3.10.12

Chroniques de Septembre 2012

par Georges Charles

Samedi 1er Septembre

Le dernier jour des vacances, devant un verre de rosé bien frais, une " histoire impossible " se termine à l’ombre des platanes. On est dans un endroit paradisiaque, baigné de cette qualité de lumière qui fait le charme de la Méditerranée ; on rêve d’arracher ses racines, de veni habiter là et de vivre au jour le jour. Prendre un boulot, n’importe lequel, trouver une maison blanche avec une terrasse au soleil pleine de pots d’herbes aromatiques.
 
Et pourtant, on sait que dans quelques heures on reprendra l’avion, le train ou la voiture pour rentrer chez soi. Demain, on sera au bureau et la seule chose qui restera sera le bronzage…On termine le verre de rosé bien frais.

Dimanche 2 Septembre

Le ministère de l’Intérieur a ciblé les 15 premières " zones de sécurité prioritaires (ZSP) ". Cette cartographie de la délinquance urbaine illustre un fait éclatant : la France est coupée en deux ; au Nord-Est-Sudest, où est localisée la totalité de ces quartiers, s’oppose un Ouest-Sudouest paisible.



4.9.12

Chroniques d'Août 2012

par Georges Charles

Jeudi 2 août

Il y a 20 ans de cela, on n’aurait jamais imaginé pouvoir un jour se promener avec un téléphone de quelques dizaines de grammes dans la poche et appeler n’importe qui, n’importe quand, de n’importe où (« Devine d’où je t’appelle ? »), pour un coût proche de zéro. Pouvoir s’installer devant un ordinateur de 35 cm sur 20 et gérer ses affaires, regarder des films, écrire (notamment des chroniques), dessiner, composer, tout en consultant gratuitement des millions de sources d’information venues du monde entier, d’un simple clic.

Je veux parler aujourd’hui de nos périphériques, de ces extensions numériques qui semblent faire le charme de notre vie quotidienne de gens pressés.

Ordinateur, tablette, liseuse, téléviseur, décodeur, box, console de jeux, lecteur vidéo, téléphone mobile, navigateur GPS, caméra et appareil photo numériques, baladeur...

Acheter un " nouvel appareil ", plus performant que le précédent, qui fonctionnait pourtant très bien ? Les ringards, dont je fais partie, n’aiment pas ça ; pour justifier leur réticence, leur " constipation acheteuse ", ils osent rappeler qu’avant, l’absence de mobile et de messagerie ne tenait aucune place dans le bonheur ou le malheur de la vie… À la vérité, ils appréhendent de ne pas comprendre la notice et de se tromper dans les manipulations. L’entourage fait pression sur eux : « tu verras, ça va te changer la vie ! » ; en fait, c’est bien ce qu’ils craignent le plus. C’est dur de " venir à l’informatique ".

Nous sommes un peu prisonniers de ces périphériques ; nous en dressons l’inventaire maniaque et rituel chaque fois que nous nous déplaçons : « alors, j’ai bien tout pris, téléphone, ordinateur, appareil photo, baladeur, ainsi que les prises qui les accompagnent, car ces petites bêtes demandent à être rechargées périodiquement. » La solution serait-elle dans le " tout en un ", l’engin capable de les remplacer tous ? Compliqué à produire, difficile à commercialiser. Autre risque ? En cas de perte ou de vol, toutes nos " mémoires " disparaissent. Le ringard, prudent, préférera diversifier ses bidules. 

Alors, débordés ? Dépassés par ces machines censées nous permettre de gérer nos urgences, alors même qu’elles les provoquent, parfois ? Recevoir deux fois le même message, sur le mobile et sur l’ordi ; double travail, perte de temps !

Nous voulons tout maîtriser, nous avons l’obsession du contrôle des flux d’information qui nous sont destinés (et même de ceux qui ne nous sont pas destinés…). Ce sentiment de débordement s’est accentué avec Internet et la téléphonie mobile qui nous ont plongés dans une logique de l’instant où tout, sans hiérarchie des urgences et des priorités, appelle une réponse immédiate. Différencier l’essentiel et l’accessoire, c’est très bien ; mais attention, si l’on décrète accessoire quelque chose que notre interlocuteur juge essentiel, on risque de lui déplaire. 

Est-il, oui ou non, socialement valorisant d’être débordé ? Pourtant, il serait temps d’apprendre à vivre avec un certain quota d’insatisfactions. Il faudrait cultiver un petit bout de jardin où pousserait l’incertitude, l’aléatoire, le désordre, la tolérance à la frustration et à l’imperfection. Un bout de jardin qui nous rappellerait qu’il faut apprendre à lâcher prise.

