4.11.19

Chroniques d'Octobre 2019

par Georges Charles

Mardi 1er Octobre

Les baby-boomers ont eu de la chance ; 1ère partie, évolutions politiques, sociales et juridiques
 
1942 ! Au plus fort de la Seconde guerre mondiale, après des décennies de langueur, la natalité connaît en France un rebond surprenant. Le nombre de naissances passe de 490 000 en 1941 à 542 000 l’année suivante. Les démographes ne prendront la mesure du phénomène que plusieurs années après : une hausse de la fécondité à près de trois enfants par femme, contre près de moitié moins dans les décennies antérieures. Ce niveau exceptionnel va perdurer jusqu’en 1964, avec cette année-là environ 870 000 naissances pour cinquante millions d’habitants. La génération des baby-boomers, la mienne, je la situerais plus précisément entre 1945 et 1955 ; des gens qui ont aujourd’hui entre 65 et 75 ans. Elle est la première dans l’Histoire à avoir connu à la fois une relative pénurie dans l’enfance (où l’on nous apprenait à éteindre la lumière en quittant une pièce…) et l’abondance, voire la surabondance, à l’âge adulte.

Est-ce le propre de toutes les générations de prétendre avoir " tout inventé " ? Soyons modestes, les nouvelles techniques d’information et de communication, l’informatique et Internet notamment, ont été le fait des générations suivantes ; au mieux, la mienne a pris le train en marche. En tout cas, si ma génération épouse cette prétention, elle a quelques arguments pour cela. " Inventé " n’est pas le terme qui conviendrait ; disons que des changements se sont manifestés alors même que nous étions en mesure d’en profiter les premiers et pleinement. Les portes s’ouvraient au moment même où nous en avions besoin et envie.
 
La génération dorée des Trente Glorieuses. La chance aura été, pour un certain nombre d’entre nous, d’avoir connu tous les " bonheurs " en même temps : travail à temps plein, enrichissement patrimonial, allongement de la durée de la vie et retraites confortables…
 
Les baby-boomers entrent dans l’adolescence dans les années 1960.

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5.10.19

Chroniques de Septembre 2019

par Georges Charles

Lundi 2 septembre 

Ce mois de septembre sera placé sous le signe de découvertes, ou redécouvertes, de lieux attachants.
 
Douce France ; 23e partie, Leucate et Corbières
 

Par BlaBlaCar, j’ai conduit quelqu’un, de Toulouse à Roquefortdes-Corbières, dans l’Aude. La soixantaine, un vigneron ; il avait laissé sa voiture à son fils pour le boulot et rentrait chez lui. Nous avons eu un échange sur l’évolution des modes de consommation en matière d’apéritifs, évolution qui le concerne en propre : pourquoi le muscat, de Rivesaltes ou d’ailleurs, se vend-il de moins en moins ? Et la marque Byrrh, originaire de Thuir, dans les Pyrénées-Orientales, disparue !
 
À la différence de certaines communes du Massif Central, Leucate a gagné en population, depuis les années 1970 : 1 077 en 1962 ; 1 968 en 1982 ; 3 392 en 2004 ; 4 339 en 2016.
 

Une célébrité, Henry de Monfreid (1879-1974), aventurier et écrivain, est né à La Franqui.
Pour moi qui fréquente ce lieu depuis les années 1970, Leucate est une presqu’île, un plateau, un phare, un sémaphore, un cap, une falaise, des plages.

 La commune de Leucate s’étend sur cinq pôles touristiques, du nord au sud : La Franqui, Leucate-Village, Leucate-Plage, le village naturiste de la Corrège et Port-Leucate. La presqu’île est bordée à l’ouest par l’étang de Leucate (ou de Salses) et par la mer à l’est.

Premier contact, la plage de Leucate-Plage. Déserte. Une paillotte, qui diffuse de la musique électro, accueille les gens à l’abri de la tramontane. J’y prendrai une bière après le premier bain de mon périple. Mer agitée, mais douce. 

Depuis mon dernier passage sur le plateau, il y a quelques années, les accès ont été aménagés et limités ; rouler et marcher n’importe où nuiraient à la nidification de certaines espèces d’oiseaux. Puisqu’il y a maintenant un " sentier du guetteur ", je l’emprunte jusqu’au cap des Trois Frères, aller et retour, histoire d’ouvrir l’appétit. 

Mon bivouac sera un parking, sous les pins, au bord de la falaise. De plus en plus difficile d’être solitaire : deux heures après mon arrivée, nous sommes cinq véhicules, sagement alignés les uns contre les autres. Les balais de lumière du phare jouent avec le vent dans les arbres ; conditions idéales pour s’endormir paisiblement.

 Allongé dans l’habitacle de la voiture, comme un cosmonaute dans sa capsule, je prends conscience que la carrosserie m’enveloppe… avec bienveillance et tendresse. Je me vois revenu dans le ventre de ma mère ; d’une interprétation à l’autre, j’en viens à voir dans mes baignades un désir de retrouver la chaleur du liquide amniotique. Et le cordon ombilical ? Le trousseau de clés. Marrant, non ?
 

