’un ballet sur une musique de Tchaikovsky d’après une pièce, en vers, de Pouchkine. Une histoire d’amour qui ne finit pas trop bien puisque le jeune homme finit par tuer son meilleur ami …
Arrivée à Paris … Je me lance. Je n’aurais jamais cru que je pouvais marcher aussi vite avec des talons .. Parfois j’ai l’impression que mes pieds ne touchent pas terre. Mais où est-elle cette ligne 9 …. Je cavale dans les couloirs du métro … Bon, l’arrêt s’appelle en fait St Augtustin. Il faut que je regarde quand même le plan pour ne pas partir dans la mauvaise direction … Je pensais arriver à la station Opéra et je me retrouve devant les Galeries Lafayette. Pas le temps de philosopher et me revoici fonçant à toute allure en direction de l’Opéra. Mon Dieu … Il est passé 19h30 … c’est sûrement commencé ! Ils vont fermer les grilles … Non ! Le brave agent prend mon sac pour le passer sous le détecteur. Quelques escaliers … Le premier ? Les loges s’il vous plaît ? Allez là-bas il y a des ouvreurs. Deux solutions : ou vous allez au quatrième et vous trouverez une place assise jusqu’à l’entracte ou bien vous rentrez là (dans les loges) et vous restez debout. Je choisis cette solution de la tête car plus aucun son ne sort de ma gorge : je suis essoufflée  ! Je rentre et une jeune fille me propose une chaise non occupée. Et là, début de l’émerveillement : très beau décor, jolis costumes et ballet parfait, du moins de mon point de vue de néophyte. Je n’ai pas vu le temps passer que déjà voilà l’entracte. On me montre ma place : en effet ! plus près et tu plonges dans l’orchestre ! Vite je me précipite vers le bar car je n’ai pas eu le temps de me restaurer… Je vous cacherai le prix du petit sandwich … Ensuite je promène mes yeux de provinciale sur les lieux ……….. Incroyable ! " Démentiel ʺ est le mot qui m’est venu spontanément à l’esprit ! Ces colonnes, ces dorures, peintures et tout, et tout … Et le foyer …………… Je ne suis pas sûre d’avoir jamais dans ma vie de  touriste vu semblable monument … Je pense à vous chers Vosgiens : quelle bonne idée que de m’envoyer là !
L’acte 2 se passe tout aussi bien et tout aussi vite et voici déjà le 2e entracte ! Cette fois pas de buffet ! J’explore les lieux ! Même les toilettes ont un petit air haussmanien !
C’est un très beau spectacle et j’ai revu la critique de Télérama. Ils le gratifient de trois " T ʺ … C’est dire ! Je regrette de quitter ce lieu si rapidement mais je me méfie des humeurs de la SNCF… 
Je ne traîne pas en route et je rejoins la Gare Saint-Lazare où je constate que le train escompté jusqu’à Mantes, le bon, celui qui met une demi-heure EST À QUAI ! La vie est belle ! Il n’y a pas beaucoup de monde mais j’ai l’habitude. J’ai récupéré ma voiture à 23h10 et une demi-heure plus tard j’étais rentrée.

Une petite remarque au sujet de la tenue vestimentaire : l’ensemble des personnes est habillée de façon décontractée, plus en tout cas qu’à Versailles où ils sont encore restés très prout-prout.

Que dire chers amis ? Merci beaucoup encore, merci d’avoir pensé à ma culture !

La prochaine fois, vendredi 2 mars ce sera l’Opéra Bastille avec un ballet encore : Ben jamin Millepied/Béjart. Depuis le temps que je voulais voir une œuvre du maître franco-suisse … Je suis allée une fois ou plutôt deux à l’Opéra Bastille : la première fois : grève. J’étais avec mes enfants. Nous sommes repartis. La deuxième fois – pour le même spectacle – grève des costumes …. Ma fille avait préféré rester dehors ! Que me réserve Béjart ???
 
 

11.2.18

Mon séjour au Mont Sainte-Odile

par Marie-Odile


26 Janvier … enfin ! Le grand jour est arrivé ! Je pars au Mont Sainte -Odile !

L’atmosphère autour respire l’inondation. Hier j’étais allée sur la petite route qui mène à Giverny et donc à Vernon, mon lieu d’embarquement, afin de voir la situation de la rivière, l’Epte, affluent de la Seine et qui fait frontière avec l’Eure et donc la Normandie. Elle débordait : pas grave, le détour à faire n’est pas très important.