Et si, à l’inverse de l’esprit du temps, il fallait privilégier de nouveau la lenteur, l’austérité, la modestie, le peu ! La patience et la tolérance sont les grandes oubliées du progrès.

« Je marche moins, mais je regarde mieux. Je ne gambade pas avec mes jambes, mais avec le regard. » Pierre Sansot se penche avec nostalgie sur une époque où l’on prenait le temps de vivre, de flâner, de lire, de manger et de boire du vin. Il s’insurge contre les hyperactifs et les pressés perpétuels. Une certaine forme de sagesse serait de ne pas brusquer la durée, de ne pas se laisser bousculer par elle, pour augmenter notre capacité à accueillir les événements.

« La vie comme ondoiement, comme déploiement, la vie à fines gouttelettes plutôt que comme une tornade ou un fleuve impétueux. Une lumière plutôt qu’une force. »




6.8.12

Chroniques de Juillet 2012

par Georges Charles

Dimanche 1er juillet
 
Finale de l’Euro 2012 : l’Espagne bat l’Italie par 4 buts à 0.


España, el equipo más bello de la historia ! La Roja tiene la mejor lista de premios del mundo : campeona del Euro 2008, de la Copa del mundo 2010 y del Euro 2012.

Mardi 3 juillet
 
L’audit des finances publiques réalisé par la Cour des comptes (que préside l’ancien socialiste Didier Migaud) a été remis hier au Premier ministre Jean-Marc Ayrault. La Cour des comptes exhorte le
gouvernement à faire des économies : il faudrait trouver entre 6 et 10 milliards en 2012 et 33 milliards en 2013 !
 
C’est bien la première fois qu’on parle tant d’un audit, que ses recommandations donnent lieu à tant de commentaires et qu’il oriente si fortement la politique budgétaire d’un gouvernement.
 
Le Premier ministre prononce son discours de politique générale. Que signifie le « redressement dans la justice » ? La rigueur ! Rigueur, redressement, que de références phalliques …
 
Que reste-t-il aujourd’hui de mes années d’auditeur interne à la Ville de Toulouse, à part le souvenir d’un certain épanouissement professionnel ? Un florilège de blagues sur les audits et autres consultances, diffusées entre gens du métier. En voici deux : l’audit de la petite cuillère, plutôt graveleux, et la rationalisation de la Symphonie inachevée, plus culturelle…

3.7.12

Chroniques de Juin 2012

par Georges Charles

Vendredi 1er juin

Un temps splendide, estival. L’occasion est trop belle et je me rends en vélo jusqu’au cinéma Utopia de Tournefeuille, banlieue chic, bobo et californienne à l’ouest de Toulouse, pour voir le film Sur la route, l’adaptation du roman de Jack Kerouac.
 
Je n’ai consulté aucune critique au préalable ; je souhaite le voir, ne serait-ce que pour la raison suivante : le réalisateur, le brésilien Walter Salles avait adapté en 2004 les Carnets de voyage de Che Guevara.

Kerouac, Guevara, j’étais " habité " par ces personnages mythiques dans les années 60.
Bob Dylan : « J’ai lu Sur la route vers 1959. Ça a changé ma vie comme ça a changé la vie de beaucoup de monde. »
 
Les aventures et les découvertes nous tombent dessus comme des météorites, à condition d’être disposé à les recevoir en pleine figure. Sinon, ça nous passe à côté, sans que l’on ait su ce qu’on avait raté. Tout est question de disponibilité, d’acceptabilité, de réceptivité.
 
L’histoire : Sal Paradise (Sam Riley), un jeune écrivain de New York qui vient de perdre son père, sort de sa dépression quand il rencontre Dean Moriarty (Garrett Hedlund), un ancien taulard au charme ravageur, marié à une jeune mineure libre et torride, Marylou (Kristen Stewart). Déterminés à ne pas se laisser piéger dans une vie médiocre, assoiffés de désirs, d’absolu et de transgressions, ils prennent la route et traversent l’Amérique d’est en ouest, à la rencontre des autres et d’eux-mêmes.

Si l’identification joue si facilement chez moi, cela tient à une étape bien particulière de mon road-movie personnel : dans l’été 1968, j’ai traversé les États-Unis d’est en ouest, en bus, en stop…

 
 

Rencontre chez Ginette

Notre amie Chantal Perrin est venue dans les Vosges, l'occasion pour Ginette d'organiser une rencontre en invitant les membres du groupe ...