Le lendemain matin, au réveil, siroter un café devant le lever du soleil. Être à la plagette avant tout le monde ; c’est un lieu à l’écart de la grande plage populaire où il est possible de pratiquer le naturisme. Nager à poil, bronzer à poil, au moins une heure ou deux par an, ce n’est pas du luxe.




La Franqui. Au XIXe siècle, la première et la plus grande station balnéaire de l’Aude. D’où son charme désuet et rétro.


Sur la plage fouettée de vent (90 km/h) et de sable, seuls présents, des retraités et des véliplanchistes. Les premiers, emmitouflés dans leur K-way, immobiles, hiératiques, comme des statues. Les seconds, en frime et représentation tandis qu’ils se préparent ; c’est fou comme une combinaison à moitié enfilée peut mettre en valeur les pectoraux. Ils se lancent, sautant sur les crêtes des vagues comme des cailloux en ricochet.
 

La tramontane souffle plus de 300 jours par an à Leucate ! Des conditions idéales pour pratiquer de nombreux sports de glisse : stand up paddle, windsurf, kitesurf, char à voile, buggy kite, sky fly...

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23.9.19

Retrouvailles 2019 à Colmar

par Ginette

Colmar en projet depuis deux ans, Colmar déjà devenu un souvenir, un bon souvenir j’espère.
En effet nos retrouvailles, toujours attendues avec autant de plaisir, n’ont pas failli à leur réputation.
L’habituelle bonne ambiance a été un peu ternie cette année par l’absence de Marie-Claude, retenue en dernière minute, chez elle à Paris, par des problèmes de santé. Nous lui souhaitons un rétablissement aussi rapide que possible.

Après Rouge Gazon en 2006, Dommartin (effectif réduit) en 2007, Gérardmer en 2009, Castries en 2011, Carcans en 2013, la vallée du Rhin en 2015, Giverny en 2017, nous pouvons ajouter Colmar en 2019 à notre registre.

En résumé, deux grandes journées de visites guidées de la ville et d’une toute petite partie de ses environs par un temps estival bien agréable.

Arrivés dans l’après-midi du vendredi 13 septembre 2019, nous nous sommes quittés en fin de week-end, dimanche soir ou lundi matin selon les emplois du temps de chacun.

Colmar, c’est l’Alsace profonde : le premier soir, apéritif autour d’un Crémant d’Alsace car à la surprise générale, on ne servait pas de Champagne dans notre hôtel, l’Alsace n’emprunte rien à l’intérieur…comprenez à l’autre côté des montagnes. Et pourtant cette Alsace a un côté attachant qui fait qu’on lui pardonne son chauvinisme sans difficulté et nous l’avons admirée sans réserve. Nous y avons passé deux belles journées !

Sans romancer, je peux dire que Colmar est un petit bijou, avec des places ornées de remarquables statues de Bartholdi et des rues abondamment fleuries. (Oserai-je écrire que Disney a créé des reproductions qui attirent les foules mais, que nous, nous possédons les originaux dont nous sommes très fiers et que nous prenons beaucoup de plaisir à voir et à revoir ! )

Et ces journées de retrouvailles nous ont procuré le loisir d’admirer des perles d’architecture en les redécouvrant avec un autre regard grâce à une excellente guide.

Le samedi matin, nous avons commencé par une visite du musée Unterlinden  qui est un des musées de province les plus visités de notre pays. Après avoir parcouru des salles présentant des œuvres de Monet, de Picasso, de Dubuffet, de Soulages, de Otto Dix et d’autres encore, nous nous sommes arrêtés longuement devant le « joyau » de ce musée, le Retable D’Issenheim » de Matthias Grünewald, un chef-d’oeuvre du 16ème siècle.
Là, notre guide nous a apporté un commentaire très détaillé qui n’a pas été superflu (du moins pour moi, j’ai mieux compris et surtout mieux apprécié cette œuvre que j’avais pourtant déjà vue plusieurs fois).
Ensuite, après une balade guidée et commentée de la vieille ville, nous avons terminé l’après midi chez un vigneron pour écouter parler des vignobles et des vins d’Alsace et ensuite déguster quelques crus mais croyez-moi, nous avons su rester sages !

La journée de dimanche a été tout aussi intéressante.

Pour commencer, un bus nous a emmenés à Ungersheim, au nord de Mulhouse et nous avons passé toute la matinée à nous promener à l’
Écomusée d'Alsace. C’est un musée de plein air, le plus grand de France, où ont été transférées et remontées d’authentiques constructions alsaciennes formant un nouveau village vivant.
Une belle réalisation, qui a commencé dans les années 70…pas le 70 de l’époque romaine, mais au 20ème siècle et qui se poursuit encore aujourd’hui par de nouvelles constructions avec des projets et des réflexions en rapport avec le futur et notre planète.

C’est un superbe condensé de l’Alsace et de sa culture. Nous n’avons pas vu le temps passer car nous avions là aussi un guide passionnant. A l’heure de partir, personne n’avait envie de quitter cet endroit superbe où nous nous sentions si bien, d’autant plus qu’après avoir pris sur place un copieux et délicieux repas alsacien, nos amis Élisabeth, Georges-Edouard et Georges de Toulouse, alias Luc (des explications suivront) devaient quitter le groupe pour d’autres projets.

