par Georges Charles
Mercredi 4 mars
La France, fille aînée de la laïcité ; 3e partie, la Révolution de 1789
Le 5 mai 1789, ouverture des États-généraux ; 17 juin, les députés du Tiers état se constituent en assemblée nationale ; 20 juin, Serment du Jeu de paume, l’assemblée nationale est déclarée constituante ; 14 juillet, prise de la Bastille ; 4 août, abolition des privilèges de la noblesse et du clergé catholique ; 26 août 1789, déclaration des droits de l’homme et du citoyen et 1ère constitution.
Article 1er : Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Article 6 : La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Article 10 : Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.
Les députés constituants, représentants d’une élite plus ou moins cultivée, n’avaient pas chômé ! À peine plus d’un mois après la prise de la Bastille, ils " pondaient " un texte fondateur, comme si les principes de cette déclaration des droits étaient déjà plus ou moins précis dans leur tête. Certains étaient imprégnés des idées de la philosophie des Lumières ; certains devaient avoir, dans leur bibliothèque, des ouvrages des Encyclopédistes et de Voltaire.
Ce qui change, dans la France catholique de Louis XVI, c’est l’égalité juridique accordée à tous les citoyens, notamment les Protestants qui étaient des sujets du roi de seconde catégorie. Pour les Juifs, il faudra attendre un décret de 1791.
Le député Condorcet (scientifique, mathématicien, philosophe) avait présenté en 1792 un projet de réforme visant à créer un système d’enseignement laïc, une égalité d’accès à l’instruction sans distinction d’âge, de sexe ou de classe et la gratuité de l’école élémentaire.
Le pape avait condamné la Révolution française dès mars 1790. Juillet 1790, loi sur la constitution civile du clergé, après 274 années de concordat depuis François Ier. Elle organise l’Église de France, suite à la nationalisation de ses biens en novembre 1789. La première séparation entre l’Église et l’État est instaurée en 1795.
Cette séparation sera remplacée en 1801 par un concordat passé entre le Premier consul, Napoléon Bonaparte, et le pape Pie VII.
En préambule, il est dit que « la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de la grande majorité des Français » ; articles 14 et 15 : « le gouvernement assurera aux évêques et curés un traitement
convenable et autorisera les fondations en faveur des églises. » À l’alliance multiséculaire du trône et de l’autel, succède celle du sabre et du goupillon. En 1808, un décret sur l’éducation prévoit notamment que les écoles doivent désormais suivre les « principes de l’Église catholique ».
Louis XVIII rétablira le catholicisme comme religion d’État en 1814.

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