5.11.23

Chroniques d'Octobre 2023

par Georges Charles

Dimanche 1er Octobre

Mes amis Vosgiens étaient venus « avec des présents plein les bras » ; parmi ceux-ci, une astucieuse chasuble de bain, idéale pour se changer en public. Avec 33° dans l’air et environ 22/23° dans l’eau, je ne pouvais résister à la tentation de l’étrenner en me plongeant dans les eaux du lac de Caraman. 

 

J’y ai fait une rencontre : un vieux nageur, mon âge, bavard, s’exprimant dans un langage très châtié et qui avait l’air de savoir des tas de choses, comme par exemple la relation entre la couleur de l’eau à la surface d’un lac et la composition chimique du fond, argileux ou calcaire… Un savant un peu " perché " ? Entre amateurs de baignade, nous avons échangé quelques " bons plans " ; selon lui, le lac de Geignes, à Maurens-Scopont, dans le Tarn, vaut le déplacement.

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11.10.23

Bonjour de Toulouse, les 22,23,24 sept 2023

 par Ginette

Chers tous,

Depuis notre retour, je pense à ceux, nombreux cette année, qui n’ont pas pu prendre part à nos retrouvailles et à tous les autres qui aimeraient entendre parler un peu de notre expédition dans la ville rose. Je vais donc essayer de vous faire partager ces bons moments dans les quelques lignes qui suivent.Je laisserai pourtant à Georges le plaisir de nous raconter sa ville dans ses chroniques, il le fera mieux que moi. Je préfère vous dire quelques mots pour vous parler de Georges, un ami que nous connaissons peu pour des raisons évidentes d’éloignement.

Et, avant tout, je le remercie pour son accueil chaleureux et son empressement à nous faire découvrir sa ville d’adoption. Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre qu’il aimait cette belle ville -sa ville depuis quelques dizaines d’années, pour laquelle il a su en quelques heures nous transmettre son enthousiasme.

Après avoir sillonné le centre-ville de long en large tous ensemble, notre hôte a eu la gentillesse d’inviter le petit nombre qui s’était attardé jusqu’au lundi à découvrir sa résidence au bord du Canal du Midi, un endroit mythique.Là, en petit comité, autour d’un apéritif tout à fait sage, il nous a confié que les aléas de la vie l’avaient amené à Toulouse dans sa jeunesse, qu’il s’y était plu très rapidement et n’avait pas souhaité aller plus loin. Comme on le comprend !

De plus, par un heureux hasard, c’est dans cette ville que résident ses deux fils -charmants jeunes hommes par ailleurs, avec lesquels nous avons eu le plaisir de dîner un soir.

Actuellement, Georges consacre une partie de son temps à différentes activités de retraités, comme l’assistance aux familles des victimes pendant les procès d’assises, il s’occupe aussi de personnes âgées et il pratique des activités moins stressantes : il entretient sa forme en se déplaçant beaucoup à vélo.Voilà, vous saurez tout sur sa vie privée !

Là-bas, une fois encore, j’ai constaté que les vieux amis que nous sommes devenus depuis 2006 apprécient, à l’unanimité, les moments ensemble mais aussi les petits moments en aparté avec l’un ou avec l’autre pendant ces journées privilégiées de retrouvailles.

Tout cela nous permet de nous découvrir autrement et de partager les bonnes nouvelles mais aussi les moins bonnes. Au cours de ces rencontres, on se sent moins seul, on se rend compte que nous avons tous beaucoup de points communs. Mieux encore, revivre un week-end ensemble en nous replongeant dans les souvenirs de potaches nous rajeunit pendant quelques jours, et nous permet d’oublier les petits tracas courants et les simples bobos, ça fait du bien.

Toulouse est très éloignée de la plupart de nos lieux de vie, ce fut par conséquent une petite expédition pour nous tous -mis à part Élisabeth et Georges de Montpellier, les plus proches.Moins loin que nous aussi, Popomme et Claude arrivant de Carcans dans le sud-ouest.Pour les autres participants, ce fut un long périple loin de nos Vosges :

Marie-Annette et Gérard, d’Éloyes,

Dominique et Michel de Saint-Nabord

et André et moi-même de Remiremont.

Mais j’ai compris que nous, les six Vosgiens, étions animés par la même passion de la découverte de notre beau pays, et dieu sait que nous n’aurons jamais fini de le visiter, alors, nous remercions Georges pour son invitation qui nous a donné une bonne occasion de visites.

Onze personnes seulement cette année ! Nous espérons être un peu plus nombreux la prochaine fois -déjà programmée dans un an !Je vous donnerai les dates au plus vite.

Voilà pour ce qui concerne l’ambiance et mes impressions personnelles, mais il y a Toulouse, la quatrième ville de France. Elle s’est montrée très animée pendant notre week-end,avec un beau temps encore estival, avec les nombreux étrangers venus en France, plus particulièrement à Toulouse pour la coupe du monde de rugby.

J’espère ne pas avoir pris la place de Georges qui s’est promis de raconter nos activités plus en détails dans ses chroniques, je vous dirai seulement que nous avons visité la ville en bus, en bateau, à pied, en voiture, en téléphérique et… presque en avion puisque nous sommes montés dans un Concorde, dans un airbus A380 et que nous avons admiré beaucoup d’autres avions au musée Aéroscopia !

Un merci à Georges et Élisabeth pour le Champagne et toutes nos boissons…il faisait chaud à Toulouse et, gardant leur bonne habitude, ils nous ont désaltéré à souhait.

J’aimerais encore ajouter une pensée toute particulière pour quelques personnes de notre groupe Bac1965 qui souffrent ou qui sont hospitalisées, et au nom de tous, je leur souhaite un bon rétablissement et surtout une meilleure santé pour l’avenir.