Heureusement, une balade digestive à Éguisheim nous a permis de prolonger les découvertes et notre entrain. Ce beau village pittoresque est connu pour ses cours colongères, ses remparts, ses jolies rues fleuries, son château et la maison bourgeoise qui a vu naître le Pape Léon IX en 1002.
Puis, la balade s’est poursuivie à Kaysersberg, village qui fut élu, comme Eguisheim, au cours des années passées « village préféré des Français ».

Retour enfin à Colmar pour une dernière soirée dont nous nous rappellerons à cause du repas un peu trop spécial qui nous a été servi mais qui ne devrait pas laisser de mauvais souvenirs, du moins je l’espère.

Tout ce que vous venez de lire n’est que la partie officielle de nos journées, il faut maintenant que vous entendiez parler de l’ambiance qui règne dans notre groupe.

C’est toujours un vrai plaisir de passer des week-ends ensemble, le rythme de nos retrouvailles entretient et ravive les souvenirs que nous avons les uns des autres et nous fait oublier les années qui passent. Nos « congrès », comme l’ami Georges C., alias « Luc », a élégamment qualifié nos retrouvailles, sont presque devenus des « cousinades », bref nous passons d’excellents moments ensemble.

Je vais compléter mes propos en ajoutant que les bons petits vins généreusement offerts par l’ami Georges-E répandent la bonne humeur et que ceux-ci, ajoutés aux leçons dispensées par notre vénérable « professeur de lettres », toujours très sobre, lui, nous font passer des moments inoubliables.
Vous avez sans doute reconnu notre ami Gabriel qui nous a fait un cours de rhétorique très poussé sur la prétérition, puis sur la « sucussion »… Je crois que les éclats de rires qu’il a provoqués ont eu pour effet de nous recharger d’optimisme pour de longues semaines.
Et voici un extrait de ses œuvres :
Je précise que René Del n’est autre que Georges C., il s’agit du pseudonyme qu’il a utilisé pour signer ses romans.
Delle Berthe est le surnom de notre amie Dominique choisi autrefois par ses amies d’internat.
Et « Luc » est un surnom attribué à l’ami Georges C. un des soirs à Colmar.
Je pense que ces explications vont vous éclairer.

" Que le partage des richesses intérieures de chacun nous donne un avant goût du paradis.
 Que l'on s'ingénie à marier deux virgules pour en faire un coeur.
 Que René Del aussi bien que Delle Berthe continuent à maintenir partout une  harmonieuse humanité.
 Que l'ours polaire ne confonde ourse polaire et qui que ce soit qui traîne là en fourrure. "
Evangile de ... Luc
Je vais me permettre d’ajouter encore quelques commentaires sympathiques reçus depuis notre retour, je pense que leurs auteurs me pardonneront d’avoir pris la liberté de les publier (par ordre alphabétique).

"Bon week-end et merci encore pour ces bons moments partagés "
Bises 
Maryvonne

« Notre congrès de Colmar était une réussite. Certains sont revenus dans leurs Vosges, d’autres en Gironde ou en Haute-Saône ; certains se lancent en Alaska… avec courage. »

Georges C.

«  Bien rentrée...

J'ai fait le trajet retour sur un petit nuage de bonheur tranquille dans la douceur de cette matinée d'automne, encore toute imprégnée de ces bons et beaux moments passés ensemble ! Une énorme bise à tous et merci de vous !!!! »

 
Blanche

« Nous voilà de retour à Carcans, depuis hier soir, après notre escapade dans l'Est.

Deux grandes semaines de plaisirs variés qui se sont terminées en apothéoses auprès de vous tous...Quelle ambiance, que du bonheur...décidément on ne vieillit pas! « 

 
Popomme

« Bonjour à tous,
Me voici revenue dans mes pénates !
Après vous avoir quittés j'ai fait comme certains .... un petit temps de repos sur le chemin du retour. Mercredi matin départ mais pas définitif puisque je me suis arrêtée à Lure chez Madeleine. Elle va bien merci ! Un petit café avec croissant et pain au chocolat plus tard et je quittais cette région de Franche-Comté que j'aime bien aussi. J'ai quand même fait un bon tour de Franche-Comté avant de prendre l'autoroute et d'arriver ici le soleil dans les yeux !!
Point de mots nouveaux pour exprimer tout le plaisir que j'ai eu à vous revoir et à visiter cette belle Alsace. Je ne sais pas ce que j'ai apprécié le plus, peut-être la visite du Musée « Unterlinden ou alors l'Ecomusée. Il faudra attendre deux ans pour que Georges nous offre du Champagne .... quoique ... en Bourgogne ils font aussi de l'excellent Crémant ...
C'est sur ces notes boisées, comme on dit en "viniculture" que je vous quitte, une fois de plus (!).
Profitez bien des derniers rayons de soleil. Je vous embrasse tous très, très fort ! »

 
Marie-Odile

Bonsoir à toutes et tous,

Après ce magnifique WE en votre compagnie, après cette re-découverte de Colmar qui est magnifique, après nos retrouvailles toujours sympathiques, nous voici à Roissy, en attente de notre vol pour Seattle, puis l’Alaska…

La chaleur accumulée à Montpellier et Colmar va nous être utile, et je vous ferai passer des photos par Ginette, si nous croisons des ours  polaires et des grizzlis…. 