Voir d'autres photos du groupe :  photo1  photo2  photo3   photo4   photo5

5.6.12

Chroniques de Mai 2012

par Georges Charles

Jeudi 3 mai

Comme d’autres avant lui, François Hollande " cartonne " place du Capitole à Toulouse. Son dernier meeting de campagne est réservé à la Ville rose, tradition instaurée par François Mitterrand à la première campagne présidentielle de 1965. Les orateurs, Bel, président du Sénat et Jospin, ancien 1er ministre, ne manquent pas de flatter l’esprit toulousain, rebelle/résistant/occitan ; c’est une figure de rhétorique imposée ici, que la suffisance locale ne manque pas d’applaudir. Mais alors, que disent-ils lorsqu’ils sont à Rennes, Lille ou Montpellier ? Ces villes sont-elles par nature plus " soumises " au pouvoir central que Toulouse ?

Pour la première fois, la gauche a choisi un authentique social-démocrate pour la représenter à la présidentielle. Social-démocrate, réformiste assumé ; la formule importe peu. S’il gagne, il effacera de la mémoire de gauche l’évitement de Delors en 1995, l’absence de Rocard en 1981 et 1988, la défaite de Jospin en 2002…

Une gauche intelligente, ce n’est pas un oxymore !

5.5.12

Chroniques d'Avril 2012

par Georges Charles

Lundi 2 avril

Pascal Marchand et Pierre Ratinaud sont enseignants-chercheurs en Sciences humaines et sociales à l’université de Toulouse, spécialisés dans l’analyse automatique des textes. Ils viennent de publier récemment Être français aujourd’hui, Les mots du " grand débat " sur l’identité nationale. Ils se sont intéressés au contenu des 18 240 contributions au forum du ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, de novembre 2009 à janvier 2010.
 
La critique de la Suffisance française est tout à fait en phase avec ce travail. Si tout va bien, le site des chercheurs comportera un lien avec mon blog ; ainsi, les internautes curieux et intéressés par les mots du débat sur l’identité nationale découvriront mon propre argumentaire. Les petits ruisseaux de la critique feront un jour les grandes rivières de la lucidité.

2.4.12

Chroniques de Mars 2012

par Georges Charles

Jeudi 1er mars

On mesure sa propre force à la hauteur des défis que la vie nous lance, au risque de constater que cette force…est bien faible. Arrivé la veille à Toulon, j’endosse le rôle complexe d’accompagnateur d’Alain, un parent malade (très malade…) : auxiliaire de vie 24h sur 24, cuisinier, homme de ménage, amuseur, commentateur de programmes de télé, consolateur, partenaire d’angoisses.
À sa demande, je soutiens ses pas incertains lorsqu’il souhaite aller d’une pièce à l’autre ou sortir sur sa terrasse, face à la rade de Toulon ; nous formons ainsi un couple de danseurs pudiques et maladroits, dont les jambes s’entortillent dans les tuyaux du concentrateur d’oxygène liquide et le portique à perfusion … Intérieurement, je le remercie de me permettre d’être utile.

Dimanche 4 mars

Les 27e Victoires de la Musique ont récompensé la " vieille génération " du rock français indépendant : Catherine Ringer, Hubert-Félix Thiéfaine et Jean-Louis Aubert.


Catherine Ringer, chanteuse des ex-Rita Mitsouko, artiste-interprète féminine de l’année : « Je suis vraiment très heureuse de compter encore pour vous, d’être utile ».

13.3.12

Chroniques de Février 2012

par Georges Charles

Jeudi 2 février

Vague de froid ; le " général Hiver " est à l’offensive. À Castans, nous sommes dans l’isolement, ou presque.Encore un dicton de bûcheron : « le bois chauffe quatre fois : la première fois, quand on le coupe en forêt, la seconde quand on le débite,la troisième quand on le transporte et la quatrième quand on le brûle. » Il fait si froid dehors que l’entretien des feux domine en partie la vie quotidienne. Dès le lever du jour, il faut lancer la cuisinière de la cuisine et la cheminée du salon, les alimenter régulièrement afin que la température passe des 10/12° du matin à 15° à midi et 18/20° le soir. Ces degrés, nous les construisons avec patience et obstination.

Route de Castans à Pradelles-Cabardès

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1.2.12

Chroniques de Janvier 2012

par Georges Charles

Dimanche 1er janvier

Lu ceci dans l’année 2011 : « Rester jeune et bien vieillir. Les règles n’ont pas changé : faire du sport, manger équilibré et avoir des projets. Le meilleur pour le cerveau, c’est l’exercice physique.
Quatre activités efficaces pour prévenir Alzheimer : jardiner, tricoter, voyager, bricoler. Point commun de ces activités ? Elles nécessitent d’élaborer un plan avant de le mettre à exécution. »
On peut fumer 3 à 4 cigarettes par jour si on fait du sport. Les Japonais fument, sont stressés et boivent en excès. Mais ils ont une alimentation faiblement calorique, riche en fruits, légumes, poissons maigres et très pauvres en graisse animale. Ils ont l’espérance de vie la plus élevée au monde !