Je vous envoie mes amitiés,

Ginette

6.10.23

Chroniques de Septembre 2023

par Georges Charles

Samedi 2 septembre

Événements 2005 ; le référendum sur la Constitution européenne, 2e et dernière partie, les résultats

La plupart des partis représentés au parlement (droite, gauche etécologistes) soutenait le traité ; avec parfois des divisions entre la base et la direction. Les autres partis (extrême-droite, droite souverainiste, gauche souverainiste, communistes, extrême-gauche) le rejetaient.

Arguments avancés pour l’adoption du traité :

  • la nécessité d’adapter les institutions européennes à l’élargissement de l’UE à 25
  • président pour l’Europe et la fin de la présidence tournante, un ministre des Affaires étrangères de l’Union 
  • un meilleur équilibre des pouvoirs entre les diverses institutions, notamment par un renforcement du parlement européen 
  • la possibilité, collective, de peser sur les décisions de l’Union grâce à la pétition " initiative citoyenne "
  • son " compromis social-libéral "

6.9.23

Chroniques d'Août 2023

par Georges Charles

Mardi 2 Août

Écolo sì, ma non troppo ; 26epartie, le "jour du dépassement "

À compter de ce jour, l’humanité aura consommé toutes lesressources renouvelables que la Terre peut  pouvoir se régénérer. L’empreinte écologique dépasse alors la biocapacité de la planète ; l’empreinte écologique caractérise la surface de la Terre utilisée par l’Homme pour pêcher, élever, cultiver, déboiser, construire et brûler des énergies fossiles ; la biocapacité, quant à elle, représente la surface de la planète nécessaire pour faire face à ces pressions. Les scientifiques l’appellent le " jour du dépassement ", (Overshoot day, en anglais). L’humanité vit désormais à crédit.

Depuis les années 1970, la date de ce jour du dépassement se dégrade : en 1998, elle avait lieu le 30 septembre ; en 2019, elle arrive deux mois plus tôt, le 29 juillet ; en 2022, le 28 juillet. Le jour du dépassement varie selon les pays, chacun ayant une biocapacité et une empreinte écologique différentes. Pour 2023, le jour du dépassement du Qatar correspond au 22 février ; celui de la France, le 5 mai ; celui de l’Indonésie, le 18 décembre.

Comment cette date est-elle calculée précisément ? Tous les ans, depuis 1990, l’ONG " Global Footprint Network " travaille sur la base de trois millions de données statistiques de 200 pays.


 Selon les données de l’ONG, il aurait fallu, en 2022, 2,8 planètes pour subvenir aux besoins de la population mondiale si chacun sur Terre vivait comme les Français, 5,1 planètes si chacun vivait comme les Américains. À l’inverse, certains pays n'épuisent pas leur biocapacité comme le Congo qui n’en consomme chaque année que la moitié.

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7.8.23

Chroniques de Juillet 2023

par Georges Charles

Dimanche 2 juillet

L’air de la ville rend libre ; 18e partie, l’architecture de " style Paquebot "

Le style Paquebot (Streamline, dans les pays anglo-saxons) est une variante, tardive, du style Art déco, influencée par la construction navale et la naissance des croisières. Ainsi, dans les années 1930, des ingénieurs-architectes ont conçu, dessiné et construit des immeubles semblables à des paquebots transatlantiques qui eux, ressemblaient à des immeubles flottants.

Les paquebots sont comme des immeubles arrachés des villes et que l’on aurait poussés vers la mer, petit à petit, pour les mener à quai. Le style Paquebot va s’étendre à la terre entière, notamment en Méditerranée et dans les Amériques, dans de grandes villes de bord de mer, face au large, que j’ai eu la chance d’arpenter. Marseille, Barcelone,Valence, Naples, Alger, Casablanca, Veracruz, La Havane.

L’objectif était d’installer dans l’espace urbain un objetparticulièrement singulier qui devait symboliser l’équilibre et la force, nécessaires à la navigation sur cet espace urbain.

Lorsqu’il entre en service, le Normandie est le plus grand paquebot du monde. Lors de son voyage inaugural en 1935, il pulvérise le record de traversée de l’Atlantique.

Le Belvédère du Rayon vert,Cerbère, Pyrénées-Orientales, 1932

Quelles sont les caractéristiques du style Paquebot ?

Rondeurs aérodynamiques, oculus en hublots, terrasses en ponts promenades, cheminées, longs balcons filants avec lices tubulaires ou garde-corps en béton plein, sans oublier l’aspect nécessairement effilé de l’édifice.

Les architectes utilisent des matériaux standardisés, produits industriellement et donc peu coûteux tels que le simple tube à gaz, utilisé en plomberie, pour réaliser des rambardes métalliques. Le ciment armé fait révolution dans l’histoire de la fenêtre ; elles peuvent courir d’un bord à l’autre d’une façade.

Les bow-windows à trois pans deviennent un élément presque systématique de composition de façades à partir de 1925 ; les combinaisons les plus fréquentes étant F/BW/F ou BW/F/BW.

L’analogie avec le paquebot n’est pas seulement esthétique, elle concerne également l’organisation de la vie interne : l’immeuble est une entité autonome, la distribution des appartements se fait par des coursives, de la même manière que sont desservies les cabines d’un paquebot.

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7.7.23

Chroniques de Juin 2023

 par Georges Charles

Samedi 1er Juin

On nous cache tout, on nous dit rien ; 18e partie, le syndrome de Gilles de Rais, perversions sexuelles et lutte des classes

Ce n’était pas seulement en qualité de Toulousain que le fiasco médiatico-judiciaire de l’affaire Baudis m’avait indigné ; amateur à la fois d’histoire et de faits divers, intéressé par la psychologie sociale, il m’était apparu que, parfois, une partie de l’opinion cédait au " syndrome de Gilles de Rais ". De quoi s’agit-il ? De l’idée selon laquelle les crimes sexuels les plus sordides seraient le fait des puissants, des riches, des notables, tandis que les victimes seraient les enfants des faibles, des pauvres, des anonymes. Présenter ainsi les choses, n’est-ce-pas flatter cette opinion publique dans son goût pour le manichéisme social ? Pourquoi Gilles de Rais ? Parce qu’il est le premier, connu, d’une longue série.