 
Bises aux femmes, amitiés,

 
Georges et Elisabeth

Coucou !
Blanche est très inspirée après cet excellent week-end passé en votre compagnie !      
Si elle continue elle pourra monter un petit spectacle avec Gaby la prochaine fois,  et nous réciter des poèmes ....à  moins  qu'elle nous chante  un petit air genre " le voici l'agneau si doux ....Nous sommes rentrés également à bon port, après un petit crochet par St Dié, où mes parents ont résidé quelques années. 
Nos retrouvailles sont toujours bien réussies et une très belle parenthèse dans notre quotidien. 
Merci à  Ginette et à  vous  tous  . 
Bon retour ,bonnes vacances  
 
Nous vous embrassons !

Andrée et Jacky

« Cette rencontre a été l’occasion de rafraîchir nos souvenirs alsaciens et surtout de revoir des amis avec lesquels les liens continuent à être très forts ! Quel beau week-end, avec aussi une pensée pour des guides d’exception »

Marie-Annette et Gérard


8.9.19

Chroniques d'Août 2019

par Georges Charles

Samedi 3 Août

Des polars dans la nuit ; 1ère partie, Colloque fatal

J’entre ici dans l’évocation d’une période très particulière : entreoctobre 1996 et avril 1997, j’ai écrit  deux romans policiers. Alors que je suis engagé depuis plus de dix ans dans une nouvelle aventure littéraire (2 904 pages à ce jour), je reviens avec plaisir sur ce moment.
 
L’acte de naissance du premier polar, je le situe très bien et dans le temps et dans l’espace. Nous sommes en weekend à l’automne, l’occasion d’une ultime randonnée près de Luchon, dans la vallée du Lys (Cascade d’Enfer, gouffre d’Enfer, ru d’Enfer ; les randonneurs plus expérimentés font le tour des lacs, Vert, Bleu, Charles et Célinda). Je suis en compagnie de Marie-France et d’Anne, une amie et collègue. En fin d’après-midi, redescendant vers le parking, nous laissons nos esprits, portés par nos pas, peu à peu vagabonder.
 
Nous pensons à nos collègues, directeurs de service de la Mairie de Toulouse, en train de boucler leurs valises au terme d’un séminaire de renforcement d’équipe (en anglais, team building, méthode apparue au début des années 1980), quelque part dans un hôtel de la région.

Je ne sais plus qui de nous trois a lancé cette remarque : « c’est quand même drôle, cette idée de rassembler tous les cadres supérieurs en un même lieu ; il y a un risque, un accident d’autocar, un empoisonnement au restaurant, une prise d’otages qui tourne mal…. et c’est tout le management supérieur qu’il faudra renouveler. Ça fera des perspectives de promotion pour nous, qui sommes juste en-dessous ! » Plaisanterie de mauvais goût ? Certainement. Peu importe ; je reste sur cette idée de séminaire de cadres pris en otage et je décide d’en faire un récit, style roman noir.
 
L’histoire se déroule dans les Cévennes, au château des Pauses, quelques bâtisses rassemblées en hameau isolé où j’avais passé une semaine de vacances l’été précédent. Le séminaire des cadres municipaux, c’est du réel, revu et corrigé. Le vrai-faux rapport de Mme Tiberi, la femme du maire de Paris, c’est du réel. La chanson d’Eddy Mitchell, Tu ne rentres pas ce soir (1978), qui racontait la dégringolade d’un cadre supérieur quinquagénaire licencié par son entreprise (1) , inspirera le personnage du desperado. Pour le reste, « toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. »
 
Destins croisés, donc, au mauvais endroit et au mauvais moment. Un cadre au chômage, devenu marginal, qui habite un village perdu des Cévennes, entre Gard et Lozère, tente un hold-up à la Poste de Valleraugue ; surpris par les gendarmes, il s’enfuit au hasard des routes et atterrit dans une résidence de Saint-André-de-Majencoules, le Château du Désert… où se déroule un séminaire de cadres territoriaux. Il décide de prendre les participants en otage… Que veut-il ? Exister, reprendre la main sur sa vie !

Où il sera beaucoup question d’un cabinet de consultants chargé de " convaincre " les cadres du bien-fondé de la privatisation de services publics locaux… et donc de la disparition de leurs postes. Où le preneur d’otages se révélera en empathie avec ces cadres en danger. Où le GIGN interviendra. Où tout cela finira mal !

(1) Il pleure sur lui, se prend
Pour un travailleur immigré.
Il se sent dépassé
Et, du fait, il est remercié.
I1 n’a plus d’espoir, plus d’espoir.

Il ne rentre pas ce soir.


Colloque fatal

Le feu dans la plaine

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6.8.19

Chroniques de Juillet 2019

par Georges Charles

Mercredi 3 juillet

Visiteur de prison de 1996 à 1998

L’administration pénitentiaire gère deux établissements importants dans l’agglomération toulousaine. La maison d’arrêt de Seysses reçoit des personnes en détention provisoire avant jugement, des détenus condamnés à une peine inférieure à 3 ans, ainsi que des condamnés à une longue peine en attente de transfert, soit environ 600 personnes.