Les projets pour 2012

Dans la série des bonnes résolutions : développer son assertivité personnelle. L’assertivité est la capacité à s’exprimer et à défendre ses droits sans empiéter sur ceux des autres, de façon à développer des relations plus harmonieuses.  

Le mot assertivité vient de l’anglais assertiveness, substantif formé à partir du verbe to assert : affirmer, s’affirmer, défendre ses droits, défendre son opinion. Assertiveness peut se traduire en français par l’affirmation de soi, la confiance en soi, l’assurance personnelle, la " force tranquille ".
L’assertivité est étudiée dans les domaines de la psychologie sociale et du management. En management, les compétences liées à l’assertivité sont les suivantes : se respecter et se faire respecter, développer une bonne assurance interne, identifier ses attitudes les plus fréquentes, savoir faire face à des comportements passifs, agressifs et manipulateurs.

29.1.12

Bravo Gaby

Déjà l'an dernier, tu t'étais distingué dans le domaine sportif de la course de vitesse ... Bravo !


Les journalistes ne sont pas "foulés" en utilisant une photo d'archives !

27.1.12

Philosophies

Michel Onfray vient de publier "L'ordre libertaire : la vie philosophique d'Albert Camus".
Au cours de son intervention dans l'émission télévisée "La grande librairie" du 5 janvier dernier, il compare la philosophie existentielle (Camus) et la philosophie existentialiste (Sartre)...

Si, en 1965, nous avions eu des cours aussi limpides ...


17.1.12

Week-end à Castries

par Ginette Chevalier

C’était le vendredi 23 septembre dernier, la rencontre à Castries,

Il faisait encore beau et doux aux pieds des Cévennes, c’était la fin d’après midi, le rendez-vous pour notre grande fête avait été donné à l’hôtel « Le Milos » 134 chemin de la Pierre Bleue à Castries, à quelques centaines de mètres du mas de nos amis Parnot.


Les participants étaient à l’heure, arrivés presque tous en même temps, certains en voiture, d’autres en train, avec chauffeurs privés depuis la gare de Montpellier jusqu’à Castries, les Georges bien sûr, aux petits soins pour leurs hôtes de la première heure à la dernière. Toute la troupe se retrouvait avec le sourire des grands jours.




3.1.12

Chroniques de décembre 2011

par Georges Charles

Jeudi 1er décembre
 
Il paraît que l’avenir de l’Europe va se jouer dans la semaine à venir. Il paraît également que la France pourrait être conduite à un abandon de souveraineté en acceptant le renforcement des pouvoirs de la Commission de Bruxelles sur sa politique budgétaire. Doit-on aller vers plus d’intégration économique, pour éviter le risque de désintégration ?
 
En attendant, voici L’Europe allemande et avec elle le retour d’une germanophobie bien de chez nous : l’un évoque le " diktat " allemand, l’autre compare Merkel à Bismarck ! La charge est lourde, comme celle des uhlans en 1870 !
 


1.1.12

Voeux pour 2012

par Ginette Chevalier

Bonne et heureuse année à vous tous !

Chers amies et amis,

Le jour est venu de tourner la page n° 2011, à l’heure oùj’écris, il ne reste plus que quelques heures.C'est le moment d'un bilan et de questions qui deviennent un peu plus prégnantes avec chaque année qui passe :la question essentielle pour chacun d'entre nous portant bien évidemment sur l'avenir qui se profile à l'horizon de la nouvelle année.
L'année qui se termine a été bonne à certains moments, difficile à d'autres.... globalement bonne pour certains, mauvaise pour d'autres.
2011 restera marquée par de grands évènements politiques, mais aussi géologiques, dont les conséquences sont encore incertaines et en devenir, évènements que je ne me hasarderai pas à commenter.
Je m'en tiendrai simplement à rappeler quelques faits qui nous concernent directement pour avoir ponctué la vie de notre groupe BAC 65 en 2011 :
Nous avons malheureusement vu disparaître avec regret deux des nôtres, Olivier Durand début mars et puis Michel Thévenin début septembre. Nous pensons bien à Claude et à Jackie ...


4.12.11

Journal de Novembre 2011

par Georges Charles

Mardi 1er novembre

Les classes moyennes

Troisième partie : la fureur

Après le blues, la fureur ? 

Les classes moyennes seraient actuellement exaspérées, coincées entre les classes populaires en plein désarroi économique et moral et les classes supérieures, égoïstes et rentières (schéma sommaire, il est vrai). De l’exaspération à la fureur, il n’y a peut-être qu’un pas. En attendant, elles votent. 

