7.9.22

Chroniques d'Août 2022

 par Georges Charles

Mercredi 3 août

Le despotisme oriental ; 2e partie, une brève histoire de la Russie

Du milieu du XIIIe à la fin du XVe siècle, la principauté de Moscou a vécu sous le joug des Tataro-Mongols ; elle en a gardé le despotisme lourd, la soumission du peuple aux nobles, les boyards. En absorbant progressivement d’autres territoires, la principauté de Moscou devient un empire sous Ivan IV dit " le Terrible ", qui prend en 1547 le titre de « tsar de toutes les Russies ». Pierre, dit " le Grand " (1672- 1725), contemporain de Louis XIV, avait voulu " civiliser " la Russie ; il aura recours à des administrateurs, des bureaucrates et des instructeurs étrangers pour tenter de " dresser " les Russes et leur inculquer les valeurs de la civilisation occidentale.

Peut-on comparer le despotisme oriental russe et la monarchie absolue française ? Dans le premier cas, il n’y a aucune institution telle qu’un parlement, aucune classe sociale telle qu’une bourgeoisie marchande ou une aristocratie terrienne, pour contester l’absolutisme ; les nobles sont les valets du tsar, propriétaire de " toutes les Russies ", qui leur octroie des fiefs quand ils le servent militairement.

La monarchie absolue française s’est, elle, caractérisée par l’intervention de l’État pour imposer son arbitrage à deux classes sociales en conflit, la bourgeoisie ascendante et la noblesse, toujours puissante.

Au milieu du XIXe siècle, l’intelligentsia russe se divisait en deux camps : les slavophiles et les occidentaux. Ils étaient tous d’accord pour constater l’originalité absolue, par rapport à l’Europe, du développement de la Russie, mais les slavophiles estimaient que cette situation était fondamentalement saine et qu’il n’y avait point de salut pour les Russes en dehors de leurs traditions nationales ; les occidentaux estimaient au contraire que la Russie ne pouvait avoir d’autre perspective que de se rapprocher rapidement des conditions établies dans les pays de l’ouest européen.

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7.8.22

Chroniques de Juillet 2022

par Georges Charles

Vendredi 1er juillet

Au nom du peuple français ; 12e partie, le procès du " violeur de la Sambre " 

C’est un procès hors-norme, au vu du nombre des victimes. Dino Scala, surnommé le " violeur de la Sambre ", était jugé depuis le 10 juin dernier devant les assises du Nord pour des viols et agressions sexuelles ; 17 viols, 12 tentatives de viol, 27 agressions ou tentatives d’agression sexuelle sur 56 femmes, âgées de 13 à 48 ans, entre 1988 et 2018.

 Cet ouvrier au casier judiciaire vierge, marié et père de trois enfants, avait été interpellé en février 2018 devant son domicile de Pontsur-Sambre (Nord), dans le cadre d’une enquête judiciaire ouverte en 1996.

En garde à vue, il avait reconnu s’en être pris à plusieurs dizaines de femmes, affirmant avoir agi « sous le coup de pulsions qu’il ne parvenait pas à contrôler ». Il était soupçonné d’avoir sévi dans plusieurs localités du bassin de la Sambre, rivière qui traverse la frontière francobelge.

Après trois semaines de procès, les jurés de la cour d’assises de Douai ont reconnu Dino Scala coupable et l’ont condamné à la peine maximale encourue, 20 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers.

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6.7.22

Chroniques de Juin 2022

 par Georges Charles

Jeudi 2 juin

La société de consommation ; 5e partie, le temps du " café chaussette"  

Au début du XVIIe siècle, les marchands italiens, spécialisés dans le commerce des épices entre l’Asie, l’Orient et l’Europe, furent les premiers à introduire le café (1) en Europe.

 « Racine passera, comme le café ! » est une phrase attribuée, à tort, à la marquise de Sévigné. Elle était néanmoins convaincue que la ferveur suscitée par le théâtre de Racine allait bientôt s’éteindre, comme la vogue du café à l’époque. Or, la suite des événements a montré que l’oeuvre de Racine et le café étaient devenus des classiques de la civilisation française… 

Le mot " café " est également synonyme de débit de boissons. Le bistrot de village de mes parents s’appelait : " Café Charles ".

Quantité de caféine absorbée par jour et par habitant par boisson de café (en brun) ou de thé (en vert), ainsi que la somme des deux (en blanc), données FAO 1995


 Au XIXe siècle, les moulins à café entraient dans de nombreux foyers ; le premier modèle de la société Peugeot Frères date de 1832



Personnellement, j’ai vécu toutes ces étapes, depuis le café de grand-mère jusqu’à celui de George Clooney. Au temps de mon enfance en Lorraine, on ajoutait parfois de la chicorée au café, pour adoucir le breuvage ; une pratique courante en Belgique et dans le Nord de la France, là où la chicorée pousse le mieux. Le contact physique avec les produits bruts était permanent : le café était acheté en grains, qu’il fallait moudre avec un moulin à café manuel ; remplir le filtre (la " chaussette ") de la moulure, sur laquelle on versait de l’eau frémissante ; après dégustation, il fallait se coltiner la tâche, ingrate et salissante, de nettoyer le filtre et de jeter le marc de café, substance sombre et humide, dans la poubelle. Puis sont arrivés les moulins à café électriques, le café moulu, les filtres en papier.

Il suffisait d’y penser : pour remplacer la cafetière à chaussette, Melitta Bentz eut l’idée d’utiliser un buvard pour s’en servir de filtre. L’invention fut rapidement brevetée et ainsi naquit la marque Melitta.

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6.6.22

Chroniques de Mai 2022

 par Georges Charles

Lundi 2 mai

La société de consommation ; 4e partie, Les choses, GeorgesPerec, 1965 

J’ai eu personnellement la chance de découvrir Georges Perec dès la sortie de son premier roman ; Prix Renaudot et grand succès public, 100 000 exemplaires la première année. 