À proximité de la maison d’arrêt, le centre de détention de Muret reçoit des personnes purgeant une peine supérieure à 3 ans. Il peut accueillir 638 " pensionnaires ", ce qui en fait le centre le plus important pour ce type de condamnés en France. J’ai été visiteur de prison (1) dans cet établissement, de 1996 à 1998.

La soeur d’un lointain copain d’université, dont j’avais peu de nouvelles depuis des années, était venue un jour me demander un service très particulier : rendre visite à son frère, en détention de longue durée à Muret. J’avais compris qu’après des études en pointillés, il avait choisi le métier d’auto-entrepreneur de transport et de vente de produits stupéfiants illicites.

Deux préalables. Entretien de " moralité " auprès de la police car il est inhabituel de demander un permis de visite pour un détenu en particulier si l’on n’est pas de la famille ; mon statut social de cadre a dû plaider en ma faveur. Entretien avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de l’établissement pour apprécier le bien-fondé de ma démarche ; mon ami adore se réfugier dans la lecture et il dispose d’un temps presque infini pour cela. Alors, je serai son bibliothécaire.

Même si elle était personnelle, mon initiative s’inscrivait dans une démarche d’ensemble, telle que la pratiquent les associations de visiteurs de prison : apporter aux détenus une aide, un soutien, une écoute, des connaissances, contribuant à atténuer les effets de l’incarcération, à favoriser leur retour à la vie libre et prévenir la récidive.

 




Le centre de Muret accueille des détenus dont les familles résident dans un grand arc Sud, de Nice à Bayonne. Il faut arriver le plus tôt possible, car les autorisations de visite pendant le weekend sont limitées. Le petit bâtiment ci-dessus, à l’entrée du centre, qui me faisait penser à un baraquement de camp de concentration, servait de salle d’attente pour les familles avant le passage en parloir. Caniculaire l’été, polaire l’hiver.

Dans ce contexte, je m’interrogeais sur l’utilité, pour la Justice, d’éloigner volontairement les détenus de leur famille, notamment lorsqu’il s’agissait de prisonniers politiques, Basques en Espagne et Corses en France. Faire des kilomètres, ça coûte, ça fatigue… et ça accroît l’exaspération des détenus et de leurs familles.

De quoi parle-t-on avec mon ami, lors de mes visites ? De littérature, de philosophie… et de sociologie. La population carcérale est souvent jeune et peu instruite. Est-ce par fatalité ou par absence de perspective sociale que les mal-instruits tombent dans la délinquance et se retrouvent en prison ? J’y verrais d’autres explications : ils sont assez cons pour se faire prendre, assez naïfs pour avoir cru qu’ils ne se feraient pas prendre… et trop pauvres pour se payer de bons avocats.

(1) Les visiteurs de prison bénévoles sont environ 1 300 en France.
 

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5.7.19

Chroniques de Juin 2019

par Georges Charles

Samedi 1er juin

Changement de cap ? Non, rectification de trajectoire
 

La rédaction des chroniques n’est pas toujours un long fleuve tranquille ; des dérives sont possibles. Arthur Rimbaud, bateau ivre lui-même, le dit bien :
 
Comme je descendais des fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs ;
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.


Ainsi, ayant peut-être moi aussi " perdu mes haleurs ", je dérivais vers ce qui n’était plus l’objectif initial. Des chroniques, oui, pour illustrer une curiosité personnelle et communicable ; pour approfondir une réflexion, partageable ; pour rire ensemble ; pour partager des impressions de voyage. L’évocation du passé, sous forme de récits d’expériences personnelles, familiales, professionnelles au fil des années (en ce moment, je suis parfois dans l’année 1996), oui, à condition qu’ils puissent trouver écho chez d’autres gens que mes proches. Je dois y prendre un peu trop de plaisir, une pointe d’égocentrisme là-dedans, en négligeant au passage le plaisir des lecteurs. Je ne suis pas certain que l’évocation de ce passé personnel intéresse la majorité de ces derniers. Or, cette évocation " cannibalisait " le reste. Pour en avoir le coeur net, j’ai procédé à un rapide calcul, sur les premiers mois de l’année 2019, de la part respective du " présent " et du " passé ". Ce dernier l’emporte, en surface de texte, surtout quand il est fait référence à des voyages réalisés dans ce passé.

Donner une part plus mesurée à ces évocations ; revenir à des chroniques plus éclectiques, alors que les sujets ne manquent pas et se bousculent au portillon : la mobilité des hommes, des diligences à la fin programmée de la bagnole individuelle ; la ville de Toulouse qui se transforme tout près de chez moi, etc.
 
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6.6.19

Chroniques de Mai 2019

par Georges Charles

Jeudi 2 mai

Le changement de domicile réjouit les locataires ; 1995
 

C’est parfois le sort précaire des locataires : un beau jour, le ou la propriétaire veut récupérer son bien. Cette mésaventure nous était déjà arrivée en 1986. Après avoir vécu à Paris, pour le travail, notre propriétaire souhaite passer sa retraite à Toulouse, dans son appartement du boulevard Carnot.
 
Neuf ans ici, au cours desquels la famille avait évolué : naissance de Boris, arrivée de Lola, chatte de compagnie, départ de Delphine pour une vie indépendante.