Vendredi - Première étape : la gare de Vernon. Je mets ma voiture comme d’habitude, dans un quartier résidentiel. Plusieurs fois par an j’utilise cet emplacement qui s’est avéré sûr, enfin … jusque là ! C’est le début de la petite routine du départ en train.
C’est donc le coeur léger (lui seulement car je traîne un sac alourdi par mes chaussures de randonnée) que je me dirige vers la gare. Mon train arrive de Rouen à 10h51 et le TGV quitte la gare de l’est à 12h55. A Strasbourg une amie, ancienne camarade de classe BTS va venir me chercher et passer aussi une nuit au Mont. Dans la salle des pas perdus de Vernon-Giverny le panneau affiche un retard de dix minutes. Ça commence mal me dis-je mais dix minutes, ça va encore, j’ai une bonne heure pour traverser tout Paris et le RER E est direct puisque je descends à la station Magenta et que je continue à pied. Le temps passe et la voix suave de la SNCF annonce bientôt un retard d’une demi-heure … : ʺ il a fallu attendre des clients en correspondance ʺ ??? Entre nous, tout le monde se plaint de la ligne Paris-Rouen et c’est justifié. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas : grèves, trains qui ne continuent pas plus loin, retards, accidents de personnes, trains bondés etc … etc … Comme je ne le prends plus régulièrement je ne connais pas trop ce genre d’ennuis mais je me demande comment les usagers peuvent supporter ça toute l’année… Il finit par arriver à 11h10 . Le TGV part à 12h55. Je calcule (très mal) 11h10 + 45 minutes = 11h55 à Saint-Lazare à condition qu’il ne s’arrête pas en route. Normalement " ça devrait le faire ʺ mais vraiment de justesse. Je me renseigne quand même sur le suivant pour Strasbourg : il y en a un toutes les heures. A l’arrivée à Saint-Lazare précipitation dans le couloir : certains ont encore encore moins de temps de correspondance que moi. C’est alors qu’un charmant Monsieur me propose de porter mon sac et de me conduire jusqu’au métro Magenta " au pas de course ʺ , ce sont ses termes. Bon ! Il a l’air honnête. Je lui fais confiance. C’est ainsi que j’ai traversé Paris avec porteur. Il m’a dit qu’il venait d’Algérie, de Sétif et qu’il était là depuis les années 90. " Moi, Monsieur, j’ai vécu en Tunisie etc. etc.ʺ Deux potes qui évoquent leurs souvenirs de guerre … enfin … si je puis me permettre … Il a ajouté qu’il habitait actuellement Bonnières. (NDLR : à six kilomètres de Gommecourt) mais qu’il ne s’y plaisait pas. " Les trains ... ʺ Et on le comprend, les trains qui s’arrêtent aux petites gares prennent encore moins soin de leurs personnes transportées. Il m’a donc emmenée jusqu’à Magenta au galop et m’a quittée là. J’explique : Magenta n’est pas à proprement parler une station de gare. On arrive  dans le 10e rue Lafayette et on doit marcher et traverser quelques rues pour arriver Gare de l’Est. Ce n’est pas plus désagréable. On peut respirer l’air frais du matin avant de s’engouffrer dans des espaces confinés. Je parcours d’un bon pas le trajet par la rue d’Alsace qui me conduit jusqu’à cette très chère gare de l’Est. Vous connaissez les escaliers Rue d’Alsace ?? On les voit dans certains films. Il fut un temps on pouvait y discerner des odeurs de frites, d’urine mais surtout d’urine … Là encore quelqu’un m’a aidée à porter mon sac. C’est incroyable ce que les cheveux blancs ça inspire … !! Pas le temps d’acheter un sandwich ! Je monte dans le TGV qui part cinq minutes après !
Et commence la grande aventure : c’est la première fois que je prends la ligne Paris-Strasbourg …. Pas grand-chose à voir dehors … Plaine, morne plaine … les Vosges ? le col de Saverne ? En rêve, Marie-O ! Moi qui connais bien le trajet Paris-Lausanne (3h40) je n’ai pas vu le temps passer. Pas d’arrêt ! Le tout expédié en 1h50 ! Ma conclusion : hum ! ça vaudrait peut-être le coup de s’offrir de temps en temps un petit week-end à Strasbourg … ! Chers/Chères camarades … à votre bon coeur !!

Strasbourg … c’est une vieille copine ! J’y ai d’abord passé deux ans après le bac jusqu’en 1968 et puis en 70 j’y suis retournée m’étant mariée avec un étudiant de l’ENSAIS ce qui fait au total cinq années passées dans la capitale alsacienne (à défaut de pouvoir dire " la cité phocéenne ʺ….)