« La classe moyenne française (les catégories dites intermédiaires) avait voté à 56% pour Mitterrand au premier tour en 1981 ; en 2007, le score socialiste n’était plus que de 37% (55% au second tour). Elle a basculé dans le vote protestataire dès 2005 : 56% de Non au référendum sur le traité constitutionnel, contre 57% de Oui pour Maastricht en 1992. » Extraits d’un article d’Emmanuel Todd, en juin 2005, après la victoire du Non au référendum européen.

Selon lui, la vraie nouveauté serait l’entrée en fureur d’une partie des classes moyennes, la " petite bourgeoisie moyenne d’État ", attachée à ce dernier et voyant dans l’unification européenne une « menace de dépossession ». L’angoisse des classes intermédiaires, et plus particulièrement celles du secteur public, les aurait conduit à rejoindre les classes populaires dans le Non.

14.11.11

Journal d'Octobre 2011

par Georges Charles

Dimanche 9 octobre

Retour d’Andalousie ; premier tour des "primaires citoyennes" organisées par le Parti Socialiste.

Cet été, j’ai observé des rituels précis et indispensables. D’une part, les visites à Marc en réanimation à la clinique de L’Union, à l’est de Toulouse ; d’autre part, les visites à des amis résidant en campagne, agrémentées de plongées en Méditerranée et en rivières.

Toulousain se sentant assiégé dans sa propre ville, secoué par le coeur urbain et ses pulsions permanentes, rêvant du calme qui plane sur les nuits à la campagne. Alors, j’ai tenté quelques sorties.

Opoul, Salza, Sparadou, L’Aubrac, Aulus, ces lieux ont en commun d’être à environ 200 kilomètres ou 2 heures de route de Toulouse. Cette distance paraît être la norme au-delà de laquelle l’emprise de la ville cesse de peser sur mes épaules. Des lieux absolument ruraux, bourg, hameau, voire ancienne ferme isolée. L’Aude,le Lot, l’Aveyron, la Lozère et l’Ariège sont loin des grands axes de communication et de développement. Est-ce à ce titre que ces endroits m’attirent, comme des points de résistance…à qui, à quoi, au fait ?

Treize heures. J’arrive à Castans, Aude, sur la place du village ; l’impatience fracasse nos corps enlacés. Je resterai ici, c’est évident ; je m’installerai dans cette vie qui me tend les bras. 

Que promet l’automne ? La joie de vivre, un tableau de Michel Pagnoux, à son dernier vernissage à Perpignan. 



5.11.11

Voyage en Andalousie

par Georges Charles

Vendredi 30 septembre

Toulouse - Zaragoza

Première étape de mon camino de la Reconquista. En quelques années, de 711 à 732, les Arabes sont allés de Tarifa à Poitiers, en passant par Toulouse (bataille de 721). Du IXe à la fin du XVe siècle, les Chrétiens ont lentement "reconquis" le terrain perdu. Si je dois expliquer mon engouement pour la civilisation arabomusulmane d’Espagne, je choisis comme point de départ l’année passée en Algérie, dans les Aurès, en 1962-1963. Ce fut une révélation ; j’oubliais la froidure lorraine pour épouser la luminosité algérienne.

Deuxième étape : des "unités de valeur" universitaires en histoire de l’Espagne médiévale, entre 1972 et 1973. J’avais dû, à cette époque, formuler le voeu d’accomplir un jour un périple en Al Andalus, à l’écart des sentiers battus du tourisme de masse et hors saison estivale. J’y suis aujourd’hui, 40 ans plus tard. L’homme qui n’a pas de rêves est une coquille vide.
Zaragoza.

Cinquième ville d’Espagne, 700 000 habitants. Les troupes musulmanes s’en emparent en 714. Elle sera reconquise par les chrétiens d’Alphonse Ier d’Aragon, dit le Batailleur, en 1118. Zaragoza sera le théâtre de deux sièges, en 1808 et 1809, au cours de la guerre d’Indépendance menée contre les Français de Napoléon Ier. En juin puis en décembre 1808, la ville est investie par les soldats du maréchal Lannes. Jusqu’en février 1809, les habitants résistent et c’est à la mine, dans les sous-sols, que les sapeurs doivent progresser, maison par maison. A l’heure de la reddition, la ville a perdu, par les armes, la famine et les épidémies, plus de la moitié de ses habitants, soit 54 000 personnes.

Fenêtre de la chambre d’hôtel grande ouverte sur l’animation de la place, face à la basilique de la Virgen del Pilar.