Gilles de Rais, 1405-1440. Pendant la Guerre de Cent Ans, il a combattu les Anglais aux côtés de Jeanne d’Arc ; promu maréchal deFrance en 1429. En 1440, une enquête est ouverte à propos de rumeurs  qui courent sur des disparitions d’enfants aux alentours des demeures du baron. Arrêté sous les accusations de « meurtres d’enfants, de sodomie,d’invocations de démons, d’offense à la Majesté divine et d’hérésie », il est jugé, condamné à être pendu, puis brûlé, le 28 octobre 1440.

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20.6.23

Que s'est-il passé le 16 juin 2023, à Vagney ?

Simplement une fête très spéciale à laquelle nos amis Gabriel et Maryvonne avaient convié beaucoup, beaucoup d'amis, c'est-à-dire autant que la salle pouvait en contenir, soit 163 personnes.
Je dirais : une Saint-Charlemagne pour des potaches un peu plus âgés qu'à l'habitude et des potaches aguerris à des propos quelque peu grivois.
En tout, deux heures de one man show pour "Sir Gabriel Barnett"  (prononcer à l'Anglaise) sous la forme d'un cours d'histoire du Moyen Âge interprété sur un mode "barnésien" ironique.

Ce 16 juin, Gabriel avait repris pour nous son pupitre de prof d'histoire avec beaucoup de plaisir et je pense que plus d'un professeur aujourd'hui apprécierait de travailler avec des élèves aussi intéressés en face d'eux : tous avaient le regard rivé sur leur professeur et tous buvaient ses paroles. Ah si tous les cours d'histoire pouvaient être aussi plaisants !

Mais, deux heures de spectacle pour combien d'heures de travail, combien de mots tournés et retournés dans la tête de Gabriel ???
Et combien d'heures passées à réaliser un décor mobile composé de multiples petits objets qu'il manipulait constamment.
Tous ces objets étaient de fabrication barnésienne : des panneaux d'affichage, une horloge, des vitraux et cetera.

Comme à son habitude, notre ami Gabriel a fait preuve d'une énergie peu commune tout au long de la soirée contrairement à son aide dans les coulisses qui a fini épuisé à la fin du spectacle.

Gabriel, on t'embrasse !


Ginette



 

7.6.23

Chroniques de Mai 2023

par Georges Charles

Mardi 2 mai

La loi du genre ; 56e partie, le " fardeau du mâle blanc "

La " crise de la masculinité " est un concept sociologique qualifiant un ensemble de doutes et de remises en cause qu’auraient à subir les hommes occidentaux depuis plusieurs décennies, en particulierdepuis la libération sexuelle de la femme, permise notamment par la généralisation de la contraception et la légalisation de l’avortement. Ces évolutions auraient entraîné une redéfinition du rôle social des individus de sexe mâle et un bouleversement des normes attachées à la virilité et à la paternité.

La domination masculine s’insère historiquement dans le cadre de la domination des dieux. Elles ont modelé ensemble, à des niveaux différents, l’existence collective ; elles s’effacent en même temps.

Avec  quelle promptitude la figure du père s’est diluée ! Hierencore, à l’intérieur de la petite société domestique, le " chef de famille " faisait figure de magistrat chargé d’en représenter les intérêts auprès de la grande société, tout en représentant la loi de cette dernière et en s’appliquant à la faire respecter, au sein de sa petite société. « Dieu le père », « Notre Père qui es aux cieux »…

La masculinité ne se réduisait ni à la paternité, ni à la virilité ; elle était légitimée par la reproduction culturelle, jugée supérieure à la reproduction charnelle. Cependant, il faut reconnaître, surtout lorsqu’on est un mâle blanc, que la domination masculine et les privilèges associés se payaient parfois bien cher et les contraintes de l’assignation virile pouvaient être rudes.

Aujourd’hui, rien n’interdit à une femme de se vouloirdépendante d’un homme ; rien n’interdit à un homme de souhaiter réincarner le pater familias à l’ancienne. Le conformisme d’hier deviendrait alors le non-conformisme d’aujourd’hui.

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6.5.23

Chroniques d'Avril 2023

par Georges Charles

Dimanche 2 avril

Mens sana in corpore sano ; 57e partie, la bicyclette en chanson

En mai 1968, il avait fallu réapprendre à se servir d’un vélo, quand les pompes à essence étaient vides. Tout cycliste de cette époque avait dû, une fois ou l’autre, fredonner cette chanson.

La bicyclette, 1968, musique de Francis Lai, paroles de Pierre Barouh, interprétée par Yves Montand.