Le roman a pour sous-titre : Une histoire des années soixante. Son action se situe au coeur des Trente Glorieuses, dans ces années qui voient l’essor de ce qu’on appelle la " société d’abondance " ou la " société de consommation ".

Un jeune couple, Jérôme et Sylvie, lancés dans la vie active après des études universitaires écourtées, rêvent de devenir riches tout en préservant leur liberté. Ils se font embaucher par des agences de publicité pour lesquelles ils se livrent à des enquêtes de motivation sur la consommation des ménages, alors en plein essor. Ces emplois précaires ne leur permettent pas de faire fortune, alors qu’ils sont taraudés par mille tentations. 

Les rues ne sont pour eux qu’une immense vitrine où se succèdent les antiquaires, les grands restaurants, les agences de voyage, les tailleurs, les chausseurs, les confiseurs. Ils sont fascinés, non pas par les marchandises elles-mêmes, mais par l’image de soi que leur possession symbolise. Ces petits-bourgeois, un peu libertaires, doivent constater avec amertume la disproportion qui existe entre leurs désirs et leur compte en banque. Les Choses, roman de la frustration, des appétits inassouvis.

Pour échapper à une vie qu’ils jugent étriquée et frustrante, parce qu’elle ne leur permet pas d’acquérir les " choses " dont ils rêvent, Jérôme et Sylvie partent en Tunisie, en coopération postcoloniale, dans un pays encore à l’écart de la société de consommation. Ils reviennent en France et entrent comme cadres dans une agence publicitaire. Bien payés, bien logés, bien nourris… Enfin à eux le divan Chesterfield, les tapis de soie, les bibliothèques de chêne clair. Mais finie la liberté !

L’influence de Flaubert sur Perec est visible : le regard ironique, la structure des phrases, l’usage privilégié de l’imparfait de l’indicatif. L’auteur l’a revendiqué lui-même, en parlant de son roman, « construit sur le modèle de L’Éducation sentimentale ». Je ne pouvais qu’apprécier, dans la mesure où, comme pour Les choses, la lecture du roman de Flaubert avait constitué une étape importante dans ma propre formation culturelle.

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5.5.22

Chroniques d'Avril 2022

 par Georges Charles

Samedi 2 avril

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, printemps 2002 ; 1ère partie, l’histoire du pèlerinage

Dans la série " Contes et légendes " chrétiennes, voici celle de Jacques de Zébédée, ou Jacques le Majeur, ou Saint Jacques. Juif de Galilée, pêcheur du lac de Tibériade, l’un des douze apôtres de Jésus- Christ et frère de Jean. Toujours selon la légende, au VIIe siècle, les restes de son corps (que l’on se permette d’imaginer dans quel état étaient ces restes, 700 ans après…) auraient été amenés en Galice par des disciples, puis enterrés. Vers 820, une miraculeuse " pluie d’étoiles " aurait signalé l’emplacement du tombeau. Champ d’étoiles, campus stellae, Compostelle.

Selon l’état actuel de la recherche historique, il n’y a, en dehors du Nouveau Testament, aucune preuve de l’historicité de ce fameux Jacques. Par contre, la " découverte " des reliques survient à un moment particulier de l’histoire de l’Espagne, le début de la Reconquista des terres musulmanes de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. D’où la légende de Saint Jacques Matamoros (" tueur de Maures ")


Le pèlerinage de Compostelle devient, à partir du XIe siècle, un emps fort pour la chrétienté médiévale : c’est plus près que Jérusalem et surtout, le voyage est moins périlleux. Chaque année, au printemps, des centaines de milliers de pèlerins se mettent en route. Pour comprendre le phénomène que représentent ces transhumances annuelles et régulières, on peut les comparer aux départs en vacances d’été vers les plages de l’Atlantique et de la Méditerranée.

En France, quatre itinéraires, quatre caminos. Depuis Paris, la via Turonensis ; depuis Vézelay, la via Lemovicensis ; depuis Le Puy-en- Velay, la via Podiensis (c’est le seul itinéraire que je connaisse, pour en avoir parcouru une étape, dans l’Aubrac) ; depuis Arles, la via Tolosana. Les trois premiers itinéraires se rejoignent à Ostabat-Asme, en amont de Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées-Atlantiques.


Ce pèlerinage, très populaire du XIe au XIIIe siècle, perd peu à peu de son attrait. Il reprend à la fin du XXe siècle en se conjuguant avec l’essor de la pratique de la randonnée. Les chemins de Compostelle ont été déclarés en 1987 " Premier itinéraire culturel " par le Conseil de l’Europe. Depuis le début du siècle, les chemins attirent plus de 200 000 pèlerins et/ou marcheurs chaque année.

En ce qui nous concerne, nous avons choisi de faire cepèlerinage… en voiture depuis Toulouse, avec possibilité d’escapades le long de l’itinéraire officiel du camino francés, en Espagne.

 

Via Podiensis, dans l’Aubrac 

Camino francés, entre Burgos et Léon

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4.4.22

Chroniques de Mars 2022

 Mercredi 2 mars

Le commerce des épices ; 2e partie, pourquoi un tel engouement ?

Le mot " épice " (du latin species, qui signifie " substance "), apparu dans la langue française à la fin du XIIe siècle, désigne historiquement une substance aromatique d’origine végétale, à coût unitaire élevé, importée la plupart du temps de régions tropicales d’Asie (Inde, Indonésie, Asie du sud-est) et d’Amérique (Mexique, Pérou, Antilles). Étant données les distances parcourues avant leur commercialisation, les épices apparaissaient principalement sous forme séchée, voire broyée, concassée ou moulue.