25.10.11

Journal de Septembre 2011

par Georges Charles

Vendredi 2 septembre

Il semblerait que je "régresse". Oh, rien de grave ni d’inquiétant ; j’honore tout simplement des rendez-vous avec envies et souvenirs. Par exemple, je souhaite revivre quelques baignades en eau de rivière, comme les premières fois dans mon village natal. Nous sommes à peine adolescents ; nous nous retrouvons au bord de la Moselotte, en aval de l’usine textile. À cet endroit, la rivière s’élargit et prend de la profondeur ; nous l’appelons le "trou Pilère", du nom du propriétaire du pré.Les prudents barbotent sur les bords ; les audacieux grimpent sur une branche d’arbre qui surplombe l’eau et plongent, inlassablement ! 

Voilà pourquoi je suis ce matin à proximité du Pont du Gard . Le Pont du Gard, plus précisément le pont-aqueduc qui enjambe le Gardon, est "sauvegardé" de la curiosité gratuite des touristes dans mon genre, qui ne rêvent que de baignade sous ses arches millénaires. Le site et son parking sont accessibles pour la modique somme de…15 euros.


12.9.11

Journal d'Août 2011

par Georges Charles

Lundi 1er août

A relire certaines chroniques, je donne parfois l’image d’un prof qui voudrait faire partager sa "science". Plus modestement, je m’estime investi d’une mission de passeur, de vulgarisateur, de facilitateur, d’interfaceur entre cette science et ceux qui manifestent un certain intérêt pour elle, sans avoir le temps ou l’envie d’approfondir. 
En août, période typiquement hors-scolaire, je souhaite restituer le produit de deux travaux, élaborés ces derniers mois ; le premier portera sur l’aménagement du territoire où il sera question de la "métropolisation" toulousaine et de ses fragilités structurelles ; le second sera consacré aux classes moyennes, leur définition et le doute qui les habite depuis une vingtaine d’années environ .

10.8.11

Journal de Juillet 2011

par Georges Charles

Jeudi 7 juillet

L’explosion en vol (en vol plané) de l’ex-futur candidat socialiste Dominique Strauss-Kahn (DSK pour les intimes qui se comptent désormais en millions, voire en milliards), est un épisode " douloureux " de la saga du courant social-démocrate dans la gauche française en général et au Parti socialiste en particulier.

La social-démocratie, ou socialisme réformiste de gouvernement, est indissociable de l’histoire contemporaine de l’Allemagne, des nations scandinaves et du Benelux. Elle a été la force décisive qui a modelé le paysage social européen depuis 1945. Elle a relativement bien fonctionné dans le cadre d’états-nations, où le poids du marché intérieur était prépondérant, et même dans celui d’une construction européenne à petits pas, disons de 1960 au début des années 90.
La social-démocratie européenne paie aujourd’hui le prix de sa réussite ; c’est même son drame : ses acquis sont désormais le bien commun.
Pourquoi la France n’a-t-elle pu ou su connaître son "moment social-démocrate"? Il paraîtrait que, dans notre pays, certaines conditions (nécessaires mais non suffisantes, comme on dit en mathématiques) n’étaient pas réunies, notamment l’existence d'un mouvement syndical réformiste puissant en nombre d’adhérents et la conduite d’une politique sociale fondée sur le dialogue constant entre parties prenantes (salariés, actionnaires, managers, clients) pour trouver de concert la meilleure solution, c’est-à-dire celle qui protège au mieux les intérêts de chacun à long terme mais qui implique que chacun soit prêt à faire des sacrifices à court terme.
En France, le fétichisme de l’'État fait de celui-ci le " grand organisateur du social "; il prive les partenaires sociaux de leur légitimité et les citoyens doivent attendre plus de la loi que de la négociation pour voir leur condition s’améliorer. La social-démocratie s’accommode mal d’un état fort et interventionniste. De plus, notre pays a connu un décalage politique dans le temps par rapport à ses voisins du Nord. Les gouvernements de ces derniers ont été très souvent social-démocrates de la fin de la guerre aux années 80.
En France, la gauche a trouvé son apogée avec Mitterrand dans les années 80, à contre-cycle de ce qui se passait ailleurs en Europe et dansle monde, avec le grand retour de balancier de la droite libérale et l’essoufflement de l’élan social-démocrate.

20.7.11

Tour de Corse (Juin-Juillet 2011)

par Georges Charles

Jeudi 23 juin
Membres de l’équipage du Blue Marlin II : Georges le patroncapitaine, Christophe le skipper-capitaine, Elisabeth, Sonia, Marie et le chroniqueur, parents et amis participant aux multiples tâches à bord, selon leurs compétences.

Carnon – Porquerolles. Mer agitée.