Quand on partait de bon matin
Quand on partait sur les chemins
A bicyclette
Nous étions quelques bons copains
Y avait Fernand y avait Firmin
Y avait Francis et Sébastien
Et puis Paulette 

Quand on approchait la rivière
On déposait dans les fougères
Nos bicyclettes
Puis on se roulait dans les champs
Faisant naître un bouquet changeant
De sauterelles, de papillons
Et de rainettes

On était tous amoureux d’elle
On se sentait pousser des ailes
A bicyclette
Sur les petits chemins de terre
On a souvent vécu l’enfer
Pour ne pas mettre pied à terre
Devant Paulette
 

Faut dire qu’elle y mettait du coeur
C’était la fille du facteur
A bicyclette
Et depuis qu’elle avait huit ans
Elle avait fait en le suivant
Tous les chemins environnants
A bicyclette
 

Quand le soleil à l’horizon
Profilait sur tous les buissons
Nos silhouettes
On revenait fourbus contents
Le coeur un peu vague pourtant
De n’être pas seul un instant
Avec Paulette
 

Prendre furtivement sa main
Oublier un peu les copains
La bicyclette
On se disait c’est pour demain
J’oserai, j’oserai demain
Quand on ira sur les chemins
A bicyclette

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6.4.23

Chroniques de Mars 2023

 par Georges Charles

Vendredi 3 mars

On nous cache tout, on nous dit rien ; 14e partie, La face cachée du " Monde ", 2003

Lors de mon séjour à l’hôpital, en février 2003, un collègue avait eu la bonne idée de m’offrir un livre-pamphlet qui venait de paraître, La face cachée du Monde (1), de Pierre Péan et Philippe Cohen. Un soir, à la télévision, je découvrais le triumvirat qui dirigeait à l’époque le quotidien dit " de référence " ; il venait répondre aux attaques lancées par les auteurs. L’ouvrage, résultat de deux ans d’enquêtes, avait connu un succès commercial peu commun, atteignant 60 000 exemplaires vendus le premier jour et plus de 200 000 au total.

La direction du " Monde ", quel attelage ! L’intriguant Jean-Marie Colombani, le libéral Alain Minc, le gauchiste Edwy Plenel. Les Pieds nickelés du journal.

Les Pieds nickelés est une série de bande dessinée publiée pour la première fois le 4 juin 1908, dans la revue " L’Épatant ". Elle détient le record de longévité pour une bande dessinée française : 107 ans, jusqu’en 2015. La série met en scène trois personnages, Croquignol, Filochard et Ribouldingue, trois filous, à la fois escrocs, hâbleurs et fainéant.



Croquignol, Filochard et Riboudingue
 

Jean-Marie Colombani, Croquignol


Alain Minc, Filochard

 

Edwy Plenel, Ribouldingue

Selon Péan et Cohen, le trio qui avait conquis en 1994 la direction du " Monde " aurait installé le journal au coeur des réseaux de pouvoir français. Du soutien supposé à Balladur lors de la campagne électoralepour la présidentielle en 1995, à l’appui au processus de Matignon en Corse, lancé par Lionel Jospin en 2000, en passant par des campagnes contre les « nouveaux réactionnaires », le quotidien soutenait ou discréditait hommes politiques, patrons et intellectuels, selon ses intérêts propres et ses choix partisans. Usant de son pouvoir d’intimidation, " LeMonde " aurait  insidieusement glissé de son rôle de contre-pouvoir vers l’abus de pouvoir permanent.

Au terme d’une procédure de médiation, les auteurs avaient accepté de ne procéder à aucun retirage du livre ; en échange, les dirigeants du " Monde ", qui réclamaient deux millions d’euros de dommages et intérêts, renonçaient à leurs plaintes pour diffamation.

(1)  La blague avait été faite : la « farce cachée du Monde ».

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5.3.23

Chroniques de Février 2023

 par Georges Charles

Jeudi 2 février

Événements 2003 ; endartériectomie de la bifurcation iliaque droite

Ma précédente affection grave, une pneumopathie en 1997. C’est après la guérison que j’avais décidé de courir. Je me pensais alors à l’abri de nouveaux soucis de mobilité, avec une course à pied d’une dizaine de kilomètres au moins deux fois par semaine et une pratique quotidienne du vélo.

Vingt ans après, le souvenir est resté précis. En septembre 2002, je parcours un circuit de course à pied, dans les environs de Villeneuved’Aveyron, au lieu-dit " Les Bories ", près de la D 40 menant à Salles- Courbatiers. Brusquement, une douleur vient me mordre le mollet droit. Fatigue musculaire, crampe, sciatique, tendinite ? Les jours suivants, la douleur s’installe, même à la marche, avec la claudication qui va avec. Consultation du généraliste, puis écho-doppler artériel et veineux en clinique. Bilan : « pas de lésion artérielle ; pas de thrombose veineuse profonde, pas d’aspect de compression, pas d’incontinence veineuse superficielle. » En résumé, tout va bien… et j’ai toujours mal, la douleur se diffusant selon un trajet fesse-cuisse-mollet.

Autre médecin, spécialiste en médecine du sport. Bilan : « souffrance radiculaire »… Janvier 2003, la douleur est permanente et l’extrémité du pied droit se refroidit. Février 2003, lors d’un séjour à Toulon ; consultation en urgence, écho-doppler artériel en urgence ; sténose iliaque droite serrée, avec probable embolie distale. La circulation artérielle dysfonctionne gravement.

Rencontre avec le professeur André Barret, une " pointure ", patron du service de chirurgie vasculaire et angiologie à l’hôpital Purpan. Après des diagnostics erratiques, le professeur confirme celui de Toulon : pouls fémoral faible, les autres pouls sont diminués ou abolis. La coloration des orteils évoque un " Blue toe syndrom ". L’hospitalisation est indispensable.

Mars 2003 ; endartériectomie de la bifurcation iliaque droite, avec fermeture par patch prothétique. Bons résultats à l’eccho-doppler artériel. Une semaine d’hôpital, un mois de repos avant de reprendre le travail.

Juin 2003 ; contrôle, trois mois après l’opération. Satisfaisant. Reprise des activités sportives… jusqu’à juillet 2017 et une angioplastie aux deux jambes, jusqu’à novembre 2018 et une nouvelle intervention, jusqu’à l’été 2021 où les circulations artérielle et veineuse apparaissent comme durablement altérées. Une seule solution : marcher !


Chaque accident de santé sérieux est le passage d’un " avant " vers un " après ". Lorsqu’on s’en sort, on éprouve une béatitude de prisonnier gracié. La maladie nous refonde, sans que nous nous en apercevions. Une mutation a eu lieu, l’esprit a tourné ; notre manière de vivre change.