Nous cherchons un nouveau lieu de vie, si possible dans ce quartier du centre-ville, entre le boulevard Carnot, les allées Jean-Jaurès, la place Saint-Aubin et la place Dupuy, pour ne pas interrompre la scolarité de Boris à l’école primaire Fournier, place Occitane.
 
Au 52, rue de la Colombette, à hauteur de la place des Refuzniks, près de l’église Saint-Aubin, un appartement splendide, au dernier étage de l’immeuble. Le luxe : un salon, une salle à manger, trois grandes chambres, une vaste salle de bain, un balcon plein sud (d’où l’on aperçoit la colline de Rangueil). Je garde en particulier le souvenir de ce salon paré, sur un de ses murs, d’une splendide bibliothèque en bois blond, encadrant une cheminée d’intérieur. Mes bouquins n’avaient jamais connu une telle exposition ! Avec une trouvaille : depuis le couloir, un escalier escamotable donne accès à un grenier aménagé, que j’ai aussitôt transformé en bureau.
 

La propriétaire de l’immeuble, qui venait de perdre son mari… avait décidé de s’installer chez son amant, dans une villa cossue du quartier Montaudran ; elle avait préféré mettre son appartement en location plutôt que de le laisser à son fils et à sa belle-fille, qui habitaient au troisième, dans un appartement beaucoup plus exigu.


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23.5.19

Chroniques d'Avril 2019

par Georges Charles

Mardi 2 avril

En passant par la Lorraine ; 15e partie, la morale en politique
 

Qui est Jean-Pierre Masseret ? Ancien sénateur PS de Moselle jusqu’en 2017, ancien président du Conseil régional de Lorraine. Le 6 décembre 2015, au premier tour de l’élection régionale en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, sa liste arrive en 3e position avec 16,1 % des voix, derrière le Front national (36,1 %) et la droite (25,8 %). Malgré les consignes de son parti, il refuse de retirer sa liste ; au second tour, il finit en 3e position avec 15,2 % des voix et le FN, conduit par Florian Philippot, s’incline face à la droite, 36,08 % contre 48,40 %. Pourquoi parler de Masseret ? À cause de ce qui suit : dans un rapport sur sa gestion du Conseil régional de Lorraine entre 2010 et 2015, la Chambre régionale des comptes a fait état d’« irrégularités et d’importants dysfonctionnements de gestion ». Plusieurs enquêtes judiciaires sont ouvertes. Quelques exemples :

· Pour 2013, cinq membres de son cabinet se sont vus crédités de 1 208 heures supplémentaires…sans justification.

· Un conseiller de Masseret percevait trois types d’indemnités de service ; l’une d’elle lui avait rapporté, entre 2010 et 2014, 250 530 €, « sans aucune base légale ».

· Les fastueuses agapes du directeur général des services :entre 2010 et 2014, 35 870 € de frais de bouche remboursés sans justificatif ou avec des notes portant la vague mention « repas avec élus » (1).

La Lorraine, ce n’est pourtant pas très loin de la Suède et de l’Allemagne, où les principes de morale en politique sont d’une autre nature.

Suède : en 1995, Mona Sahlin, numéro deux du gouvernement social-démocrate, démissionne à cause de deux barres de Toblerone qu’elle avait eu le malheur de régler avec sa carte de crédit de fonction.

Suède encore : en 1996, deux ministres démissionnent, l’une avait payé une nourrice au noir, l’autre, ministre de la Culture, n’avait pas acquitté la redevance télé pendant 16 ans.




Suède toujours : en août 2016, la jeune ministre de l’Éducation Aida Hadžialić, 29 ans, présentée comme l’avenir de la social-démocratie, a dû démissionner pour conduite en état d’ivresse, avec 0,2 g d’alcool par litre de sang.






Allemagne : En 1993, le vice-chancelier d’Helmut Kohl, JürgenMöllemann, quitte son poste de ministre ; sa faute, avoir utilisé le papier à en-tête officiel du ministère pour recommander l’entreprise du cousin de sa femme auprès de chaînes de magasins. En 2002, le chancelier Gerhard Schröder démet Rudolf Scharping de ses fonctions de ministre de la Défense ; celui-ci avait perçu 70 000 € pour des conférences, la loi allemande interdisant à un ministre de percevoir des honoraires durant son mandat. Soupçonné d’avoir bénéficié d’un prêt de 500 000 € de la part d’un homme d’affaires, le président de la République allemande, Christian Wulff a démissionné en 2012.

1 " Le Canard Enchaîné ", 22 février 2017.

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4.4.19

Chroniques de Mars 2019

par Georges Charles

Samedi 2 mars

Rire ensemble ; 23e partie, Fly better, le "réalisme capitaliste "
 

Dans un hebdomadaire, un article intitulé, Les leçons de l’échec de l’A380, d’un enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris (ça doit être sérieux… ah, ah !) rappelle que « certaines compagnies aériennes, comme Emirates, ont certes réussi à optimiser l’équation économique et financière de l’A380, notamment grâce à leur positionnement géographique, l’aéroport de Dubaï étant idéalement placé à mi-chemin de l’Europe et de l’Asie. Mais pour les autres compagnies, la massification du transport aérien dans cet avion géant s’est révélée en décalage avec les attentes des consommateurs. » Quelques pages plus loin, une publicité pour l’A380 Emirates. Fly better, voyagez mieux ; Bien plus qu’un vol… Que signifient ces points de suspension ? Une partouze à quatre, à 12 000 m d’altitude ? Le pied !