 

19.7.11

Journal de Juin 2011

par Georges Charles

Jeudi 2 juin
On l’appelle maintenant " Lucky la Balance " ; il est question de Luc Ferry, ancien ministre de l’Éducation nationale et toujours philosophe, qui aurait affirmé savoir de source sûre qu’un ancien ministre, au Maroc, avec de jeunes garçons… DSK, Georges Tron et sa réflexologie abusive, ça sort de partout.
Comme des égouts qui dégorgent… Ce n’est plus la politique qui s’enfonce dans l’alcôve, c’estl’alcôve qui s’élève au niveau du politique.

Vendredi 3 juin
Tennis, demi-finale messieurs à Roland Garros : au dire des spécialistes, Djokovic et Federer ont livré un match d’anthologie, notamment lors du premier set.France-Biélorussie, football : les joueurs ont été médiocres et pourtant, ils avaient fière allure avec leur maillot marin Jean-Paul Gaultier.



15.6.11

Journal de mai 2011

par Georges Charles

Vendredi 6 mai
 
Les magasins de décoration et de bricolage…je ne les avais jamais pratiqués avec une telle intensité. Dans les rayons, notamment ceux des babioles, gadgets et autres ustensiles plus ou moins utiles (mais tellement " sympas ", " trop mignons " ; « c’est chouette, chéri, tu ne trouves pas ? »), je suis porté par une musique douce qui rend bêtement euphorique et donnerait presque envie d’acheter tout ce qui tombe sous la main ; « eh hop, dans le caddie ! C’est pas beau, la vie ? » Au crépuscule, à l’heure de l’angoisse du nourrisson, je tourne et vire dans les pièces ; je me plante devant la porte-fenêtre qui donne sur la ville. « Voilà quelle est ma vie ; voilà le monde que je me suis créé ! C’est ça que je voulais ? » Serais-je un homme parvenu à destination ?



9.6.11

Journal de Mai 2011 : Cuba

par Georges Charles

Lundi 9 mai

A environ 10 000 mètres au-dessus de l’Atlantique, je termine la lecture du Traité d’athéologie, de Michel Onfray, paru en 2005. 

Certes, il était temps de le lire. Pour la formulation de cette évidence, à laquelle j’adhère depuis longtemps : les religions du Livre sont des univers mortifères. Les gens très pieux, les dévots sont, dans leur grande majorité, des défenseurs des ordres établis, quel qu’ils soient. 

Rendre à César… Bien, tout ça, je le savais. Je vais préférer les romans, qui eux, sauront m’emporter sur leurs ailes. 

Une affinité, parmi tant d’autres, avec mon ami Georges, cette boulimie de lecture pendant les voyages. Comme d’habitude, nous serons accompagnés du dernier John Le Carré, Un traître à notre goût. 

La Havane. Hôtel Melia Cohiba, Paseo y Malecon, comme en janvier dernier. 

L’organisation du séjour est cette fois différente ; nous sommes en compagnie d’un couple franco-cubain, lui Français, elle Cubaine, originaire de Pinar del Rio. Grâce aux eux, nous entrons mieux dans la connaissance du pays.

Grand Est (1ère partie)

par Georges Charles

Mardi 19 avril

Au programme : Toulouse, Figeac, Aurillac, Paray-le-Monial,Beaune, Domrémy, Sion, Remiremont, Epinal, Cluny, Thonon, Le Puyen-Velay, Mende, Millau, Albi, Toulouse. 

Première surprise dans cet itinéraire : le lieu où je me rends,Boisset, Cantal, entre Maurs et Aurillac, me conduit à parcourir une étape archi-connue : Toulouse-Villeneuved’Aveyron, commune de résidence de ma belle-famille. A raison d’une visite par mois en moyenne, en 30 ans, cela donne au moins 360 fois trajets aller et retour ! J’en connais chaque tronçon et je conduis en pilotage automatique. 

Le soir au lieu-dit " Sparadou " ; la ferme est située au sommet d’une colline qui domine un large panorama piqueté de lumières. Avec mon ami Bernard, agrégé d’histoire et de géographie, nous évoquons la fameuse " fracture territoriale " et notamment la " diagonale du vide ". 

La diagonale du vide, ou diagonale aride (terminologie inventée par la DATAR dans les années 1980) est une large bande qui coupe la France en biais, du nord-est au sud-ouest, allant des Ardennes aux Hautes-Pyrénées, de Charleville-Mézières à Bagnères-de-Bigorre. Les densités de population y sont très faibles par rapport au reste de la France ; le déclin des activités traditionnelles a vidé peu à peu ces pays de leur population, avec l’exode rural des XIXe et XXe d’abord, par le phénomène de métropolisation en faveur des zones denses, dans la deuxième moitié du XXe, ensuite.




Grand Est (2ème partie)

par Georges Charles

Jeudi 21 avril

Mes déplacements me portent aux confins des Vosges, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle. Domrémy-la-Pucelle, Sion-Vaudémont.  50 kilomètres les séparent. 