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7.2.23

Chroniques de Janvier 2023

 par Georges Charles

Dimanche 1er Janvier

Claude Valroff Photographe Vosgien

Les deux photographies suivantes ont été prises depuis le balcon direction sud-ouest, soleil couchant sur Toulouse,31 décembre 2022.


 

8.1.23

Chroniques de Décembre 2022

 par Georges Charles

Jeudi 1er Décembre

Quand la musique est bonne ; 38e partie, Jean-Michel Jarre, lebaby-boomer de l’électro

La décennie 1970 promettait un avenir radieux ; elle s’ouvrait sur une période marquée par la prospérité économique, la révolution sexuelle et la conquête spatiale. Les designers, les architectes, les musiciens, les graphistes et les dessinateurs de bandes dessinées avaient l’impression de toucher le futur. Question " modernité ", la France n’était pas en reste : projets d’autoroutes, de TGV, le Concorde traversait l’Atlantique en quatre heures ; Courrège et Paco Rabanne dessinaient une mode géométrique ; Moebius et Philippe Druillet développaient dans leurs bandes dessinées des thèmes de science-fiction. Il était logique que la musique accompagnât ce mouvement.

Jean-Michel Jarre fait partie des musiciens français les plus connus à travers le monde (85 millions d’albums vendus). Fils de Maurice Jarre, compositeur de musiques de scènes et de films et de France Pejot, ancienne résistante, Jean-Michel Jarre est né à Lyon en 1948. Disciple de Pierre Schaeffer et de Pierre Henry (voir chroniques de juillet 2022), il a popularisé la musique électronique avec Oxygène(1976, l’album de musique électronique le plus vendu dans le monde) et Équinoxe (1978).

Showman de talent, Jean-Michel Jarre s’était fait une spécialitédes " mega-concerts " ; spectacle total mêlant musique, jeux de lumières, lasers, effets pyrotechniques et projections géantes.

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6.1.23

2023 !


 Meilleurs Voeux de bonne santé et de bonheur à tous les membres du groupe "Bac 65". 

Toutes mes amitiés.

 Claude V.                                 

Voeux de Ginette pour 2023

 Remiremont le 5/01/2023

 

Chers amis,

 

Un concert de musique de Noël à Vienne, ce soir dans mon salon à Remiremont, va t-il m’inspirer les bons mots pour vous exprimer mes vœux en ce début de 2023 ? 

Avoir des idées claires, l’esprit léger, un horizon dégagé avec plein d’envies et de projets, sont-ils devenus des utopies ? La période dans laquelle nous vivons depuis deux ans semble m’embuer l’esprit.

Mais cela ne m’empêche pas de penser à vous !

On ne peut nier que l’année 2022 s’est terminée en nous laissant un arrière goût de malaise et beaucoup d’appréhension pour l’avenir, en particulier pour celui de nos petits-enfants.

Le covid, la guerre en Ukraine, la crise climatique, des accidents de santé, la solitude ou encore des soucis de chauffage chez certains d’entre nous, en portent la responsabilité.

Il n’est plus là le temps où on se souhaitait tout bêtement du bonheur, sans douter de ce qu’on affirmait. Ce rêve n’est plus d’actualité. Alors pourquoi aujourd’hui ne pas chercher tout simplement des petits bonheurs au jour le jour ?

Je souhaite à chacun de vous de trouver quantité de raisons de se réjouir au cours de cette année, je souhaite que chacun de vous ne manque aucune occasion de passer un bon moment et surtout qu’il ressente l’envie de les chercher ! 

Pourquoi pas se laisser simplement envahir par l’émotion devant un beau ciel bleu ou devant un paysage de neige, savoir s’arrêter pour écouter le chant des oiseaux, prendre plaisir à randonner ou à partager un repas avec des amis.

Savez-vous encore vous émerveiller devant des fleurs au bord du chemin, éprouver du plaisir à voir pousser des graines récemment semées ou encore vous émouvoir en écoutant de la musique ?

Et puis, afin que personne ne se morfondre seul de son côté, j’aimerais vous rappeler que nous sommes tous ensemble dans la même barque, tous en route pour la même nouvelle année, tous avec le même nombre d’années sur le dos…le même bac !! et, pour la plupart, avec les mêmes préoccupations.

Je pense qu’il faut chercher obstinément le positif, il se cache parfois dans les tout petits détails.

Je sais que chacun de nous peut compter sur un ou une amie dans notre groupe, mon petit doigt me raconte fréquemment des petites histoires qui se passent entre vous et cela me réjouit beaucoup. D’année en année, depuis seize années, je continue à découvrir les liens d’amitié qui nous réunissent et qui nous font du bien, j’en suis profondément touchée et heureuse.

Ne sommes-nous pas devenus un peu comme de « vieux «  cousins qu’on aime retrouver de temps en temps… nous avons tant de choses à nous raconter !

Mon souhait est que ces liens perdurent, pour cela n’hésitons pas à les entretenir chacun à notre façon ! L’amitié, aujourd’hui, a plus de sens que jamais : un coup de téléphone, une visite, une invitation peuvent transformer une journée maussade en un petit moment de bonheur qui se prolongera grâce aux photos prises avec nos inséparables téléphones portables en attendant la suivante.

Bonne année 2023, je vous embrasse,

 

Ginette                

7.12.22

Chroniques de Novembre 2022

par Georges Charles

Mardi 1er novembre

Écolo sì, ma non troppo ; 21e partie, les rapports du GIEC

Depuis plusieurs années, nous sommes régulièrement informés de la publication des rapports du GIEC.