Si l’on s’intéresse aux origines de la demande d’épices en matière d’alimentation, on rencontre diverses explications. Le calendrier chrétien comportait de nombreux saints, qu’il convenait d’honorer en consommant du poisson à la place de la viande ; ce met, fade, ne devenait appétissant que par l’ajout d’épices. La diversité culinaire était pauvre ; les épices apportaient un peu de goût et de fantaisie à la gastronomie (l’art culinaire n’apparaîtra qu’à la Renaissance). Par contre, deux explications sembleraient erronées : les épices auraient été utiles pour conserver les aliments, c’est peu probable, car des méthodes connues depuis la Préhistoire comme le fumage, la salaison ou le séchage à l’air étaient beaucoup plus efficaces ; les épices auraient été utiles pour masquer le goût de la viande avariée, c’est peu probable, leur coût étant bien supérieur à celui des aliments frais, disponibles localement.

Marchand d’épices à Nuremberg, manuscrit de 1453

La demande d’épices avait donc des causes plus profondes et plus complexes que la simple curiosité gastronomique. Les sociétés antiques et médiévales les considéraient comme efficaces pour traiter et prévenir certaines maladies. Les épices étaient aussi brûlées comme encens pour les sacrements, distillées pour la cosmétique, les parfums et les onguents. Le déclin des épices en Europe au XVIIe siècle coïncidera avec le succès de nouveaux produits stimulants : café, tabac, thé et chocolat.

Comme toute marchandise de luxe, les épices avaient une fonction de distinction sociale. Elles représentaient pour leur acquéreur un symbole de richesse, de prestige et de style. Les épices, notamment le poivre, avaient parfois servi de monnaie d’échange (d’où cette expression, « payer en espèces », à l’origine, « payer en épices ») et de valeur refuge. Lorsque les Croisés, au XIIe siècle, s’emparèrent de la ville de Césarée, en Palestine, ils furent récompensés avec un kilogramme de poivre !

Le poivre, " roi des épices ", cultivé au sud-ouest de l’Inde, sur la côte de Malabar, dans la région du Kerala, était de très loin la principale épice à valeur marchande, au moins jusqu’au XVIIe siècle. La cannelle et le curcuma provenaient également du sous-continent indien. Le gingembre venait d’Asie du sud-est ; les " îles aux épices ", l’archipel des Moluques, à l’est de l’Indonésie, ont été longtemps l’unique source du clou de girofle et de la noix de muscade.

Ce soir, j’ai procédé à l’inventaire du rayon " épices " de ma cuisine : cannelle, cumin, curry, gingembre, muscade, paprika, poivre. Pas très fourni !

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4.3.22

Chroniques de Février 2022

 par Georges Charles

Mercredi 2 février

Mon quartier et ses habitants

Depuis avril 2011, je réside en bas du quartier Bonnefoy, dans un ilot relativement bien identifié par les Toulousains. Qui n’est pas passé, au moins une fois, sur le boulevard des Minimes, en longeant le Canal du Midi vers la gare Matabiau ? Qui n’a pas longé, au moins une fois, cette barre d’immeubles d’une douzaine d’étages, cinq au total, construite dans les années 1960, entre le chemin du Raisin et la rue du Maroc. Mon immeuble, au n° 9, comporte 13 étages ; le plus élevé, de 17 étages, est en cours de réhabilitation lourde.

Nous sommes à la frontière du fameux projet d’aménagement urbain " Grand Matabiau Quais d’Oc " (ex-Teso) : d’ici à 2030, 4 hectares de parcs et jardins, 20 000 m² d’équipements publics et 450 000 m² de surfaces de plancher (3 000 logements, 200 000 m² de bureaux), ainsi que des commerces, des services et des activités de loisirs.

Depuis avril 2011, je me suis familiarisé avec les circuits habituels des habitants de ce quartier : vers l’avenue de Lyon et la rue du Faubourg Bonnefoy, vers le centre-ville par la rue Matabiau ou la rue Bayard. J’y rencontre parfois des résidents de mon immeuble ; nous nous saluons, nous reconnaissons par ce geste notre commune appartenance à ce " village " virtuel, délimité par quelques rues. Des gens connus, ici ? La tête de liste écologiste aux dernières municipales de Toulouse et aux régionales d’Occitanie, Antoine Maurice, résiderait dans un immeuble proche du mien.

Je souhaiterais évoquer ici certains " personnages ", que je croise régulièrement. Ce qui les singularise, tout au moins à mes yeux, c’est leur allure pittoresque, bizarre, décalée, marginale, hors-système, qui se caractérise notamment par une manière particulière de se déplacer dans l’espace public. C’est peut-être ma propre situation qui m’aurait amené à repérer, dans la foule des passants, ceux qui rencontrent des difficultés de mobilité.

Le premier, je l’appelle " le zombie ". Grand, très maigre, sobrement vêtu, la quarantaine ; il marche d’un pas extrêmement lent, en regardant ses pieds. Il a la démarche de quelqu’un bourré de cachetons qui lui permettent d’obtenir les équilibres psychique et physique suffisants pour sortir de chez lui. Quelle est sa vie intime et sociale ?

Le second, je l’appelle " la caricature ". Il s’agit d’un homme, d’une cinquantaine d’années, travesti, transexuel, transgenre pour parler moderne. Il porte perruque blonde, blouson coloré, jupe courte et bottes de femme. Tout est caricatural en lui : la démarche disgracieuse, la lourde scoliose, les cuisses maigres, les genoux cagneux. Quelle est sa vie intime et sociale ?

La troisième, je l’appelle " la danseuse ". C’est une résidente de mon immeuble ; victime d’un AVC il y a quelques années, hémiplégique.Elle marche très difficilement, par petits bonds. Selon certains voisins, elle refuserait absolument toute aide de la part d’autrui, car elle souhaiterait vivre comme si tout était normal…Quelle est sa vie intime et sociale ?

