Par Georges Charles
Mercredi 1er Juillet
Les TIC (Technologies de l’information et de la communication) ; 7e partie, les rois du pétrole numérique, les titans de la tech, les grands chefs du village global
Marshall McLuhan, philosophe canadien, avait " inventé " dans les années 1960 le concept de " village global " pour désigner toutes les régions du monde réunies par Internet et d’autres interconnexions de communication électronique. Dès 1933, l’anthropologue américain Edward Sapir écrivait : « La multiplication des techniques de communication à grande échelle a une conséquence importante ; elle accroît le rayon d’action des communications, transformant ainsi le monde civilisé tout entier en l’équivalent psychologique d’une tribu primitive. »
Nelson Thall, expert scientifique des médias et spécialiste de McLuhan, le dit sans fard : « ... la puissance d’Internet est qu’il permet au monde entier de penser et d’écrire comme des Nord-Américains. »
Internet a été imaginé, créé et développé par et pour les Américains. Le domaine des nouvelles technologies, la " tech ", est un élément de projection du soft power américain. Pour les autres internautes, s’adapter a signifié changer partiellement de culture.
Les rois de la tech ont été affublés de divers acronymes. Les Gafa : Google, Amazon, Facebook, Apple ; les Faang : Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google ; les Magnificent 7 : Alphabet (la société mère de Google), Amazon, Apple, Meta (Facebook, Instagram et WhatsApp), Microsoft, Nvidia (éditeur de logiciels) et Tesla (voitures électriques).
Il s’agit d’entreprises dont la plupart ont leur siège social (drôle d’expression, là où le social n’a pas bonne presse…) dans la Silicon Valley :
Il y a 60 ans, la Californie était le paradis du Flower PowerÀ la tête de ces sociétés, il y a des êtres humains, les conquistadores de la tech : Sam Altman (cofondateur et PDG d’OpenAI, cocréateur de l’agent conversationnel ChatGPT), Mark Zuckerberg (Facebook), Yann Le Cun (directeur scientifique de l’IA de Meta), Larry Ellison (Oracle, système de gestion de bases de données). Ce sont les hommes les plus riches du monde.
Classement Forbes au 1er janvier 2026, les 10 premiers : Elon Musk, 839 milliards de dollars ; Larry Page, 257 milliards ; Sergey Brin, 237 milliards (les deux cofondateurs de Google) ; Jeff Bezos (Amazon), 224 milliards ; Mark Zuckerberg, 222 milliards ; Larry Ellison, 190 milliards ; Bernard Arnault et famille, 171 milliards ; Jensen Huang (Nvidia), 154 milliards de dollars ; Warren Buffett (Berkshire Hathaway, société d’investissement) 149 milliards ; Amancio Ortega (Inditex), 148 milliards.
Elon Musk, le roi des rois de la tech, dirigeant de Tesla, SpaceX et xAI, conserve largement la première place ; il creuse même l’écart avec les suivants. La valorisation de Space X, entrée en bourse le 11 juin dernier, représentait 1 750 milliards de dollars ; la fortune de Musk passerait alors à 1 100 milliards de dollars ! Certains observateurs, pour susciter en nous de l’indignation, vont jusqu’à établir des comparaisons entre ces montants astronomiques et les dizaines de millions d’années qu’un smicard devrait travailler, sans rien dépenser, pour les atteindre. Comparaisons plutôt ridicules : qui pourrait être " jaloux " de ces fortunes ? L’envie, la rancoeur, c’est ce qui nous anime parfois lorsqu’on s’aperçoit qu’à travail égal, notre beau-frère gagne 200 euros de plus par mois que nous.
Le classement 2026 prouve que la quasi-totalité des premières fortunes mondiales est liée à l’économie numérique. La création de richesse mondiale est désormais largement portée par les actifs immatériels : logiciels, données, semi-conducteurs, infrastructures numériques et intelligence artificielle, domaines où les Américains sont largement dominateurs.
Dans les précédentes décennies, l’industrie, l’énergie, la finance et l’immobilier occupaient une place beaucoup plus importante au sommet du classement. En dollars de 2024, John Davison Rockefeller (1839-1937), le magnat du pétrole, l’homme le plus riche de la période XIXe-XXe siècle, n’avait " pesé " que 336 milliards de dollars.

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