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a été créé en 1988 par deux i nstitutions des Nations unies, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme desNations unies pour l’environnement (PNUE). Sa mission est d’évaluer l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses conséquences ; il identifie également les possibilités de limiter l’ampleur du réchauffement et la gravité de ses impacts.

Le rapport du GIEC d’août 2019 portait sur « les changements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Si le document rappelait que « l’augmentation des surfaces consacrées à l’agriculture et la hausse de la productivité ont permis de soutenir la consommation alimentaire d’une population en hausse », il soulignait également que ces changements avaient contribué à la hausse des émissions de gaz à effet de serre, à la perte d’écosystèmes naturels et au déclin de la biodiversité.

L’agriculture, l’exploitation forestière et autres activités liées à l’utilisation de la terre représentaient en moyenne 23 % des émissions nettes de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine ; en y ajoutant les industries de transformation des aliments, cette part montait à 37 %. Les auteurs du rapport s’étaient également penchés sur le système alimentaire mondial. Depuis 1961, la consommation par personne d’huiles végétales et de viande avait plus que doublé, quand la consommation de calories alimentaires augmentait d’un tiers. Les experts précisaient qu’environ 800 millions de personnes souffraient de la faim, deux milliards d’adultes étaient obèses ou en surpoids et 20 % de la nourriture était gaspillée…

En août 2021, le GIEC présentait les connaissances les plus avancées et récentes sur le réchauffement climatique, qui serait sur le point d’atteindre + 1,5 °C dès 2030, soit 10 ans plus tôt que la précédente estimation. Le rapport d’avril 2022 propose toute une série de recommandations pour limiter notre impact sur l’environnement, réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter le réchauffement climatique : remplacement des énergies fossiles, captage de CO 2 , réduction de la demande énergétique, recyclage des déchets, transports écologiques…

À chaque rapport, les experts du GIEC ne nous donneraient plus que quelques années pour modifier nos modes de production et nos modes de vie, avant la catastrophe ! Les habitants de la planète Terre sont comme ces soldats des opéras classiques qui piétinent sur place en chantant : « Marchons ! Marchons ! » Pour paraphraser une formule célèbre du président Chirac, l’immense majorité des habitants de la planète accueillent ainsi les rapports du GIEC : « cela leur en touche une, sans faire bouger l’autre. »

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5.11.22

Chroniques d'Octobre 2022

 Par Georges Charles

Samedi 1er octobre

Douce France ; 65e partie, pourquoi ces périples ?

Cet été, les trois régions préférées des touristes : Nouvelle- Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Des France en miniature : du littoral, des montagnes, des paysages ruraux variés, des métropoles, des cultures différentes.

Cela fait un certain temps que je m’interroge sur ce qui me motive dans ces périples.

Le plaisir de conduire. Les routes secondaires françaises sont peut-être parmi les plus belles du monde. Elles conduisent avec fantaisie vers la toison sombre des forêts, le vert des prairies, l’ocre brun des champs labourés, les villages campés sur les cambrures du relief, les sinuosités de rivières minuscules. Elles permettent d’être attentif au moment où les toits changent de formes ou de matériaux ; elles révèlent la divergence, le contraste, la rupture, la frontière entre de petits pays.

Le goût des vieilles pierres. Je suis capable de faire un détour significatif pour certaines, notamment celles peu connues des touristes.

Un certain " tropisme " pour des territoires d’Occitanie semidésertiques : le causse de Gramat, dans le Lot, La Margeride en Lozère, l’Aubrac, à cheval sur l’Aveyron, le Cantal et la Lozère, les causses de Sauveterre, Méjean, du Larzac, entre Lozère, Aveyron et Hérault…. 

S’arrêter quelque part, de préférence en hauteur, en un lieu où la vue embrasse les paysages à 360 °, sur des dizaines de kilomètres. Contempler. Ça apaise, en général. Cette aspiration au silence, aux étendues désertes, n’est-elle pas naturelle pour quelqu’un qui, comme moi, habite toute l’année ou presque dans une grande métropole.

Un certain goût pour la solitude, à petites doses.

Il voyage en solitaire
Et nul ne l’oblige à se taire
Il chante la terre
Et c’est une vie sans mystère
Qui se passe de commentaire
Pendant des journées entières
Il chante la terre 

Gérard Mancet, 1988

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5.10.22

Chroniques de Septembre 2022

 par Georges Charles

Vendredi 2 septembre

Écolo sì, ma non troppo ; 16e partie, l’agriculture urbaine écologique à Cuba, faire de nécessité vertu
 

Au début des années 1990, Cuba avait perdu le soutien économique de l’URSS, empire en voie de désagrégation. En cinq ans, le PIB cubain baissait de 35 % et le pouvoir d’achat de 50 %. Faute de pétrole et de fertilisants que le " grand frère " soviétique ne fournissait plus, le secteur agricole s’était effondré.

Poussés par la faim, les Cubains se mirent à semer et à planter. Dans les villes, 400 000 exploitations (chiffres de 2015) fournissent des fruits et des légumes, grâce à des engrais et insecticides bio. À La Havane, agglomération de deux millions d’habitants, 35 000 ha sont en production, suffisamment pour couvrir la moitié des besoins alimentaires en fruits et légumes. Dans ces fermes citadines, les tracteurs ont été remplacés par des boeufs.

Deux catégories d’exploitation : les huertos intensivos (jardins intensifs, l’équivalent des jardins familiaux) et les organopónicos, des fermes coopératives. L’objectif premier de ces plantations n’est pas de faire négoce, mais d’alléger la part de l’alimentation dans le budget des familles. L’État fournit semences, bio-fertilisants, outillage, matériel d’irrigation et conseils techniques ; en retour, il perçoit 20 % des récoltes, qui sont répartis dans les écoles, les hôpitaux et les maisons de retraite. Les 80 % restants peuvent être vendus, à des tarifs plafonnés. Les nouveaux cultivateurs s’y retrouvent-ils ? Ils consomment des produits frais et gagnent trois fois plus que lorsqu’ils étaient salariés de l’État.