Il pleut. Mon amie m’attend et nous montons toutes les deux en voiture au Mont Sainte-Odile. Là … ce n’est plus la pluie mais un brouillard à couper au couteau ! Cette atmosphère confère à l’ensemble un air mystérieux voire mystique qui n’est pas pour me déplaire. A défaut de neige ….

Installation - ma chambre : d’une grande propreté (ma réaction : " on se croirait en Suisse ! ʺ) et comme neuve. En plus, je dispose de la seule chambre avec balcon auquel est accroché le blason de l’évêque, Mgr Ravel, précédemment évêque aux Armées et tout récemment nommé en Alsace. Il m’a fallu presque une matinée pour trouver son blaison sur internet. Pas de télévision ! J’en suis ravie ! Ainsi je vais pouvoir écrire quelques cartes …. Cela s’est avéré être un vœu pieux car l’altitude faisant son effet je me suis vite trouvée complètement assommée !
La chambre de mon amie : une suite ! Avec petit salon, bureau et télévision (sans doute la seule de la partie hôtel) !

Samedi matin : nous faisons un petit tour par la route à la Fontaine Sainte-Odile. Enfant mes parents m’y avaient conduite plusieurs fois …. Regardez-moi et vous pouvez constater le résultat … ! Là il y avait une dame qui avait apporté quatre bouteilles d’un litre plus un jerricane …. Mon amie rejoint Strasbourg dans la matinée. L’après-midi je fais connaissance avec les lieux. La chapelle qui est passée au rang de Basilique, la chapelle des Larmes (Sainte-Odile avait tellement pleuré que le sol s’était creusé), la Chapelle des Anges, aux murs recouverts de magnifiques céramiques. Impressionnant. Le tombeau de Sainte-Odile. Je prends mon temps car l’ensemble ne s’étend quand même pas sur des kilomètres. Je ne m’attarde pas sur la terrasse : c’est le brouillard ! Par contre je découvre le cadran solaire, un bloc gnomonique (c’està-dire comportant plusieurs cadrans, ici 24), qui indiquent les heures de différentes villes et endroits du monde : Constantinople, Alexandrie, Jérusalem, Inde, Japon etc …. Un momument extraordinaire ! Je termine mon petit tour par " le ʺ lieu où il faut aller : la boutique. On y trouve tout ce dont le touriste, pardon, le pèlerin ou la pélerine, a besoin : timbres, cartes postales, guides, cartes de randonnées etc … mais aussi les produits dérivés comme les médailles et ce que je ne connaissais pas, les œufs de cigogne, l’Eau d’Elle, l’Eau d’Il et les petites bouteilles d’eau de la fontaine pour recouvrer la vue …..…. Je reste abasourdie … Les temps ont bien changé. Ce sera la seule photo que je joindrai. Je n’ai pas pu couper l’ensemble des deux illustrations. Pour le reste il y a tout sur internet. Mais là vous risquiez de ne pas me croire !


Le dimanche, c’est service à la place . On m’annonce le choix entre deux potages dont l’un " soupe d’intestin ʺ .. tel quel ! J’aime l’aventure et c’est ce que je choisis : c’est de la soupe de boudin … Je n’avais jamais gouté cela ! Cest jour de fête et on nous annonce une choucroute ! J’aurais dû la photographier et vous l’envoyer !
Nous sommes dans une belle salle-à-manger toute en bois – je remarque que, dans ces régions de l’Est, on trouve beaucoup de bois dans les maisons, comme chez Ginette et André. J’avais oublié ce détail. J’aime bien. Cela donne un aspect chaud, confortable et sécurisant.

Après le repas je me trouve un bâton et en route pour Niedermunster annoncé par les balisages comme pas trop long ! Niedermunster c’est l’endroit où se trouve une ancienne abbaye fondée par Sainte-Odile. Il ne reste que les ruines d’une église romane construite en 1150. Un peu plus loin se trouve la ravissante chapelle Saint-Nicolas du XIIe mais restaurée en 1845 qui semble posée au milieu de la vallée !

Le retour vers le Mont ne me déçoit pas … !En descendant … je me disais … " ma fille, quand il va falloir remonter ... ʺ. Et en effet …. ! 200m de dénivelé pour une permière sortie c’est quand même pas mal … enfin … pour moi !