Lorsqu’elles entrent en interaction, l’histoire et la géographie donnent à certains sites le statut privilégié et emblématique de " lieux de mémoire ", marque-pages du roman national. Le village de Domrémy et la colline de Sion, la sainte et le chantre, Jeanne d’Arc et Maurice Barrès. 

Faut-il rappeler la " saga " de Jeanne, dite La Pucelle d’Orléans ? Allons-y ; cette chronique sera nationale ou ne sera pas ! 

À treize ans, elle affirme avoir entendu les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l’archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l’envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. À dix-sept ans, elle se " met en route ". Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, accepte de lui donner une escorte. Portant des habits masculins, elle traverse incognito les terres bourguignonnes et se rend à Chinon où elle est autorisée à voir le dauphin Charles.

Journal d'Avril 2011

par Georges Charles

Vendredi 1er avril

Je range les choses de ma vie dans des cartons… livres, vêtements, linge, bibelots, ustensiles, vaisselle ; des émotions lorsque certains objets sont attachés à une histoire particulière.

Noblesse de la culture oblige, j’ai commencé par les mètres linéaires des bibliothèques dispersées dans l’appartement. Retrouver, lourds de poussière, quelques vieux bouquins datant du début de ma carrière de lecteur, des rescapés du prix d’excellence de la sixième moderne en juin 1958 comme celui-ci, Alger, deuxième ville de France (c’était vrai, à l’époque) . Des ouvrages " marxisants ", à la mode dans les années 1970. Louis Althusser et sa fameuse " coupure épistémologique "entre le jeune Marx des Manuscrits de 1844 et le Marx de L’Idéologie allemande et du Capital. Simon Leys réveillant les maoïstes béats en dessinant Les Habits neufs du président Mao. Souvenirs, souvenirs. 

Les cartons de livres, de dossiers, de revues, seront de faible volume ; j’ai pensé au confort de ceux qui vont m’aider à trimballer tout ça, de mon ancien domicile au nouveau. Le livre est parfois un bel objet ; le graphisme de la couverture contribue au charme, mais son papier pèse des tonnes ! Scannés, le contenu de ces cartons représenterait au maximum quelques centaines (milliers?) de giga-octets.



7.4.11

Journal de mars 2011

par Georges Charles

Mardi 1er mars

Les seniors viennent de prendre un sacré « coup de jeune » sur la tête. Lors d’un discours à Bobigny, le président de la République a confirmé qu’un effort particulier serait fait pour doper l’emploi des seniors. Le gouvernement va offrir aux entreprises qui embauchent un demandeur d’emploi de plus de 45 ans une aide supplémentaire de 2 000 euros par contrat. Ainsi, on deviendrait « senior », donc difficilement employable, à partir de 45 ans ? C’est plutôt d’un coup de vieux qu’il s’agit. En effet, si l’on est « out » à 45 ans, que dire de ceux qui en ont 60, 70, 80 et plus ? La période qui va de 45 à 62 ans (âge légal de départ à laretraite) sera horrible à vivre, avec l’épée de Damoclès du risque d’obsolescence suspendue sur la tête. En termes de communication politique, cette mesure est très négative à l’égard des personnes âgées.

26.3.11

Séance de dédicace

Comme il était convenu, Francis a dédicacé, en compagnie de son illustrateur, Jean-Pierre Toussaint, son dernier ouvrage "Le parler d'chez nous dans les Vosges" :

"Voici le témoignage d'une époque, pas très lointaine, où le terroir comptait avant tout. Dans les villes ou dans les villages, ce parler a bercé nos jeunes années. Ce sont nos racines et il est bon de s'y sentir fidèle. Les époques changent, les souvenirs restent. Le langage des parents, des amis et les petits mots de tendresse n'ont de sens que pour nous. Quel bonheur de s'entendre dire : il a l'accent de son terroir !" (en 4ème de couverture)

24.3.11

Qu'on se le dise !

Notre ami Francis sera à Remiremont, samedi 26 mars, à la librairie "Lire et écrire", pour dédicacer son nouveau recueil illustré "Le parler d'chez nous dans les Vosges" ...

10.3.11

Journal de Février 2011

par Georges Charles

Mardi 1er février

Depuis une quinzaine de jours, un « village résistant » s’est installé à la prairie des Filtres, en bord de Garonne. Ce sont des militants, opposés à la loi LOPPSI2 (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure), qui ont installé ici tentes, tipis indiens, yourtes mongoles et caravanes. Ils revendiquent le droit de vivre dans leurs habitats précaires. L’occupation du domaine public étant de la compétence des élus municipaux, ces derniers auront à négocier et à prendre des décisions pour libérer le jardin.