À l’ombre des immeubles de Santa Clara, à l’est de La Havane, sur un ancien terrain vague, poussent épinards, laitues…

Le  rêve des écologistes serait-il devenu réalité à Cuba ? Cette" révolution verte ", née de la nécessité et non d’un choix démocratiquement débattu dans la population cubaine, n’est rien d’autre qu’une solution marchande dans le cadre d’une société étatisée. Resterat-elle valable, en cas de changement du contexte économique ? Aujourd’hui encore, Cuba importe environ 70 % de son alimentation.

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7.9.22

Chroniques d'Août 2022

 par Georges Charles

Mercredi 3 août

Le despotisme oriental ; 2e partie, une brève histoire de la Russie

Du milieu du XIIIe à la fin du XVe siècle, la principauté de Moscou a vécu sous le joug des Tataro-Mongols ; elle en a gardé le despotisme lourd, la soumission du peuple aux nobles, les boyards. En absorbant progressivement d’autres territoires, la principauté de Moscou devient un empire sous Ivan IV dit " le Terrible ", qui prend en 1547 le titre de « tsar de toutes les Russies ». Pierre, dit " le Grand " (1672- 1725), contemporain de Louis XIV, avait voulu " civiliser " la Russie ; il aura recours à des administrateurs, des bureaucrates et des instructeurs étrangers pour tenter de " dresser " les Russes et leur inculquer les valeurs de la civilisation occidentale.

Peut-on comparer le despotisme oriental russe et la monarchie absolue française ? Dans le premier cas, il n’y a aucune institution telle qu’un parlement, aucune classe sociale telle qu’une bourgeoisie marchande ou une aristocratie terrienne, pour contester l’absolutisme ; les nobles sont les valets du tsar, propriétaire de " toutes les Russies ", qui leur octroie des fiefs quand ils le servent militairement.

La monarchie absolue française s’est, elle, caractérisée par l’intervention de l’État pour imposer son arbitrage à deux classes sociales en conflit, la bourgeoisie ascendante et la noblesse, toujours puissante.

Au milieu du XIXe siècle, l’intelligentsia russe se divisait en deux camps : les slavophiles et les occidentaux. Ils étaient tous d’accord pour constater l’originalité absolue, par rapport à l’Europe, du développement de la Russie, mais les slavophiles estimaient que cette situation était fondamentalement saine et qu’il n’y avait point de salut pour les Russes en dehors de leurs traditions nationales ; les occidentaux estimaient au contraire que la Russie ne pouvait avoir d’autre perspective que de se rapprocher rapidement des conditions établies dans les pays de l’ouest européen.

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7.8.22

Chroniques de Juillet 2022

par Georges Charles

Vendredi 1er juillet

Au nom du peuple français ; 12e partie, le procès du " violeur de la Sambre " 

C’est un procès hors-norme, au vu du nombre des victimes. Dino Scala, surnommé le " violeur de la Sambre ", était jugé depuis le 10 juin dernier devant les assises du Nord pour des viols et agressions sexuelles ; 17 viols, 12 tentatives de viol, 27 agressions ou tentatives d’agression sexuelle sur 56 femmes, âgées de 13 à 48 ans, entre 1988 et 2018.

 Cet ouvrier au casier judiciaire vierge, marié et père de trois enfants, avait été interpellé en février 2018 devant son domicile de Pontsur-Sambre (Nord), dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte en 1996.

En garde à vue, il avait reconnu s’en être pris à plusieurs dizaines de femmes, affirmant avoir agi « sous le coup de pulsions qu’il ne parvenait pas à contrôler ». Il était soupçonné d’avoir sévi dans plusieurs localités du bassin de la Sambre, rivière qui traverse la frontière francobelge.

Après trois semaines de procès, les jurés de la cour d’assises de Douai ont reconnu Dino Scala coupable et l’ont condamné à la peine maximale encourue, 20 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers.

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6.7.22

Chroniques de Juin 2022

 par Georges Charles

Jeudi 2 juin

La société de consommation ; 5e partie, le temps du " café chaussette"  

Au début du XVIIe siècle, les marchands italiens, spécialisés dans le commerce des épices entre l’Asie, l’Orient et l’Europe, furent les premiers à introduire le café (1) en Europe.

 « Racine passera, comme le café ! » est une phrase attribuée, à tort, à la marquise de Sévigné. Elle était néanmoins convaincue que la ferveur suscitée par le théâtre de Racine allait bientôt s’éteindre, comme la vogue du café à l’époque. Or, la suite des événements a montré que l’oeuvre de Racine et le café étaient devenus des classiques de la civilisation française… 

Le mot " café " est également synonyme de débit de boissons. Le bistrot de village de mes parents s’appelait : " Café Charles ".

Quantité de caféine absorbée par jour et par habitant par boisson de café (en brun) ou de thé (en vert), ainsi que la somme des deux (en blanc), données FAO 1995


 Au XIXe siècle, les moulins à café entraient dans de nombreux foyers ; le premier modèle de la société Peugeot Frères date de 1832



Personnellement, j’ai vécu toutes ces étapes, depuis le café de grand-mère jusqu’à celui de George Clooney. Au temps de mon enfance en Lorraine, on ajoutait parfois de la chicorée au café, pour adoucir le breuvage ; une pratique courante en Belgique et dans le Nord de la France, là où la chicorée pousse le mieux. Le contact physique avec les produits bruts était permanent : le café était acheté en grains, qu’il fallait moudre avec un moulin à café manuel ; remplir le filtre (la " chaussette ") de la moulure, sur laquelle on versait de l’eau frémissante ; après dégustation, il fallait se coltiner la tâche, ingrate et salissante, de nettoyer le filtre et de jeter le marc de café, substance sombre et humide, dans la poubelle. Puis sont arrivés les moulins à café électriques, le café moulu, les filtres en papier.