L’air de bonheur factice qui flotte sur le visage des clients de l’A380 fait penser à certains personnages de la peinture dite du " réalisme socialiste " : le conducteur de tracteur stakhanoviste, le soldat victorieux, la paysanne heureuse après la collectivisation des terres…

Cette photo, d’une absence totale de naturel et de réalisme, nous en dit beaucoup. Ils sont quatre. Deux femmes : la parité en teinte de cheveux est respectée, une blonde et une brune. Pour les hommes, on a fait fort : un Noir, qui sourit comme Omar Sy, style mannequin ou cadre dynamique ; un Blanc, style mannequin ou cadre dynamique. Ça ressemble à une ancienne pub Benetton !

Soyons attentif : l’homme de race blanche, que l’on voit de profil, est regardé par les trois autres ! La plus ridicule, c’est la brune, assise en face de lui et à côté du Noir ; elle le mange des yeux comme s’il venait de dire quelque chose de très spirituel. Mon esprit mal tourné suggère une autre hypothèse : tout en le regardant avec attention et distinction, elle pense ceci : « tu fais peut-être le malin avec ton pognon mais il paraît que les Noirs ont une plus grosse verge que les Blancs ; ça te dirait que ma copine et moi, on vérifie… »


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8.3.19

Chroniques de Février 2019

par Georges Charles

Vendredi 1er février

Selon la tradition, nous avons jusqu’au dernier jour du mois de janvier pour présenter nos voeux. Voilà, c’est fait, avec retard :

Claude Valroff, photographe vosgien

Dimanche 3 février

Ce type est formidable

Sur le pont Matabiau qui enjambe le Canal du Midi, un couffin abandonné, sous la pluie. Je fais un bref détour pour vérifier qu’il n’héberge aucun bébé. Quelle idée d’abandonner un tel objet ? Soudain, devant moi, une Seat rouge s’arrête en catastrophe ; un jeune homme en surgit et court vers le couffin. Je le reconnais, il bosse à la boucherie du Faubourg " Saveurs et traditions ", dont je suis client régulier. Il me reconnaît : « je me suis affolé, je croyais qu’il y avait un gosse dedans ! », me dit-il. L’histoire de Moïse, l’enfant sauvé des eaux ?

Quelques jours plus tard, lors de mon passage à la boucherie, je lui ai reparlé de l’anecdote. Selon ses propos, il rendrait aisément service (rester une heure avec un motard accidenté, alors que les autres voitures passent sans ralentir ; changer le pneu d’une dame paniquée…) ; ça doit tenir à une grande confiance en soi qui émane de sa personne. Faire confiance, jusqu’à preuve du contraire ! Mais enfin, pourquoi cette précipitation ? « J’ai pensé que ça pouvait être une famille de migrants sans-papiers qui, en pleine dèche, avait abandonné leur bébé en espérant qu’il serait recueilli par des Français… »

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6.2.19

Chroniques de Janvier 2019

par Georges Charles

Mardi 1er janvier

Ces chroniques servent, en partie, à mettre de l’ordre dans les choses de ma vie. Les gens devraient le faire plus souvent, avant de mourir. Tous ces êtres humains qui vivent une vie entière sans avoir à faire le moindre commentaire, la moindre objection, la moindre remarque. Certes, ces commentaires, ces objections, ces remarques n’ont pas nécessairement de destinataire ou de sens, mais il me semblepréférable qu’elles soient faites (1).

L’écrivain, parfois, raconte la vie de gens qui n’imaginent à aucun moment être des personnages de roman. Épigraphe du livre de Nicolas Mathieu, Goncourt 2018, Leurs enfants après eux :
 

Il en est dont il n’y a plus de souvenir,
Ils ont péri comme s’ils n’avaient jamais existé ;
Ils sont devenus comme s’ils n’étaient jamais nés,
Et, de même, leurs enfants après eux.

 

Siracide, 44, 9

(1) Deux féminins, un masculin ; c’est le féminin qui l’emporterait. Je tente, sans réelle conviction.
 
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7.1.19

Chroniques de Décembre 2018

par Georges Charles

Samedi 1er décembre

La loi du genre : 37e partie ; la féminisation des noms de métiers et de fonctions, des titres et des grades
 

La féminisation des noms de métiers et de fonctions, des titres et des grades, est un des changements les plus rapides et les plus étendus qu’ait connu notre langue.
 
On hésite parfois sur la forme à donner à cette féminisation. C’est le cas en particulier pour les noms dont le suffixe (élément ajouté après le radical d’un mot pour former un dérivé de ce mot) est en " eur " au masculin.
 