Le lundi, dernier jour complet, je m’offre un morceau du mur païen, enfin …. une partie du circuit sud, avec un arrêt en cours de route au Menelstein, un amas d’énormes rochers, d’où l’on a un magnifique point de vue sur la plaine, ensoleillée cette fois.

Mardi matin préparation des bagages, repas, un dernier au revoir à mes montagnes, surtout celles du côté est, si belles si sombres, MES montagnes, celles que je quitte toujours avec regret.
Règlement des quelques suppléments … ah ! Que cette facture est douce ………. Le taxi arrive à 14h et m’ emmène à la gare d’Obernai où je prends un sympathique petit TER. Quand on quitte la région parisienne on trouve ces petits trains, mignons, si propres et toujours à l’heure. Si ! Si ! En plus ils ne sont pas vraiment électrifiés. Un changement !
Arrivée à Strasbourg mon amie m’attend. Nous prenons un dernier thé et en route pour le TGV. Ce n’en est pas un à proprement parler mais un ICE qui vient de Stuttgart, très propre et ma foi, fort confortable. Je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer : nous conversons avec Ginette par textos ….. en allemand … que tu possèdes encore bien, Ginette ! Car il me semble que tu n’as pas, contrairement à moi, fait de longs séjours dans le pays de Goethe … mais peut-être es-tu encore en relation avec ta correspondante … A vérifier ! A Paris il pleut. Je ne connais qu’un itinéraire, celui de la Rue d’Alsace avec son fameux escalier et sa faune toute particulière … ses joints énormes qui se fument sous le nez des policiers …. Eh ! Bien ! là encore on m’a proposé de porter mon sac de voyage. Beaucoup de voyageurs passent par là. Cependant il faudra que jeme renseigne sur un itinéraire qui évite les escaliers. L’avantage c’est qu’on n’est pas obligé de changer de métro. Rue d’A1sace – quelques mètres à pied puis station Magenta et de là : direct jusqu’à St Lazare où j’arrive sans encombres et avec pratiquement une heure d’avance sur le train prévu à 19h29. Tant pis ! C’est top tentant ! Il est Je monte dans le train du Havre priant Sainte-Odile, Saint Hippolyte, Saint Amarin et Sainte-Croix-aux Mines que le contrôleur ne passe pas. ET …. il n’est pas passé ! Le miracle a bien eu lieu. A Vernon je me rends en une dizaine de minutes à ma voiture. Elle est toujours là !Encore un miracle ! La route de Giverny est coupée et je passe par " le plateau ʺ. A Gommecourt … plus d’inondations. À la maison régne une douce température de 13° mais peu importe : les souvenirs réchauffent mon coeur de pauvre exilée … Mon chat est très heureux de me revoir : il arrivait à bout de ses victuailles !

Que dire en conclusion : ce fut un merveilleux séjour qui m’a fait beaucoup de bien, qui m’a remise en selle pour un bon bout de temps prête à affronter tous les soucis …
MERCI les amis ! Merci ………… Merci ……………….

5.2.18

Chroniques de Janvier 2018

par Georges Charles

Lundi 1er janvier

Yougoslavie, août 1987 ; 1ère partie, la découverte
 

Les récits de voyages du passé m’enchantent. J’espère transmettre ce bonheur aux lecteurs.

En août 1987, la Yougoslavie existait encore ; " pays des Slaves du Sud " en serbo-croate, c’était un État d’Europe du Sud-Est, qui a existé sous différentes formes entre 1929 et 2006. Il regroupait les actuels pays de Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie, Macédoine, ainsi que le Kosovo.

La Yougoslavie a correspondu à trois réalités politiques différentes au cours du XXe siècle :


 · La " première Yougoslavie ", monarchie fondée en 1918. Elle subsiste jusqu’à l’invasion par les troupes allemandes en 1941.
· La " seconde Yougoslavie ", république fédérative socialiste, de 1945 à 1992 ; elle s’effondre lorsque quatre de ses républiques fédérées font sécession : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine.
· La " troisième Yougoslavie ", État fédéral formé en 1992 de la Serbie (incluant la Voïvodine et le Kosovo) et du Monténégro ; il subsiste jusqu’en 2006.

Le maréchal Tito, croate, communiste indépendant du stalinisme russe, qui dirigea la Yougoslavie de 1945 à 1980, disait : « La Yougoslavie a six Républiques, cinq nations, quatre langues, trois religions, deux alphabets et un seul parti. »

Quelle est la situation de la Yougoslavie en août 1987, au moment où nous nous y rendons ? En 1981, des manifestations d’Albanais du Kosovo (près de 90 % des habitants de cette province autonome de la Serbie, sont d’origine albanaise) avaient réclamé le statut de république ; elles avaient tourné à l’émeute. En avril 1987, Slobodan Milosevic, alors patron des communistes de Serbie, avait été envoyé en mission au Kosovo pour calmer les nationalistes serbes qui s’estimaient victimes de discriminations de la part de la majorité albanaise ; sur place, il avait pris le parti des Serbes.