Les quatrièmes, je les appelle " les Brueghel ". Depuis 11 ans, j’ai eu le temps de les voir vieillir… et se délabrer physiquement. Deux jumeaux, octogénaires, presque aveugles, portant des vêtements sales et usagés. Aujourd’hui, j’observe qu’ils marchent de plus en plus difficilement, dans une lenteur douloureuse, l’un s’appuyant sur l’épaule de l’autre, à peine plus valide. Quelle est leur vie intime et sociale ?

De tous ces personnages, ce sont les Brueghel qui suscitent en moi le plus profond malaise.

La Parabole des aveugles, Brueghel l’Ancien, 1568

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9.2.22

Chroniques de Janvier 2022

 par Georges Charles

Samedi 1er Janvier

Événements 2002 ; le passage à l’euro

La décision d’adopter une monnaie unique européenne avait été prise dès 1988. Le traité de Maastricht, en 1992, avait scellé l’engagement sur la voie de l’union économique et monétaire (UEM) et l’adoption, " à terme ", d’une monnaie unique. En 1999, l’euro devenait la monnaie légale des 11 premiers membres de la " zone euro ".

La BCE, siégeant à la Skytower à Francfort-sur-le-Main en Allemagne,
est chargée de la politique monétaire de la zone euro

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10.1.22

Les voeux de Ginette

 

Bonjour mes amis,


Si le temps d’écrire m’a manqué en ce début d’année, le temps de penser à mes amis et à tous mes proches ne m’a pas été compté, je vous rassure.


Notre dernier petit-fils ayant regagné ses pénates hier soir, je me réjouis de pouvoir vous consacrer enfin « un peu » de temps entre des séances de rangement et de lessives quelque peu fastidieuses et… avant un départ pour Paris dès demain, car la crèche de notre petit-fils vient de fermer, la plupart du personnel y est atteint du Covid.


Que vous dire en ce dix janvier (déjà dix jours écoulés depuis la Saint-Sylvestre), si ce n’est vous livrer des sentiments positifs malgré les événements qui occupent un peu trop nos pensées et nos faits depuis deux ans.


J’aimerais que ces derniers ne nous empêchent pas de nous souhaiter réciproquement du bon temps pour cette nouvelle année.


Soyons toujours philosophes et sachons trouver dans chaque journée un ou plusieurs bons moments ! Ils existent, il suffit d’y croire. Je crois qu’il faut rester optimistes quand bien même on n’entend que lamentations sur tous les sujets autour de nous. Seuls les disparitions d’être chers ou les soucis de santé devraient nous autoriser à nous morfondre.


Que notre groupe reste soudé et que chacun soit à l’écoute des autres !

Il n’ y a pas de grande ou de petite action pour lui faire poursuivre son chemin ; chaque geste, chaque mot, chaque photo, chaque signe, quel qu’il soit, apporte de la chaleur ou du bonheur à l’un ou à l’autre et je vous en remercie sincèrement. Qui aurait pensé en 2006 que notre petite association vivrait encore 16 ans plus tard ?


Bonne année et bonne santé à tous, je vous embrasse,

Ginette

Chroniques de Décembre 2021

 par Georges Charles

Jeudi 2 Décembre

Quand la musique est bonne ; 33e partie, mes dix rocks préférés

Né au milieu des années 1940, j’appartiens pleinement à la génération du " rock and roll " ; j’ai accompagné ses Trente glorieuses, des années 1950 aux années 1970. Ensuite, la créativité se serait perdue, selon moi.

Plutôt qu’un hit-parade, du genre " les dix meilleurs rocks ", ce qui n’aurait pas grand sens, je propose aux lecteurs et lectrices un classement chronologique de mes rocks préférés. Un seul critère : une musique qui donne envie de se lever de sa chaise et de danser. Je vais parfois sur YouTube dénicher des vidéos de concert ; entre les années 1970 avec cheveux longs et pantalons pattes d’éph. et les tournées 2000, les rockers, survivants, ont perdu des cheveux, ont pris des rides et du bide…

Cela ne surprendra personne : ce palmarès est intégralement anglo-saxon ! Nous n’avons eu droit, en France, qu’à des adaptations plus ou moins réussies.

Bill Haley, 1954
Rock around the clock
L’indispensable rock des boums des années 1960.

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6.12.21

Chroniques de Novembre 2021

par Georges Charles

Lundi 1er Novembre

L’endroit le plus visité et le plus fleuri de la ville

Aujourd’hui, deux heures de marche ; c’est devenu une addiction. Mes pas m’ont porté vers le cimetière de Terre-Cabade, près de la gare Matabiau ; ils étaient guidés par le conformisme, c’est la Toussaint, par la force obscure d’une filiation avec un père artisan-granitier (« j’en ai encaustiqué des pierres tombales, quand j’étais môme… »), ainsi que par le rapprochement, inévitable, avec Novembre 1918, l’armistice.

Déambulant sans but précis, sans autre objectif que d’additionner des pas, j’ai rejoint le monument de Salonique. Sur la façade de l’édifice, les noms des Toulousains morts durant la Première guerre mondiale.

 
Cinq CHARLES : Simon, Jean, Ferdinand, Dominique et le premier, un CHARLES au prénom inconnu…
 


6.11.21

Chroniques d'Octobre 2021

par Georges Charles

Dimanche 3 Octobre

« Bernard Tapie, un roman français » 

Titre en première page du quotidien local " La Dépêche " ; bien vu. Tout le monde y est allé de ses louanges. Chacun son Tapie ; le mien est attaché à trois événements. 

Une bonne action. Le 26 mai 1993, l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie remporte la finale de la Ligue des champions de football à Munich, face au Milan AC de Silvio Berlusconi.

Une mauvaise action. En mai 1988, Tapie avait sollicité, en vain, le nouveau Premier ministre socialiste, Michel Rocard, pour obtenir un poste ministériel. Poussé par Mitterrand à se présenter aux élections européennes de 1994 sous l’étiquette " Énergie radicale " (1) , il contribuera à l’échec de Rocard, l’ennemi juré du président (2).