Féminins en " euse " : lorsque le nom correspond à un verbe et partage le même radical que le participe présent du verbe. Exemples : danser → dansant → danseur → danseuse ; bâtir → bâtissant → bâtisseur → bâtisseuse. Ce procédé vaut aussi pour des noms en " teur " issus de verbes dont le radical se termine par " t ". Exemples : chanter → chantant → chanteur → chanteuse ; acheter → achetant → acheteur → acheteuse.
Féminins en " trice " : plusieurs noms masculins en " teur " ont pour féminin un nom en " trice ". Exemples : agriculteur (pas de verbe de même radical) → agricultrice ; sénateur → sénatrice. Proche des féminins en " trice ", citons ambassadrice, le féminin d’ambassadeur ; le mot ambassadrice a longtemps désigné l’épouse de l’homme exerçant la fonction d’ambassadeur ; demain, c’est peut-être le mari de l’ambassadrice qui distribuera des Ferrero Rocher… et si l’ambassadrice est mariée à une femme, quel nom choisira-t-on pour cette dernière ?
 
Féminins en " eure " ou en " euse " : d’autres noms masculins en " eur " n’appartiennent pas aux catégories précédentes. On propose d’employer soit une forme épicène (la même au masculin et au féminin), soit une forme en " eure ". Exemples : un professeur → une professeur ou une professeure ; ingénieur → une ingénieur ou une ingénieure.
 
Pour le mot masculin docteur, le féminin doctoresse, qui a été utilisé parfois pour qualifier la femme d’un docteur, désigne aussi une femme qui pratique la médecine, notamment en Suisse et en Belgique(1). En France, on dit aussi une docteur ou une docteure.
 
La limite de ces " innovations ", c’est leur caractère aléatoire : quand on veut féminiser la fonction d’auteur, faut-il dire une auteure, une auteuse, une autrice ?

Assemblée générale à Vincennes, Paris 8 Saint Denis, occupée, au printemps dernier

Dans les années 1920, d’éminents linguistes s’offusquaient que des femmes osent désormais se faire appeler " madame l’avocat ".

Madame, suivi du masculin, quel crime ! Alors que le mot se féminise sans problème, avocate ! Faut-il dire " maîtresse " lorsqu’on s’adresse à une avocate ? J’ai essayé avec certaines professionnelles du tribunal d’assises de Toulouse ; j’ai fait un bide…
 
Les combats contre la féminisation de ce vocabulaire sont violents lorsqu’il s’agit de fonctions de prestige : président, ministre, directeur… car ces fonctions ont été longtemps chasse gardée des hommes. Pour la première fois en 1936, des femmes étaient nommées sous-secrétaires d’État ; première femme ministre en 1947 ; première préfète nommée sous Mitterrand. Par contre, la féminisation des noms de fonctions subalternes est acceptée sans polémique : caissière, vendeuse, cuisinière, aide-ménagère…
 
Pour conclure : certaines femmes continuent de penser que l’usage du féminin pour qualifier leur métier, fonction ou titre, les dévalorise. C’est pourquoi des écrivaines maintiennent qu’elles sont des écrivains et qu’Hélène Carrère d’Encausse est toujours secrétaire perpétuel de l’Académie française.

(1) Dans la francophonie, au Canada, en Belgique et en Suisse notamment, la féminisation des noms de métier ne semble pas poser de problème.

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2.1.19

Les voeux de Ginette

                                                                             Remiremont le 1/01/2019

Chers amis  

La tradition veut que lon partage les premiers moments de lannée avec ses amis et jaffirme que pour moi cette tradition a gardé tout son sens, même si elle la perdu pour certains, même si elle a tellement changé de forme et cest ainsi que, chaque année, je me réjouis davoir une petite attention pour chacun deux.et donc pour chacun de vous !

Aujourdhui, premier jour de lannée 2019 - premier Nouvel An de citadine pour moi.

Cest un vrai bouleversement dans mes habitudes, mais il me rend heureuse car, jai le bonheur, malgré toutes les fatigues de ce gros chambardement, de découvrir les plaisirs nouveaux dun recommencement, dun autre départ pour une nouvelle étape de ma vie.

« Lhomme arrive novice à chaque âge de la vie » (N. de Chamfort)
Cest ce que je ressens en ce moment. Jai pris conscience tout récemment de ce sentiment en entendant cette citation de Nicolas de Chamfort.
Bien sûr, je ne peux mempêcher de penser à vous les philosophes en évoquant cette idée en ce début dannée et je souhaite que la nouvelle année vous apporte le renouveau dont nous avons tous besoin de temps en temps !

Je continue mes considérations en pensant à nos petits-enfants et à tous ceux qui nous emboîtent le pas et je vous fais lire un court texte d'Olivier de Kersauson dont jai aimé la philosophieutopique, un peu, mais bien sage à mon avis car aujourdhui, on a envie et on a surtout le devoir de se projeter dans un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants !


« Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai bien aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir. Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l'on voudrait avoir, on ne s'émerveille plus de ce que l'on a. On se plaint de ce que l'on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n'est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l'on a, c'est un savoir vivre. »
Olivier de Kersauson

Soyons optimistes et serrons-nous les coudes pour que le monde s’améliore pour eux.

Et je vous souhaite de belles lectures, des balades pour garder la forme, des bons petits plats, des voyages, des moments partagés en famille ou avec des amis qui sauront, jen suis sûre, éclairer la nouvelle année que nous venons dentamer et, je vous le rappelle, qui nous permettra de nous retrouver en septembre prochain.

Je vous embrasse,

Ginette