Je tiens à évoquer ici mon intérêt personnel pour cette partie de l’Europe ; à la faculté d’histoire, j’avais été élève du professeur émérite Alain Ducellier, spécialiste de l’histoire de Byzance et des Balkans au Moyen Âge.


Jusqu’à ce jour, Venise avait été la limite orientale de mes voyages en Europe. Je vais donc vers des découvertes, en compagnie de la " fine équipe familiale ", Marie-France, Delphine et Adrian. 

Dernière ville italienne, avant d’entrer en Yougoslavie : Trieste, dont le nom rappelle l’histoire européenne du XXe siècle. Les touristes qui la traversent s’en souviennent-ils ? Sous domination autrichienne jusqu’alors, Trieste devient italienne en 1921 et sert de base à la naissance du Parti national fasciste de Mussolini. Après la guerre 1939- 1945, Trieste est également revendiquée par la Yougoslavie. Sous contrôle de l’ONU de 1947 à 1954, la ville revient définitivement à l’Italie en 1977.

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10.1.18

Chroniques de Décembre 2017

par Georges Charles

Samedi 2 décembre

Ma petite entreprise de création de chroniques s’appuie sur une ligne éditoriale, celle de l’articulation subjective d’un savoir, ainsi que sur quelques secrets de fabrication. En voici deux.

La " créativité par le hamac ". Mon balcon est tout en longueur ; pas question d’installer une table et les chaises qui vont bien avec. Par contre, une telle configuration est idéale pour le déploiement d’un hamac.





Je m’y allonge, je m’y étale, je m’y assoupis… en compagnie d’une idée, d’une rêverie ; parfois, si je les laisse se déployer jusqu’à leur terme, ça peut donner une chronique !








 Le travail d’écriture d’une chronique s’apparente à celui d’un sculpteur sur pierre, sur bois ou sur glaise. Je rassemble une foultitude d’informations, d’illustrations, de souvenirs personnels, soit des piles de documents, papier ou numérique ; jusqu’à atteindre la saturation du sujet. Un coup de burin par ci, un coup de ciseau par là ; je touille, je burine, j’élague, je creuse, j’arrache, je polis jusqu’à obtenir ce que j’estime être la synthèse, la quintessence personnelle, intime et satisfaisante du propos. Pour dix pages de notes, j’en garde une, une et demi ; je privilégie les mots qui parlent au plus grand nombre.

Pas de hamac au balcon aujourd’hui ; première et courte chute de neige sur Toulouse.

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2.1.18

Les voeux de Ginette

Chers amis,

En ce début d'année, je viens à vous avec une bonne intentioncelle de vous souhaiter tout ce qu'il y a de meilleur pour l'année 2018.

Je tiens à rester fidèle à la tradition, même si j'ai l'impression de me répéter tant les mois passent vite -c'est déjà la treizième fois depuis 2006 !
Javoue quau fil des ans le sens de cette coutume me paraît toujours plus incontestableserait-ce dû à l'impressionnante somme d'années qui s'accumulent sur nos épaules et qui nous fragilisent ?

À quoi donc pouvons-nous rêver pour cette nouvelle année

À garder la meilleure forme physique, à entretenir d'excellentes relations avec nos familles et des amitiés solides avec nos amis, à passer de bons moments de détente autour d'une table, au cinéma, au théâtre ou en voyage et aussi peut-être à réaliser nos rêves secrets !
C'est là ce que je vous souhaite de tout mon cœur, avec, en sus, le loisir d'y ajouter vos désirs personnels.

Nous savons le peu de considération que le temps nous accorde, voilà pourquoi je vous incite à entretenir les liens qui se tissent depuis douze ans dans notre groupe et qui se resserrent de jour en jour grâce à internet, à nos rencontres régulières et à quelques animateurs fidèles que je remercie

Apprenons aussi à cultiver chaque jour, pour nous et nos proches, la meilleure humeur possible et puis, conformément à la tradition, si vous le voulez bien, je vous fais la bise à tous.


Pour vous, les dernières lueurs de lannée 2017 au Thillot, le
31/12/2017 vers 17heures

Avec mes amitiés,
Ginette