Une action à somme nulle. Ephémère ministre de la Ville (5 mois, avril-mai 1992, décembre 1992-mars 1993), il avait développé une fausse bonne idée. Il affirmait que des jeunes de banlieues, sans qualification, déscolarisés, allaient trouver des opportunités d’embauche dans les chantiers de réhabilitation de leurs propres quartiers (pas de problèmes de transport, fierté de contribuer au renouveau de leur lieu de vie…). Las, ces jeunes de quartiers, ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui, ne semblent pas du tout attirés par des métiers qui ont tant épuisé leur père, leur oncle ou leur grand-frère ; ils se voient plutôt rappeurs, animateurs de loisirs, influenceurs sur réseaux sociaux, sportifs, livreurs de repas, chauffeurs Uber ou commerciaux dans d’obscurs bizness.

(1) Figurait dans cette liste Christine Taubira, toujours partante pour " emmerder " les socialistes. Elle réitérera son exploit en 2002, contre Lionel Jospin.

(2) Rocard rêvait d’un succès, qui l’aurait lancé pour la présidentielle de l’année suivante. Il obtient un médiocre 15 % et Tapie, 12 %. Idem pour le maire de Toulouse Dominique Baudis qui, soutenu officiellement par toute la droite, n’obtenait qu’un médiocre 26 %, concurrencé par la candidature " eurosceptique " de Philippe de Villiers à 12 %.

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14.10.21

Retrouvailles Octobre 2021

 Par Ginette

Samedi et Dimanche 9 et 10 Octobre dans les Vosges

Les présents : Georges Charles, Annette Humbert, Françoise et Claude Humbert, Madeleine Le Moël, Marie-Odile Maurice, Elisabeth et Georges Parnot, Andrée et Jacky Payot, Marie-Annette et Gérard Renauld, Jackie Thévenin, Dominique et Michel Toussaint, Ginette et André Chevalier.

 

Le soleil au rendez-vous lui aussi. Et bien sûr le plaisir de nous retrouver et de bavarder ensemble.

Samedi 9

Visite guidée de Remiremont le matin, avec comme sujet principal, celui qui a fait connaître Remiremont c’est à dire, la vie religieuse qui a été à l’origine de la ville et qui a perduré jusqu’à la révolution. C’est vers l’an 620 qu’Amé et Romaric ont fondé un monastère sur le Saint Mont. On a fêté, ou plutôt « failli » fêter à cause de la pandémie, les 1400 ans de Remiremont en 2020.

Je vous propose ci-dessous un paragraphe tiré de wikipédia qui reprend succinctement une partie des explications de notre guide ...

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6.10.21

Chroniques de Septembre 2021

par Georges Charles

Jeudi 2 septembre

Mens sana in corpore sano ; 40 e partie, courir à Toulouse,Rangueil et l’île du Ramier

C’est avec une certaine nostalgie que j’évoque aujourd’hui les circuits de jogging que j’ai parcourus dans et autour de Toulouse, moi qui, aujourd’hui, ai du mal à mettre un pied devant l’autre sans douleur.

La pratique de la course à pied pendant une dizaine d’années, entre 1998 et 2008, m’a permis de découvrir que celle-ci ne se limite pas au seul plaisir physique ; à la vitesse pratiquée, entre 8 et 10 km/h selon la nature du terrain, le coureur a le temps d’entrer dans le décor de son circuit. Plus rapide que la marche, moins que le vélo, la course à pied offre la vitesse idéale pour apprécier le pittoresque, notamment lorsqu’on grimpe lentement et que, cuisses lourdes et ventre contracté, les yeux sont rivés sur le sommet du raidillon.

Circuit en direction du sud : la rive gauche du Canal du Midi, jusqu’à Rangueil. Depuis mon domicile, rue d’Aubuisson, rue Camichel,l’ENSEEIHT (École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications, plus simplement l’N7), l’ancien chemin de halage du Canal du Midi, le port Saint-Sauveur, la caserne de pompiers Lougnon, le pont des Demoiselles, les serres municipales sur le boulevard de la Marne, le quartier Rangueil-Sauzelong, le pont-canal des Herbettes qui enjambe la rocade A614, le début du campus universitaire de Rangueil jusqu’à l’INSA (Institut national des sciences appliquées). Retour par le même itinéraire ; une heure pour environ 10 km.

Le port Saint-Sauveur

 Péniches définitivement amarrées sur le Canal

Circuit autour de l’Île du Ramier. Départ du pont Saint-Michel, la rive droite du Bras supérieur de la Garonne le long du quartier Empalot, la passerelle de la Poudrerie, le chemin de la Loge jusqu’au casinothéâtre, le parc de l’Île du Ramier et ses anciens moulins à poudre, la rive droite du Bras inférieur de la Garonne en longeant l’arrière de l’ancien Parc des expositions, l’Émulation nautique, l’allée du Grand Ramier jusqu’au pont Saint-Michel.

Après le départ de l’ancien Parc des expositions, la Mairie de Toulouse a entrepris de donner à l’île du Ramier un nouveau visage : aménagement de parcs, jardins partagés, observatoires, chemins de promenades, passerelles, pistes cyclables… Le futur " poumon de Toulouse ", entre les deux bras de la Garonne.

Anciens moulins à poudre, sur le chemin qui traverse le parc, à l’est de l’île

Le futur Central Park de Toulouse

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6.9.21

Chroniques d'Août 2021

 par Georges Charles

Lundi 2 août

La question se pose, immanquablement, en début de mois : de quoi sera fait le programme ? Quelles  chroniques choisir ? Certaines ont un pied dans le passé ; Trois jours chez ma mère, la Mairie de  Toulouse, des voyages vécus, des événements marquants de l’année évoquée, en ce moment, 2001. Vingt ans après, comme dirait Alexandre Dumas. En septembre prochain, nous aurons à retrouver le vingtième anniversaire de deux événements, l’un d’ampleur internationale, les attentats du 11 septembre aux États-Unis, l’autre d’ampleur nationale, l’accidentindustriel d’AZF à Toulouse, le 21 septembre. Autre télescopage temporel, sous la forme d’un parallèle entre l’évocation prochaine de l’élection présidentielle de 2002 et la campagne, très réelle, pour l’élection présidentielle de 2022.