Il suffisait d’y penser : pour remplacer la cafetière à chaussette, Melitta Bentz eut l’idée d’utiliser un buvard pour s’en servir de filtre. L’invention fut rapidement brevetée et ainsi naquit la marque Melitta.

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6.6.22

Chroniques de Mai 2022

 par Georges Charles

Lundi 2 mai

La société de consommation ; 4e partie, Les choses, GeorgesPerec, 1965 

J’ai eu personnellement la chance de découvrir Georges Perec dès la sortie de son premier roman ; Prix Renaudot et grand succès public, 100 000 exemplaires la première année. 

Le roman a pour sous-titre : Une histoire des années soixante. Son action se situe au coeur des Trente Glorieuses, dans ces années qui voient l’essor de ce qu’on appelle la " société d’abondance " ou la " société de consommation ".

Un jeune couple, Jérôme et Sylvie, lancés dans la vie active après des études universitaires écourtées, rêvent de devenir riches tout en préservant leur liberté. Ils se font embaucher par des agences de publicité pour lesquelles ils se livrent à des enquêtes de motivation sur la consommation des ménages, alors en plein essor. Ces emplois précaires ne leur permettent pas de faire fortune, alors qu’ils sont taraudés par mille tentations. 

Les rues ne sont pour eux qu’une immense vitrine où se succèdent les antiquaires, les grands restaurants, les agences de voyage, les tailleurs, les chausseurs, les confiseurs. Ils sont fascinés, non pas par les marchandises elles-mêmes, mais par l’image de soi que leur possession symbolise. Ces petits-bourgeois, un peu libertaires, doivent constater avec amertume la disproportion qui existe entre leurs désirs et leur compte en banque. Les Choses, roman de la frustration, des appétits inassouvis.

Pour échapper à une vie qu’ils jugent étriquée et frustrante, parce qu’elle ne leur permet pas d’acquérir les " choses " dont ils rêvent, Jérôme et Sylvie partent en Tunisie, en coopération postcoloniale, dans un pays encore à l’écart de la société de consommation. Ils reviennent en France et entrent comme cadres dans une agence publicitaire. Bien payés, bien logés, bien nourris… Enfin à eux le divan Chesterfield, les tapis de soie, les bibliothèques de chêne clair. Mais finie la liberté !

L’influence de Flaubert sur Perec est visible : le regard ironique, la structure des phrases, l’usage privilégié de l’imparfait de l’indicatif. L’auteur l’a revendiqué lui-même, en parlant de son roman, « construit sur le modèle de L’Éducation sentimentale ». Je ne pouvais qu’apprécier, dans la mesure où, comme pour Les choses, la lecture du roman de Flaubert avait constitué une étape importante dans ma propre formation culturelle.

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5.5.22

Chroniques d'Avril 2022

 par Georges Charles

Samedi 2 avril

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, printemps 2002 ; 1ère partie, l’histoire du pèlerinage

Dans la série " Contes et légendes " chrétiennes, voici celle de Jacques de Zébédée, ou Jacques le Majeur, ou Saint Jacques. Juif de Galilée, pêcheur du lac de Tibériade, l’un des douze apôtres de Jésus- Christ et frère de Jean. Toujours selon la légende, au VIIe siècle, les restes de son corps (que l’on se permette d’imaginer dans quel état étaient ces restes, 700 ans après…) auraient été amenés en Galice par des disciples, puis enterrés. Vers 820, une miraculeuse " pluie d’étoiles " aurait signalé l’emplacement du tombeau. Champ d’étoiles, campus stellae, Compostelle.

Selon l’état actuel de la recherche historique, il n’y a, en dehors du Nouveau Testament, aucune preuve de l’historicité de ce fameux Jacques. Par contre, la " découverte " des reliques survient à un moment particulier de l’histoire de l’Espagne, le début de la Reconquista des terres musulmanes de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. D’où la légende de Saint Jacques Matamoros (" tueur de Maures ")


Le pèlerinage de Compostelle devient, à partir du XIe siècle, un emps fort pour la chrétienté médiévale : c’est plus près que Jérusalem et surtout, le voyage est moins périlleux. Chaque année, au printemps, des centaines de milliers de pèlerins se mettent en route. Pour comprendre le phénomène que représentent ces transhumances annuelles et régulières, on peut les comparer aux départs en vacances d’été vers les plages de l’Atlantique et de la Méditerranée.

En France, quatre itinéraires, quatre caminos. Depuis Paris, la via Turonensis ; depuis Vézelay, la via Lemovicensis ; depuis Le Puy-en- Velay, la via Podiensis (c’est le seul itinéraire que je connaisse, pour en avoir parcouru une étape, dans l’Aubrac) ; depuis Arles, la via Tolosana. Les trois premiers itinéraires se rejoignent à Ostabat-Asme, en amont de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées-Atlantiques.


Ce pèlerinage, très populaire du XIe au XIIIe siècle, perd peu à peu de son attrait. Il reprend à la fin du XXe siècle en se conjuguant avec l’essor de la pratique de la randonnée. Les chemins de Compostelle ont été déclarés en 1987 " Premier itinéraire culturel " par le Conseil de l’Europe. Depuis le début du siècle, les chemins attirent plus de 200 000 pèlerins et/ou marcheurs chaque année.

En ce qui nous concerne, nous avons choisi de faire cepèlerinage… en voiture depuis Toulouse, avec possibilité d’escapades le long de l’itinéraire officiel du camino francés, en Espagne.

 

Via Podiensis, dans l’Aubrac 

Camino francés, entre Burgos et Léon

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