Depuis des années, j’ai accumulé des réflexions personnelles et des documents sur des sujets divers et variés ; lorsque j’estime que, dans un texte, le mélange des deux est arrivé à maturité, je choisis de l’intégrer en tant que chronique.

Parfois, l’actualité m’oblige à revenir vers un texte sur lequel je ne travaille qu’occasionnellement. Un exemple ? J’ai prévu, pour plus tard, une chronique évoquant ce que j’appellerai le " paternalisme municipal ", d’une part ; la tendance qu’auraient certains partis politiques de " caser " des militants dans les effectifs des collectivités territoriales, d’autre part. Et je lis aujourd’hui, dans l’hebdomadaire " L’Obs ", le commentaire suivant sur la situation politique en Tunisie : « Ennahdha, le parti islamiste majoritaire de presque toutes les coalitions au pouvoir depuis dix ans, a fait embaucher à vie plusieurs dizaines de milliers de militants, plus des membres de leurs familles, dans l’administration ; autant d’individus sans compétences particulières si ce n’est leur fidélité à la formation islamiste et dont les salaires pèsent lourdement sur les finances publiques. »

Enfin, j’entretiens quelques rubriques de " longue durée ", L’air de la ville rend libre, Mens sana in corpore sano, Écolo sì, ma non troppo… rubriques qui nécessitent d’être régulièrement alimentées. La vie urbaine, le sport, l’écologie, tout cela est dans l’air du temps.

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8.8.21

Chroniques de Juillet 2021

 par Georges Charles

Vendredi 2 juillet

Tant qu’on n’a pas la santé, on ne fait pas d’imprudences 

Sur le papier et dans ma tête, tout allait bien. Dès l’assouplissement des règles de confinement, j’avais projeté de découvrir des terres qui n’attendaient que moi. Des " explorations " ? Voilà un bien grand mot ; j’avais par avance une description des lieux à connaître grâce à Internet, j’avais consulté des cartes de randonnées (la fameuse série bleue de l’lGN, au 1/20 000e) et au besoin, j’aurais recours au géopositionnement par satellite, le non moins fameux GPS. Les habitants de ces territoires me ressemblent et parlent la même langue que moi. Rien à voir avec les périlleux périples de certains explorateurs françaisdu XIXe siècle en Afrique, René Caillié traversant le Sahara déguisé en mendiant, Savorgnan de Brazza grelottant de fièvre sur les bords de l’Ogooué, au Gabon.

Randonnées, baignades et découvertes, si possible loin de la foule, avec le silence pour compagnon : vallées de la Dordogne, du Lot et du Célé ; Causse de Sauveterre et gorges du Tarn ; vallée d’Aure, entre Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées ; côte languedocienne, d’Agde au Grau-du-Roi… Programme attrayant ! Revu singulièrement à la baisse depuis que j’ai constaté que je ne pouvais plus marcher sans douleur.

De quoi s’agit-il ? De nouveau, une artère bouchée à la jambe droite ; ce ne sera que la troisième fois ! Une opération sera-elle possible ? Tout dépendra des résultats d’un angioscanner, fin août. En attendant, les conseils de l’angiologue et du chirurgien convergent : il faut marcher, avec la douleur, contre la douleur ; attendre le plus longtemps possible avant d’être obligé de s’arrêter. « Marchons, marchons, qu’un sang impur… ! » En un mois et demi, un très modeste progrès, à savoir marcher au moins une heure sans s’arrêter, en compagnie d’une douleur stabilisée.

Lors de précédentes périodes de mobilité pédestre réduite, j’avais remarqué que mon attention était attirée par le spectacle de piétons manifestant des difficultés à la marche, les vieux et leur lenteur mesurée, les personnes en surpoids se dandinant, les claudiquants, les clopinants, ceux qui ne sortent jamais sans leur canne ou leur déambulateur. Les autres, ceux qui marchent sans effort, n’ont pas conscience de leur bonne fortune.

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10.7.21

Chroniques de Juin 2021

 par Georges Charles

Mercredi 2 juin

L’air de la ville rend libre ; 10 e partie, les petits soldats de la livraison  

Cette rubrique, intitulée " L’air de la ville rend libre ", en référence à un aphorisme allemand du Moyen Âge, s’intéresse à la vie urbaine, métropolitaine ; voici donc une chronique sur les " petits soldats de la livraison ", ces dizaines de milliers de livreurs qui parcourent les villes à vélo, qu’il pleuve ou qu’il vente, dans le froid ou la canicule, de jour comme de nuit, pour livrer à domicile des commandes de repas (dans leurs sacs isothermes de 70 litres, des hamburgers, des pizzas, des salades, des nems…). D’autres titres de chronique étaient possibles : l’armée des ombres, les livreurs de l’extrême, les damnés du bitume, les prolétaires 2.0. Je les croise dans la journée, notamment sur les pistes cyclables ; à l’heure du couvre-feu, on ne voit même plus qu’eux. Distance moyenne/jour : environ 100 km.

Plateformes de livraison en France : Uber Eats, Deliveroo… Vive la pandémie : Deliveroo a annoncé une hausse de 64 % de son activité en 2020 ; chez Uber, les livraisons génèrent aujourd’hui plus de chiffre d’affaires que l’activité VTC.

Combien de livreurs en France ? Entre 40 et 50 000 (1) ; environ 1 000 à Toulouse. Ils s’appellent souvent Younès, Mehdi, Hacène ; presque tous sont de jeunes hommes d’origine africaine, peu de Blancs, très peu de femmes. Parmi les livreurs, un tiers de travailleurs clandestins : des titulaires d’un compte dans une plateforme sous loueraient illégalement des livraisons à un autre livreur, sans autorisation de travail ; les gains seraient ensuite partagés. Les plateformes tentent de lutter contre l’essor de ce stratagème ; Deliveroo envisagerait de recourir à une technique de reconnaissance faciale pour identifier le véritable livreur, en temps réel…

Le blues du livreur

Qui sont les livrés ? Souvent des jeunes, des actifs adultes appartenant aux classes supérieures et moyennes; chez ces dernières, un livreur avisé pourra parfois percevoir une forme de culpabilité, celle de se faire servir à domicile comme les grands bourgeois… Les seniors en général et les habitants des quartiers populaires ont moins recours à la livraison. Avec les livrés, l’interaction sociale est réduite au minimum, quelques secondes : « Bonjour, merci ! » « Au revoir ! »

Que faire ? Lancer un boycott des plateformes de livraison ? Ce serait priver les livreurs d’un job ! S’adresser à des plateformes respectueuses des droits humains ? Ça n’existe pas ! Cuisiner soi-même ? Même si être livreur en France en 2021 ce n’est pas Germinal, la grogne monte. Les contestations portent sur le statut, la rémunération (elle aurait baissé de 30 % en deux ans) et les conditions de travail. Les livreurs, auto-entrepreneurs, ont une relation contractuelle avec les plateformes de livraison. Si l’indépendance est appréciée par certains, d’autres, devant l’absence quasi-totale de protection sociale, revendiquent de bénéficier du statut de salarié. Une troisième voie serait peut-être le " portage salarial ", où le livreur, embauché par une société de portage avec accès aux avantages liés au statut de salarié, serait mis à disposition de la plateforme de livraison.

Le monde contemporain est sombre de paradoxes. Dans les temps anciens, à l’époque de la " traite des nègres ", les marchands européens achetaient à bas prix des esclaves africains capturés par d’autres Africains, les entassaient dans les cales de leurs bateaux, direction les Amériques. Aujourd’hui, les jeunes de ce continent prennent en charge eux-mêmes leurs frais de port ; ils paient une fortune (en moyenne 5 000 € par personne) pour traverser le Sahara (où ils risquent d’être rackettés), la mer Méditerranée (où ils risquent de se noyer), puis atteindre l’Europe où ils ne trouveront, la plupart du temps, que des boulots dits essentiels mais précaires et mal payés : livreurs de repas ou agents de sécurité pour les uns, femmes de ménage ou auxiliaires de vie pour les autres.

(1) Entre 40 et 50 000 selon un article paru dans la presse écrite le 15 avril ; 25 000 selon un documentaire diffusé à la télévision le 22 avril. Déesse de la précision, foudroyez ces paresseux de l’information !

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5.6.21

Chroniques de Mai 2021

par Georges Charles

Lundi 3 mai

Sardaigne, juillet 2000 ; 6e partie, le Centre-Est 

Nuoro. Capitale de la Barbagia (pays des barbares, des " bandits sardes "), région qui a résisté le plus longtemps aux invasions venues de la mer. Des démographes ont découvert ici, en 2000, la plus forte concentration au monde de centenaires, notamment dans les villages de montagne : 31 centenaires pour 100 000 habitants, contre 7 pour 100 000 habitants en moyenne mondiale.


Village montagnard de la Barbagia

Grotte Ispinigoli. Ce qui fait sa réputation :une impressionnante colonne de 37 mètres de haut, reliant le solà la voûte ; la plus haute d’Europe.

Le golfe d’Oreisi est mondialement réputé pour ses plages. 

Circuit, du nord au sud :

Cala Gonone. Le " Cassis " de la Sardaigne, avec ses calanques et ses criques.



Les grottes du Blue Marino

Cala Luna. La baie, ponctuée de grottes naturelles ombragées, est protégée par des parois de roche très raides qui l’encadrent.


 

Cala Goloritzé


 

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7.5.21

Chroniques d'Avril 2021

 par Georges Charles

Jeudi 1er Avril

Poisson d’avril ! 

Les sommités médicales se seraient-elles enfin mises d’accord ? Depuis des mois, leurs injonctions contradictoires sont notre quotidien.



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8.4.21

Chroniques de Mars 2021

par Georges Charles

Lundi 1er mars

Libéré, délivré, vacciné… à moitié ; entre pragmatisme et favoritisme
 

Comment la campagne se déroule-t-elle, sur le terrain, celui des centres de vaccination ? Les équipes médicales constatent, en fin de matinée et en fin d’après-midi, qu’un certain nombre de rendez-vous pris en ligne depuis le 25 janvier ne sont pas honorés. Les raisons en sont diverses : maladie survenue dans l’intervalle, indisponibilité… et le fait que certains, inscrits dans plusieurs centres, voire dans le département voisin, se sont déjà fait vacciner. Dans quelle proportion ? Environ 10 %, 5 ou 6 doses sur un total de 60 par jour. Les contraintes propres au vaccin Pfizer en matière de conservation font que ces doses seront perdues si elles ne sont pas administrées dans la journée. Les équipes ont fait preuve de bon sens et de pragmatisme ; plutôt que de jeter ces doses, elles ont appelé des personnes de leur entourage, remplissant les conditions médicales requises, pour qu’elles en bénéficient. Deux conditions à remplir pour celui qui, comme moi, se connectait plusieurs fois par jour sur les plates-formes d’inscription, sans succès : connaître quelqu’un dans une équipe médicale et se rendre disponible dans la demi-heure. C’était mon cas.

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7.4.21

Apophtegmes

Un envoi de Georges Edouard ...

Si le mot «apophtegme» (précepte, sentence, maxime…) est difficile à prononcer ou à écrire, il devient un plaisir quand on en lit un !


Quelques exemples…

L'enfant est un fruit qu'on fit. (Leo Campion)

Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu hais. (Francis Blanche).

Quand il y a une catastrophe, si on évacue les femmes et les enfants d'abord, c'est juste pour pouvoir réfléchir à une solution en silence (Winston Churchill)

La tolérance, c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms (Michel Audiard).

L’expérience est l’addition de nos erreurs.

C’est mathématique : Un cocu est un entier qui perd sa moitié pour un tiers. (Jean Carmet).

Tout le monde pense ; seuls les intellectuels s’en vantent (Philippe Bouvard)

Le jour où Microsoft vendra quelque chose qui ne se plante pas, je parie que ce sera un clou.

La chute n’est pas un échec. L’échec c’est de rester là où on est tombé (Socrate)

"Parlement"... mot étrange formé de "parler" et "mentir" (Pierre Desproges).

Quand un couple se surveille, on peut parler de "communauté réduite aux aguets".

Lorsqu’un minable attaque un autre minable, il faut s’attendre à "une guerre interminable".

Mieux vaut être une vraie croyante qu’une fausse sceptique.

N’attendez pas la solution de vos problèmes par des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause (Alain Madelin)

Pardonner, c’est refuser de rester une victime.

On peut donner le bonheur sans l’avoir ; c’est comme cela qu’on l’acquiert. (Voltaire)

L'être humain est incroyable ! c’est la seule créature qui va couper un arbre pour en faire du papier et écrire dessus : "Sauvez les arbres"

 

Apophtegmes de saison :

- Je m'acier ou je métal ?

- Je n'ai jamais compris pourquoi le 31 Mai est la journée sans tabac alors que le lendemain c'est le 1er joint.

 

Quelques apophtegmes amusants :

-  Les moulins, c'était mieux à vent.

- Quand on voit beaucoup de glands à la télé, faut-il changer de chêne ?

- Si le ski alpin, qui a le beurre et la confiture ?

- Un prêtre qui déménage a-t-il le droit d'utiliser le diable?

- Est-ce qu'à force de rater son bus on peut devenir ceinture noire de car raté ?

- Est-ce qu'un psychopathe peut être embauché comme psychologue chez Lustucru. ?

- Si Gibraltar est un détroit, qui sont les deux autres ?

- Est-ce qu'un homme qui vient d'être embauché aux Pompes Funèbres doit être soumis à une période décès ?

 

3.3.21

Chroniques de Février 2021

par Georges Charles

Mardi 2 février

La loi du genre ; 50e partie, la prostitution au temps des colonies françaises
 

En Afrique du Nord, jusqu’en 1962, les prostituées fournies aux soldats français étaient généralement d’origine indigène. Le régime de la prostitution réglementée en métropole (le fameux " french system ", datant de 1804) avait été aboli en 1946 par la loi dite " Marthe Richard ", mais cela n’avait pas concerné les colonies. 

Les BMC (bordel militaire de campagne) avaient été créés par l’armée là où il n’y avait pas d’autres structures prostitutionnelles (maisons de tolérance ou quartiers réservés), dans les campagnes, les montagnes, les zones semi-désertiques ou désertiques. Ces BMC, fixes ou itinérants, étaient contrôlés par l’État-major. Le plus souvent, c’était une tenancière indigène qui gérait l’établissement ; elle passait avec l’armée un contrat qui définissait ses obligations, notamment le recrutement et le suivi médical du personnel. Les BMC n’étaient rien d’autre que du commerce d’abattage ; certains jours, des femmes pouvaient faire jusqu’à 60 passes…

La colonisation avait transformé la prostitution, jusque-là un commerce relativement artisanal, en une véritable industrie du sexe. À côté des rues réservées, existaient parfois des quartiers entiers, véritables villes dans la ville, comme celui de Bousbir à Casablanca, au Maroc, construit en 1922 et présenté à l’époque comme un modèle : 24 000 m2, 600 à 900 prostituées, 1 500 visiteurs par jour...

Il était coriace, le mythe de la prostituée arabe, très " chaude ", qui faisait découvrir aux jeunes soldats les charmes de la sodomie ; « elles ne voulaient pas de pénétration vaginale pour arriver vierges au mariage… », disaient-ils.

Souvenir personnel : j’avais été instituteur coopérant dans un village des Aurès, entre 1962 et 1963, juste après l’indépendance. Lorsque je me rendais à Batna, capitale de la région et ancienne ville de garnison de l’armée française, j’étais étonné de trouver dans certains magasins des présentoirs de cartes postales, parmi lesquelles des photos de femmes nues ou demi-nues, qualifiées d’arabes, de mauresques… avec ces légendes : Femmes à Européens, Femmes à colons.

La colonisation et l’invention de la photographie avaient produit des dizaines de milliers d’images érotico-esthétisantes à prétexte ethnographique, notamment les fameuses French cards, typiques du porno français colonial. L’imaginaire érotique reposait cependant sur un énorme malentendu, largement diffusé : l’invitation lascive des femmes représentées sur ces photographies serait une pratique générale et quotidienne au Maghreb.

« Dans une société où le regard est souvent pécheur,
où le voile soustrait à la vue les formes en les déformant,
la prostituée propose la nudité intégrale. »

Abdelwahab Bouhdiba, La Sexualité en Islam, 1975

Les " Ouled Naïl " de Bou Saâda (Algérie) était un terme générique englobant des statuts de courtisane, concubine, danseuse et prostituée. Ces femmes utilisaient la prostitution pour constituer dot et expérience avant le mariage. Cette pratique, présentée comme coutumière, faisait aussi partie du folklore érotique des Européens.

En 1977, Michel Sardou, chantre de la nostalgie franchouillarde, exaltait dans sa chanson, Au temps chéri des colonies, cette époque où il était possible d’avoir « quatre filles dans son lit ». Quel mâle !

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